« Ruszkik haza ! » (les Russes, rentrez chez vous !). À l’annonce des résultats, dans les rues de Budapest au soir du 12 avril, on entend le slogan qui avait accompagné l’émergence de Viktor Orbán en 1989, quand il prononça son célèbre discours depuis la place des Héros dans lequel il réclamait alors le départ des troupes soviétiques. Trente-sept ans plus tard, ce même slogan accompagne la chute de celui qui est perçu par ses opposants comme un laquais du Kremlin.

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Malgré le soulagement, les embrassades et les larmes, puis la liesse dans toute la ville, le scepticisme persiste en arrière-plan, car si « c’est la fin » d’une ère, il faut à présent détricoter un système taillé sur mesure pendant seize ans et reconstruire un État de droit dans un pays dont les institutions ont été méthodiquement envahies par un seul parti.

Depuis Batthyány tér, avec le Parlement pour toile de fond, Péter Magyar célèbre la victoire de son parti Tisza : « Nous l’avons fait ! La Tisza et la Hongrie ont remporté cette élection, et de loin. Ensemble, nous avons renversé le régime d’Orban, ensemble nous avons libéré la Hongrie, ensemble nous avons repris le contrôle de notre pays. Notre victoire n’est pas visible depuis la lune, mais depuis chaque fenêtre hongroise, de la plus petite maison au plus haut immeuble. Dans l’histoire de la Hongrie démocratique, jamais personne n’a reçu un mandat aussi fort[1]. » Les chiffres donnent raison à cette rhétorique de la rupture. Avec 3 385 980 voix, Tisza a obtenu le plus grand nombre de suffrages jamais remporté par un parti depuis le changement de régime de 1990. Ces voix se traduisent en 141 sièges sur 199, soit non seulement le franchissement du seuil de la « super majorité » des deux tiers fixés à 133 sièges, mais également plus que le record que le Fidesz avait lui-même établi en 2022 avec 135 députés. Avec une participation frôlant les 80 %, le scrutin du 12 avril 2026 représente également la plus forte mobilisation de l’histoire démocratique hongroise.

L’élection s’est gagnée au village

La percée électorale de Tisza est saisissante, dans un système où l’opposition peinait à exister depuis seize ans, en particulier dans les espaces ruraux et périphériques. Depuis 2010, convaincue que l’électorat non-urbain était acquis au Fidesz, l’opposition avait renoncé à le disputer, concentrant ses efforts sur les grandes agglomérations urbaines déjà favorables à son camp. En 2022, cette stratégie avait eu pour conséquence que, sur les 19 circonscriptions remportées par l’opposition, 17 se trouvaient à Budapest.

Or, Péter Magyar a rompu avec cette logique de manière méthodique. Au cours des deux années qui ont précédé le scrutin, il a sillonné le pays en visitant près de 700 localités[2], dont la taille oscillait entre de petites communes à l’image de Békés (1 600 habitant·e·s) et des localités comme Debrecen, deuxième ville du pays avec 200 000 habitant·e·s. Cette stratégie d’ubiquité territoriale reposait sur un constat simple : les grandes villes étant d’ores et déjà acquises aux oppositions anti-Orbán, puis à Tisza, c’est dans les espaces intermédiaires et ruraux que se jouerait l’élection, et notamment la majorité des deux tiers. Ce choix s’est traduit jusque dans la hiérarchie des priorités de campagne, au point que Péter Magyar n’a tenu aucun meeting dans la troisième circonscription de Budapest où il était lui-même candidat, qu’il a pourtant remportée avec 63,67 % des suffrages.

Le basculement s’est donc opéré à l’échelle des villages, et pas seulement des villes. En effet, si en 2022, le Fidesz avait remporté 87 des 106 circonscriptions uninominales, en 2026, neuf candidat·e·s Fidesz sur dix ont échoué dans ces mêmes circonscriptions. Dans plusieurs comtés, le parti ne compte désormais plus aucun·e député·e élu·e au scrutin uninominal, et dans les quelques circonscriptions où il a résisté, les marges de victoire ont souvent été dérisoires. Même à Debrecen, pourtant considérée comme l’un des bastions les plus solides du Fidesz, la ville a enregistré un recul du soutien au parti gouvernemental de 17 points (52 % en 2022 contre 34 % en 2026). Cette érosion ne s’est pas cantonnée à l’unique capitale alternative du Fidesz : force est de constater que dans d’autres chefs-lieux, à l’instar de Győr ou Sopron, la même tendance s’est dessinée. Pourtant, dans la dernière ligne droite, le Premier ministre sortant avait concentré ses efforts sur ces chefs-lieux de comtés, dans une tentative de reconquête des capitales régionales qu’il sentait lui échapper.

