L’industrialisation a supplanté l’artisanat ; la désindustrialisation a fait disparaître des savoir-faire propres ; puis la plateformisation a achevé de faire du travail un monde sans compétence où l’individu est employé — c’est-à-dire utilisé, mais capable de rien. Ce qu’y a perdu la société, c’est la possibilité même de bien faire son travail et d’en éprouver de la fierté et le sens de son autonomie.
D. a failli trouver sa voie. Après une première carrière dans la réflexologie qui n’a jamais vraiment décollé, il se reconvertit, autour de la cinquantaine, dans le soin — un métier qui lui semblait utile, humain, porteur d’un sens que son précédent emploi ne lui avait jamais donné. Moins d’un an plus tard, il démissionnait, dégoûté d’un travail réduit à « torcher des culs » dans un temps chronométré, sans le temps d’accorder les égards du soin et de l’écoute aux patients. Avant même que la pénibilité physique ait raison de lui, c’est l’impossibilité de faire son travail qui lui a fait jeter l’éponge et chercher… autre chose, n’importe quoi.
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