Bruxelles consacre depuis le 20 avril 2026 plusieurs millions d’euros à une campagne pan-européenne baptisée « Protect what matters », « Protéger ce qui compte ». Le dispositif, conçu par les agences Havas Paris, Havas Play, Havas Media et Prose on Pixels avec la signature stratégique de 365 Sherpas, déploie 75 440 panneaux d’affichage extérieur dans plus de 3 650 villes des 27 États membres, des activations dans plus de 1 000 cinémas, 6 200 bars partenaires, un filtre Snapchat baptisé « Protectors of Democracy », un événement intitulé « Run for democracy » organisé le 31 mai sur les 20 km de Bruxelles, et un volet de recrutement d’influenceurs dont les modalités précises (cahier des charges spécifique, rétributions individuelles, liste exhaustive des destinataires dans chaque État membre, critères de sélection, calendrier des livrables attendus) ne sont pas publiquement accessibles sur les sites institutionnels au moment où ces lignes sont rédigées, et n’apparaissent pas davantage dans le registre de transparence européen, sur la plateforme TED, sur le portail EU Funding & Tenders, dans les communiqués des agences attributaires, ou dans les documents publiés par la direction générale de la communication de la Commission européenne. La campagne sponsorise officiellement la démocratie et la liberté de la presse. La même Commission applique parallèlement le Digital Services Act depuis le 17 février 2024, encadre la modération des contenus sur les plateformes numériques actives dans les 27 États membres, et a vu le président polonais Karol Nawrocki opposer son veto à la transposition du règlement le 9 janvier 2026, au nom du danger d’instaurer un « ministère de la Vérité ».
Une journaliste du service public a publié l’air de rien sur X, ce 11 mai 2026, un tweet lu 358 200 fois en quelques heures qui interroge sur le dispositif bruxellois qui ciblerait également les rédactions des médias d’État européens. La Commission européenne, qui régule, sanctionne, amende, surveille et oriente la circulation des contenus en ligne sur le territoire de l’Union, s’appuierait-elle parallèlement, sur le recrutement d’influenceurs dans les médias publics des États membres pour vanter ses vertus démocratiques de façade ?
Immersion dans un système de propagande qui pose beaucoup de questions. Et vous n’êtes pas au bout de vos peines.
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