La déroute est encore plus nette dans les petites communes. D’après les analyses de Zalán Zubor et Krisztián Szabó[3], plus d’un demi-million d’électeurs·trices vivant dans des localités de moins de 5 000 habitants ont voté pour l’opposition. Illustration en est donnée dans la circonscription de Borsod-Abaúj-Zemplén (7) où le député sortant Fidesz András Tállai, élu sans interruption depuis 1998 et avec plus de 60 % des voix en 2022, a été battu de près de 12 points de pourcentage.

Or, ce renversement ne saurait s’expliquer par la seule stratégie de campagne de Tisza, ni par la seule présence des « îlots Tisza », des bénévoles disséminés sur tout le territoire. Il renvoie à des transformations structurelles profondes des espaces ruraux hongrois, notamment au regard de la périurbanisation ainsi que de la dégradation des conditions de vie. C’est aussi un revirement des positions des élites locales qui s’est opéré. Dans ses travaux portant sur la sociologie rurale, Imre Kovách a mis en évidence cette dynamique : « Dans les petites villes et les zones rurales de Hongrie, un changement politique semble s’être opéré au sein d’un groupe complexe qui contrôle et influence la société locale. Il s’agit des notables locaux qui, jusqu’à présent, ont agi comme des serviteurs et des clients du Fidesz, mais qui s’apprêtent maintenant à voter massivement pour Tisza[4]. » Comme le résumait Péter Magyar en février, il semblerait que « la campagne hongroise [se soit] révoltée contre le gouvernement vil et corrompu ».

Après la défaite, recomposition ou implosion pour le Fidesz ?

Les résultats du 12 avril ont fait émerger une injonction à la recomposition au sein du Fidesz, stratégie d’autant plus importante qu’elle révèle rétrospectivement l’échec d’un renouvellement engagé bien avant le scrutin. Dès l’hiver 2025, le Fidesz a tenté d’opérer un renouvellement de son personnel politique dans plus d’un tiers des circonscriptions, car « même si seul le Fidesz est meilleur que le Fidesz[5] », Viktor Orbán avait affirmé qu’un remaniement générationnel important était nécessaire au vu des évolutions démographiques. Mais à l’inverse de Tisza, dont la majorité des candidat·e·s n’avaient aucune expérience politique préalable, les profils sélectionnés par le Fidesz sont issus de l’intérieur même de l’appareil d’État ou de la vie politique locale. En effet, la plupart d’entre elleux sont maires, représentant·e·s des gouvernements locaux, gouverneurs du comté ou encore secrétaires d’État. Le parti a ainsi procédé à un glissement latéral dans ses propres réseaux plutôt qu’à une véritable rupture avec son mode de recrutement traditionnel.

C’est cet échec que la défaite électorale rend visible, et que Viktor Orbán lui-même est contraint de reconnaître. Dans une interview accordée au média Patrióta quelques jours après le scrutin, l’ancien Premier ministre affirme que : « ceux qui sont rentrés au Parlement ne sont pas les personnes dont nous aurons besoin. Nous avons besoin de personnes différentes, de compétences différentes, de représentants différents[6]. » Pour y parvenir, il a évoqué la possibilité que certain·e·s député·e·s élu·e·s sur la liste nationale démissionnent afin d’être remplacé·e·s par d’autres candidat·e·s, un mécanisme qui permettrait de recomposer le groupe parlementaire sans attendre le prochain scrutin. Gergely Gyulás, figure de proue du Fidesz, a quant à lui annoncé qu’il « est évident que nous avons besoin d’une faction qui puisse à la fois symboliser le renouveau du Fidesz et inclure des personnes compétentes en matière de politique, voire celles ayant une expérience gouvernementale[7] ».

Mais cette refonte annoncée se heurte à une contradiction que le discours de la direction du Fidesz ne résout pas. Le renouveau qu’ils appellent de leurs vœux supposerait précisément de se défaire des logiques de cooptation interne qui ont, pendant seize ans, structuré le rapport du Fidesz au personnel politique. Or rien, dans l’architecture du parti tel qu’il existe aujourd’hui, ne permet d’anticiper que cette rupture puisse s’opérer sous sa direction. Le Fidesz continue d’être prisonnier de ses propres logiques internes.

