Fin de vie : le Sénat rejette une nouvelle fois le texte sur l’aide à mourir

Le Sénat a rejeté, mardi 12 mai 2026, pour la deuxième fois, l’ensemble de la proposition de loi instaurant un droit à l’aide à mourir. Ce vote était attendu : après avoir rejeté lundi soir l’article 2, considéré comme le cœur du dispositif, les sénateurs ont supprimé un à un tous les autres articles, confirmant leur opposition au texte.

Le gouvernement peut encore donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, qui a déjà adopté le texte à deux reprises. Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat et candidat à la présidentielle, dénonce un « passage en force » et réclame l’organisation d’un référendum pour que les Français tranchent directement la question.

Fin janvier, la chambre haute (où la droite est majoritaire) avait déjà rejeté le texte après des débats chaotiques marqués par de nombreux amendements contradictoires qui l’avaient vidé de sa substance.En revanche, le Sénat a définitivement adopté lundi la proposition de loi visant à renforcer l’accès aux soins palliatifs.

Ce nouvel épisode maintient l’incertitude sur l’avenir de la réforme de l’aide à mourir, au cœur des débats sur la fin de vie en France.

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Une enquête du New York Times décrit des violences sexuelles généralisées israéliennes contre des détenus palestiniens

Selon une enquête publiée lundi 11 mai 2026 par le New York Times, des violences sexuelles commises par des forces israéliennes sur des Palestiniens détenus seraient répandues. Le chroniqueur Nicholas Kristof s’appuie sur 14 témoignages recueillis en Cisjordanie occupée.

Kristof rapporte que des hommes, des femmes et même des enfants ont été victimes de sévices sexuels de la part de soldats, colons, interrogateurs du Shin Bet (sécurité intérieure) et surtout de gardiens de prison. Les personnes interrogées ont décrit avec précision des actes tels que des tirs ou des coups sur les organes génitaux, ou l’utilisation de détecteurs de métaux portatifs pour sonder puis frapper l’entrejambe nu des détenus. Des prisonniers libérés affirment que les autorités israéliennes leur auraient ordonné de garder le silence sur ces abus.

L’auteur souligne qu’il est impossible d’évaluer précisément l’ampleur du phénomène, mais que les récits concordent. Il précise toutefois qu’aucun élément ne suggère que les dirigeants israéliens ordonnent directement des viols. Il cite cependant un rapport de l’ONU de mars 2025 qui dénonçait un recours systématique d’Israël à des violences sexuelles et basées sur le genre depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023.

Kristof note également que la société arabe, avec ses normes conservatrices, décourage fortement les victimes de parler : deux d’entre elles lui ont expliqué qu’avouer un viol pourrait compromettre les perspectives de mariage de leurs sœurs ou filles.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a vivement dénoncé l’article sur X, le qualifiant de « campagne anti-israélienne mensongère et orchestrée » visant à influencer l’ONU. Il y voit « l’une des pires accusations de crime rituel » parues dans la presse moderne.

Par ailleurs, mardi, une commission d’enquête israélienne a publié un rapport affirmant que le Hamas et d’autres groupes palestiniens avaient commis des violences sexuelles « systématiques et à grande échelle » lors de l’attaque du 7 octobre 2023.

Procès libyen en appel : le parquet général requiert la condamnation de Nicolas Sarkozy pour corruption et financement illégal de campagne

Au deuxième jour de ses réquisitions dans le procès en appel de l’affaire du financement libyen, le parquet général a demandé ce mardi la condamnation de Nicolas Sarkozy pour corruption, financement illégal de campagne et recel de détournement de fonds publics libyens.Le parquet avait déjà requis lundi la condamnation de l’ancien président pour association de malfaiteurs. Il demande donc aujourd’hui sa condamnation sur l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Les procureurs généraux ont estimé qu’un accord existait bien entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi. Ils ont accusé l’ancien chef de l’État et son ancien bras droit Claude Guéant d’avoir « dévoyé » les plus hautes fonctions de l’État :

« Ils ne se sont comportés ni en ministre d’État, ni en chef de l’État, ni en haut fonctionnaire. Ils ont usurpé les qualités attachées à ces fonctions. »

Le parquet a dénoncé « le délit de corruption d’agent public au plus haut niveau de l’État », estimant que Nicolas Sarkozy avait fait de ses comptes de campagne de 2007 « le réceptacle occultant de ses actions corruptrices » avec le régime libyen, afin de financer ses ambitions personnelles et politiques.« Parce qu’ils étaient puissants, parce qu’ils parlaient à l’oreille de l’un des hommes les plus riches du monde, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant pensaient être intouchables », a notamment déclaré l’un des avocats généraux.

En première instance, Nicolas Sarkozy avait été relaxé des chefs de corruption, recel de détournement de fonds publics et financement illégal de campagne. Il avait uniquement été déclaré coupable d’association de malfaiteurs et condamné à cinq ans de prison ferme.Le parquet général conteste notamment la relaxe pour corruption, arguant que Nicolas Sarkozy n’était pas seulement candidat, mais ministre de l’Intérieur au moment des faits présumés.Le procès en appel se poursuit à la cour d’appel de Paris. Les peines devraient être requises dans les prochains jours.

La consommation de carburant s’effondre de 30 % en mai : 300 millions d’euros de recettes fiscales en moins

La crise au Moyen-Orient fait sentir ses effets sur l’économie française. Selon une annonce du Premier ministre Sébastien Lecornu ce mardi, la consommation de carburant a chuté de 30 % au cours des dix premiers jours de mai par rapport à la même période en 2025.Cette baisse brutale a entraîné une perte sèche de 300 millions d’euros de recettes fiscales pour l’État sur cette courte période.

Depuis le début du mois de mars, le solde cumulé des recettes liées aux carburants est repassé sous le niveau de 2025, avec un déficit de 105 millions d’euros. Le gouvernement insiste : il n’existe « ni cagnotte, ni surplus durable ».

Rappel : les taxes (TVA et droits d’accise) pèsent environ 60 % du prix du carburant à la pompe. Les droits d’accise, prélevés au litre, sont particulièrement touchés par la diminution des volumes vendus.Face à cette situation, l’exécutif a déjà débloqué 380 millions d’euros d’aides, dont une indemnité exceptionnelle de 50 euros pour trois millions de travailleurs modestes gros rouleurs. De nouvelles mesures de soutien devraient être annoncées la semaine prochaine.

Cette annonce intervient alors que l’opposition réclamait l’utilisation d’éventuels surplus pour baisser les taxes à la pompe. Le Premier ministre répond que la flambée des prix réduit finalement les recettes de l’État tout en augmentant ses dépenses.


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