Bande de citadins repus et de crétins climato-sensibles, il fallait oser et il fallait que ce soit elle : Marine Tondelier, vestale écolo au regard de biche effarée par le pet des vaches, grande prêtresse du vélo à pédales assistées qui vient nous pondre, avec le sourire extatique du missionnaire qui a enfin trouvé le clitoris de Gaïa, la trouvaille du siècle : le congé payé climatique.

Cinq jours, mes bons amis. Cinq jours supplémentaires, payés par nos impôts, pour « faire face aux événements climatiques les plus durs ». Parce que, vous comprenez, quand il fait 42 degrés à l’ombre et que votre studio sous les toits se transforme en barbecue, rien ne vaut un arrêt maladie déguisé en RTT vertueux.

On ne lutte plus contre le réchauffement, on s’absente pour cause de réchauffement. C’est beau comme du Valls en tongs : on ne résout pas le problème, on prend des vacances pour le regarder brûler.

Imaginez la scène : le cadre sup’ en sueur, ordinateur en veille, qui appelle son boss d’une voix mourante : « Allô, c’est la canicule, j’active mon droit au congé climatique, je vais me mettre au frais chez ma belle-mère en Bretagne, elle a la clim à 19 degrés, c’est bon pour la planète. »

Et pendant ce temps, le plombier qui répare la clim du cadre, lui, il bosse. Parce que le plombier, visiblement, n’a pas encore droit au statut de victime prioritaire du dérèglement. Faudra lui rajouter un congé « inondation » et un autre « tempête de grêle » pour faire bonne mesure.

Les jours de RTT pour la planète, c’est plus doux, c’est plus inclusif, ça sent bon le lin, le tofu et la bonne conscience. Demain, elle nous proposera sûrement le « congé payé pour extinction des espèces » et le « repos compensatoire pour fonte des glaciers ».

Et pourquoi pas un quatorzième mois « pour cause d’ouragan » pendant qu’on y est ? Franchement, on se demande parfois si ces gens-là ne sont pas payés par Trump pour discréditer l’écologie plus efficacement que tous les climato-sceptiques réunis. Parce que, avouons-le, quand on voit ça, on a presque envie de brûler une forêt juste pour avoir droit à une semaine à la mer.

Demain il fera chaud. Profitez-en pour poser un jour de congé climatique. C’est la France des vestes vertes qui se lève : celle qui ne sue plus, qui ne produit plus, mais qui, nom d’une pipe miraculeuse, se repose en conscience, les orteils en éventail pour créer du courant alternatif. Assez d’essais !

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