Surtout, les lignes de fracture apparaissent déjà publiquement au sein de l’ancien parti hégémonique. Nóra Király, ancienne députée Fidesz à Csepel, a ainsi publiquement demandé la démission de Viktor Orbán. Ce type de prise de parole, impensable sous le régime de discipline partisane qui prévalait jusqu’ici, signale que la défaite a libéré des tensions longtemps contenues. La question qui se pose désormais est de savoir si le Fidesz est capable de se réinventer dans l’opposition, ou si, privé des ressources de l’État qui alimentaient sa cohésion, il est voué à une recomposition douloureuse dont Viktor Orbán, après vingt ans à la tête du gouvernement, ne sortirait pas nécessairement comme figure centrale.

Un renouvellement sans révolution sociale

La victoire de Tisza signe aussi l’arrivée dans l’hémicycle, à partir du 9 mai, jour de la session inaugurale, d’une nouvelle génération de député·e·s. En effet, dès la présentation des candidatures en novembre 2025, Péter Magyar avait fait de la non-expérience politique un argument central dans sa volonté de rupture avec les professionnel·les politiques du Fidesz. La composition du nouveau groupe parlementaire reflète cela : parmi les nouveaux élu·e·s, une vingtaine de médecins, une quinzaine d’avocats, d’entrepreneurs et d’économistes ainsi qu’une dizaine d’enseignants et quelques ingénieurs rejoindront les bancs de l’Assemblée, avec une moyenne d’âge plus jeune (47 ans contre 53 ans en 2022). Au total, près de 70 % des élu·e·s Tisza sont des primo-entrants qui vont découvrir le travail parlementaire, une proportion rappelant la composition de l’Assemblée nationale française en 2017, où là aussi 72 % député·e·s siégeaient pour la première fois, alors qu’Emmanuel Macron avait également construit une partie de sa campagne sur un discours de l’inexpérience politique et du renouvellement[8].

Mais tout comme en France, où l’hémicycle n’avait jamais été aussi socialement homogène qu’après ce renouvellement[9], ce nouveau Parlement hongrois a remplacé des élites par d’autres types d’élites. Comme l’avaient rappelé Juliette Bresson et Étienne Ollion dans leur analyse, « l’ouverture du champ politique a ainsi donné lieu à une fermeture sociale encore plus accrue que d’habitude ». L’ancien modèle Fidesz reposait sur des élites de l’appareil, composés de professionnel·les de la politique partisane, des cadres administratifs, des maires ou des fonctionnaires. Le nouveau modèle Tisza repose sur des élites de la compétence et du statut, des diplômé·e·s du supérieur, des professions libérales, des entrepreneurs·euses du secteur privé. En ce sens, s’il y a effectivement un renouvellement du personnel politique, celui-ci s’opère entre différents types d’élites mais ne signe pas un effacement de la distance sociale entre les gouvernant·e·s et les gouverné·e·s.

L’autre transformation notable tient à la place des femmes dans ce nouveau Parlement : elles représenteront 25,6 % des sièges, soit une augmentation de plus de dix points par rapport à la précédente législature. Tisza compte 44 femmes sur 141 élus, soit près d’un tiers 31 % ; le Fidesz n’en compte que 5 sur 52, soit moins de 10 %, perpétuant la culture homogène et masculine qui caractérisait le parti depuis ses débuts et enfin, Mi Hazánk (Notre Patrie) compte 2 femmes sur 6 – une proportion qui tient davantage au faible nombre total de sièges qu’à une quelconque volonté paritaire.

Depuis 1989, la proportion de femmes au Parlement oscillait entre 10 et 15 %, faisant de la Hongrie l’un des pays d’Europe les moins féminisés en la matière. Pour cause, Viktor Orbán s’était efforcé d’évincer les femmes de la politique car celles-ci « ne supporteraient pas le stress[10] ». Dans ses gouvernements successifs, seules quatre femmes ont accédé aux fonctions ministérielles : Zsuzsanna Németh (ministre du Développement national de 2011 à 2014), Andrea Bártfai-Mager (ministre du Développement des villes de 2018 à 2022), Katalin Novák (ministre de la Famille de 2020 à 2021) et Judit Varga (ministre de la Justice de 2019 à 2023).

