Au troisième trimestre 2025, Porsche a affiché une perte opérationnelle de près d’un milliard d’euros, un retournement brutal par rapport au bénéfice équivalent de l’année précédente. Sur l’ensemble de l’exercice, le chiffre d’affaires a chuté à 36,3 milliards d’euros contre 40 milliards auparavant, tandis que le bénéfice opérationnel s’est effondré à seulement 413 millions d’euros face à 5,6 milliards un an plus tôt.

Ces chiffres s’expliquent par des coûts massifs liés à la réorientation de sa stratégie électrique, une forte baisse des ventes en Chine, les tensions tarifaires américaines et des restructurations internes.

Plus largement, l’Allemagne traverse une période très difficile. Après des années de croissance atone ou négative, les prévisions pour 2026 restent modestes, autour de 0,5 à 0,6 pour cent. Le modèle économique allemand, fondé sur l’exportation industrielle, souffre de coûts énergétiques élevés depuis la crise du gaz russe, d’une bureaucratie pesante, d’une « transition verte » coûteuse et d’une concurrence chinoise accrue dans l’automobile et la chimie.

La France n’est guère mieux lotie avec une croissance faible, une dette publique supérieure à 110 pour cent du PIB et des déficits chroniques. Les deux pays partagent les mêmes défis structurels : vieillissement de la population, compétitivité en berne et stratégie énergétique catastrophique.

Malgré ces difficultés, l’Allemagne continue de verser des milliards à l’Ukraine. Depuis 2022, elle a engagé environ 41 milliards d’euros d’aide civile et plus de 55 milliards d’aide militaire, faisant d’elle le premier contributeur européen.

Pour 2026 seul, le budget atteint un record de 11,5 milliards d’euros, avec une part importante consacrée aux livraisons d’artillerie, de drones et de blindés. Ce choix politique fort suscite un débat vif : comment justifier de telles sommes quand l’industrie nationale souffre, que les budgets sont sous tension et que les priorités intérieures – énergie, retraites, infrastructures – paraissent urgentes ?

En définitive, l’Allemagne et une bonne partie de l’Europe traversent une zone de turbulences industrielles et budgétaires. L’aide massive à l’Ukraine reflète un arbitrage stratégique délirant, et la sortie de « crise » passera aussi par des réformes structurelles profondes sur la souveraineté, l’énergie, la fiscalité et l’innovation plutôt que par un seul arrêt des engagements extérieurs.

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