Dans ce contexte, plusieurs décisions symboliques semblent marquer une inflexion. Péter Magyar a ainsi annoncé la nomination d’Ágnes Forsthoffer, députée du comté de Veszprém, à la présidence du Parlement, faisant d’elle la deuxième femme à occuper cette position depuis 1990. Dans cette même lignée, Andréa Bujdosó, élue locale et cheffe de file de Tisza à l’assemblée métropolitaine de Budapest, a été désignée pour mener le groupe parlementaire du parti. Ces nominations peuvent certes être lues comme des signes d’ouverture, mais elles relèvent surtout d’une « révolution conservatrice[11] », dans laquelle la féminisation apparente du pouvoir ne remet pas en cause les logiques sociales qui en organisent l’accès, voire sert de symbole jugé progressiste pour maintenir une ligne conservatrice. Car les femmes élues au Parlement, indépendamment de leur étiquette partisane, ne constituent pas un échantillon représentatif de la société hongroise : ce sont, en grande majorité, des avocates, des médecins, des cheffes d’entreprise ou des professionnelles libérales issues des classes moyennes supérieures. Le processus de sélection a favorisé les candidates disposant de capitaux culturels et/ou économiques élevés, c’est-à-dire celles ayant le temps, les réseaux et la légitimité sociale nécessaires pour se porter candidates et convaincre lors des processus internes. Les ouvrières, les agricultrices, les employées du secteur des services, les travailleuses précaires, celles que le clivage économique de la Hongrie de Viktor Orbán avait le plus durement frappées, ne sont pas davantage représentées dans ce nouveau Parlement qu’elles ne l’étaient dans l’ancien. La fermeture sociale de la représentation parlementaire s’articule alors à une contraction du pluralisme partisan.

La disparition des oppositions traditionnelles

La super majorité conquise par Tisza n’a pas seulement consacré la victoire du parti de Péter Magyar, elle a également eu pour conséquence l’évincement quasi total des formations d’opposition traditionnelles. La stratégie délibérément non coalitionniste de Tisza, qui avait refusé tout accord électoral avec les autres partis, procédait d’une double volonté de rupture, à savoir avec l’ère Orbán, mais aussi avec celle de l’ancien Premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsány (2004 – 2009), dont le nom reste, dans la mémoire électorale hongroise, indissociablement associé à un scandale politique, à la crise économique des subprimes et aux défaites en série de l’opposition à partir de 2010. L’annonce par Ferenc Gyurcsány de son retrait de la vie politique active au cours de l’année 2025 avait d’ailleurs permis à Péter Magyar de se détacher plus nettement encore de cet héritage encombrant.

Face à cela, la plupart des partis d’opposition ont tiré les conséquences des sondages et choisi de ne pas présenter de candidats aux législatives laissant le terrain à une confrontation dichotomique entre le Fidesz et Tisza, dans l’objectif de maximiser les chances de victoire de ce dernier. Seuls la Coalition démocratique (DK) et le Parti du chien à deux queues (MKKP) ont maintenu leur participation, pour des résultats marginaux, obtenant respectivement 1,1 % et 0,8 % des suffrages exprimés. Dans les circonscriptions où ces formations avaient tout de même présenté des candidat·e·s, celleux-ci n’ont pas dépassé 5 % des voix, illustrant l’ampleur de l’effondrement. Cette nouvelle configuration, avec la domination écrasante de Tisza d’un côté et un Fidesz réduit à une opposition de l’autre, la question qui se pose désormais est celle de la survie et de la recomposition des forces politiques situées en dehors de ce duopole : dans quel espace programmatique, avec quels électorats, et sous quelles formes organisationnelles les partis évincés du Parlement pourront-ils reconstruire une existence politique significative ?

La normalisation d’un ordre conservateur

Pour la première fois depuis les premières élections libres en 1990, aucun parti de gauche ne siègera au Parlement. L’hémicycle sera le théâtre d’un monopole réactionnaire duquel aucune voix progressiste ne saura se faire entendre.

La victoire que les dirigeants européens ont saluée comme un « retour de la Hongrie en Europe » et comme une rupture avec l’ère Orbán se lit plus justement comme une tentative de normalisation d’un même espace conservateur, cette fois davantage disposé à se réaligner sur Bruxelles et à rétablir des garanties institutionnelles minimales. Mais rien n’indique que la réparation des droits humains méthodiquement abîmés sous Viktor Orbán — qu’il s’agisse des droits des personnes LGBTQ+, des femmes, des migrant·es ou des libertés civiques plus largement — constituera le premier front du magyarisme.

Des avancées probantes en matière de droits et de conditions de vie ne viendront vraisemblablement pas du seul sommet de l’État, elles dépendront aussi de la capacité de la société civile, des mouvements progressistes et d’une gauche aujourd’hui laminée à se réinventer et à imposer leurs priorités dans l’espace public. Or c’est précisément là qu’apparaît une limite du moment présent : jusqu’aux mobilisations du Mouvement de résistance civique, qui ont largement cristallisé le rejet de Viktor Orbán autour de la dénonciation d’un « régime corrompu », la question de la corruption a souvent servi de langage commun du mécontentement, au risque d’éclipser les enjeux de domination sociale et de droits fondamentaux.

Cette hiérarchisation des urgences n’est pas neutre. À force de faire de la corruption l’horizon principal de la critique — alors même qu’elle est moins une exception qu’un trait structurel des systèmes politiques dans lesquels elle prospère — elle relègue au second plan les droits humains, les conditions matérielles d’existence et les rapports de classe sur lesquels le régime s’était aussi consolidé. D’ailleurs, si Péter Magyar offre à l’Union européenne une Hongrie plus alignée, plus prévisible et plus conforme à ses attentes, rien ne dit que Bruxelles se montrera inflexible face à d’éventuelles formes de répression des oppositions sociales ou politiques.

Tout laisse à penser que les aspirations des travailleur·euses, des classes populaires et de toutes les personnes exploitées et opprimées, qui n’ont eu aucune place dans cette campagne, continueront d’être méprisées, voire combattues. Un Parlement composé d’une super-majorité de bourgeois conservateurs, d’une minorité de réactionnaires illibéraux et de quelques députés d’extrême droite radicale est peut-être une victoire électorale pour l’Union Européenne, ce n’est pas une victoire politique et sociale pour le peuple et la démocratie.


[1] Weiler Vilmos, « Dans son discours de victoire, Péter Magyar a promis de faire rendre des comptes et d’œuvrer à la réconciliation, et a appelé Tamás Sulyok à démissionner », Telex, 12 avril 2026.

[2] Dorina Galicza, « Péter Magyar : Je sais que le simple mot majorité des deux tiers vous faisait peur – Tisza a clôturé sa campagne devant une foule immense à Debrecen », hvg, 11 avril 2026.

[3] « La campagne hongroise se rebelle : le Tisza a battu le Fidesz sur son propre terrain, et c’est dans les circonscriptions les plus fidèles au Fidesz que le nombre de revirements a été le plus important. ». Atlatszo, 15 avril 2026.

[4] Gabor Czene, « Les potentats locaux du Fidesz sont en train de retourner leur veste et s’apprêtent désormais à voter en grand nombre pour Tisza » Népszava, 21 mars 2026.

[5] Ferenc Bakró-Nagy, Balazs Cseke, « Voici, sur une carte, contre qui se présentent les 106 candidats de circonscription récemment annoncés par le Fidesz », Telex, 5 février 2026.

[6] Patrióta, « Pourquoi le Fidesz a-t-il perdu ? Qui sont les responsables ? Quelle est la suite ? », Patrióta, 16 avril 2026.

[7] Balazs Cszeke, Dora Patakfalvi, Andras Király, « Il y a des membres du Fidesz qui n’ont absolument aucune envie de participer aux travaux parlementaires dans l’opposition », Telex, 20 avril 2026.

[8] Étienne Ollion, « Changer de vie. Les députés novices et la condition politique au XXIe siècle », Politix, n° 128(4), 2020.

[9] Juliette Bresson, Étienne Ollion, « Que sont les députés novices devenus ? » dans L’entreprise Macron à l’épreuve du pouvoir, Presses universitaires de Grenoble, 2022.

[10] Shuan Walker, « “We won’t keep quiet again” : the women taking on Viktor Orbán », The Guardian, 21 décembre 2018.

[11] Anne-Cécile Douillet, Rémi Lefebvre, Sociologie politique du pouvoir local, Armand Colin, 2017.