La présidence de Donald Trump, une opportunité stratégique pour la Chine

Le président américain, Donald Trump, a démarré une visite d’Etat de trois jours à Pékin. Le sommet bilatéral avec Xi Jinping devrait marquer une nouvelle étape de l'apaisement entre les deux pays, après la pause d'un an dans la guerre commerciale qui les oppose, décidée en octobre. Mais alors que plusieurs sujets sensibles sont sur la table, le président chinois aborde cette rencontre en position de force.

Les répercussions de la guerre commerciale avec Washington et du blocage du détroit d’Ormuz ont eu des effets limités sur l’économie chinoise mais des perturbations dont Pékin se passerait volontiers demeurent. À ce titre, les tensions récurrentes entre le président républicain et les alliés historiques de Washington font les affaires de Pékin.

Signe de l’inquiétude des partenaires traditionnels des Etats-Unis, Pékin a vu défiler nombre de leurs dirigeants depuis le début de l’année. Rien qu’en janvier, le président sud-coréen et les Premiers ministres canadien, finlandais et britannique se sont succédé dans la capitale chinoise, pour renforcer la collaboration avec le régime de Xi Jinping.

Ces visites font écho au ressenti de l'opinion publique dans certains pays alliés des Etats-Unis. Une part croissante des populations française, allemande, canadienne et britannique considère désormais la Chine comme un partenaire plus fiable que les Etats-Unis. Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez se sont eux aussi rendus à Pékin.

Entre la Chine et les Etats-Unis, certains pays tentent de trouver une troisième voie, comme l’ont montré l’appel du Premier ministre canadien à créer une alliance des puissances moyennes ou les récents voyages d’Emmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud.

Suite à la crise énergétique causée par le blocage du détroit d’Ormuz, qui affecte particulièrement certains pays comme l’Australie, le Japon ou la Corée du Sud, la Chine a pris contact avec la Thaïlande, l’Australie et d’autres pays en se présentant comme une possible solution à leurs difficultés énergétiques.

Pékin applique, de longue date, la même stratégie au sein des organisations internationales. La Maison-Blanche a annoncé que les Etats-Unis se retiraient de 66 d’entre elles, dont une majorité liées à l’ONU. Donald Trump a renforcé l’activisme chinois dans ces instances et, notamment, une volonté de prendre la direction de plus d’agences onusiennes.

Face à un président américain aux revirements fréquents, et sans avoir à bouleverser sa politique, Pékin a vu son image s’améliorer considérablement depuis un an.

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Operation Epic Furious : le jeu vidéo qui parodie la guerre de Trump en Iran

Le concept est issu d'une création satirique mise en ligne début mai, par un collectif d'artistes anonymes. Le président américain y est moqué à chacune de ses décisions. Le jeu en ligne “Operation Epic Furious” est gratuit, uniquement en anglais, et vous y incarnez Donald Trump. Graphiquement, on est entre les jeux d'arcade des années 90 et les premiers Pokémon sur GameBoy.

L'aventure débute à la Maison-Blanche, dans le Bureau ovale. Dès la première scène, on vous propose un choix : commander un soda light, ou envahir l'Iran. Si vous voulez avancer dans la partie, vous devez envahir l'Iran.

Votre mission ensuite, est de rouvrir le détroit d'Ormuz et gagner la guerre. Pour cela, il faut récolter des barils de pétrole, poster des messages sur les réseaux sociaux - souvent de vrais messages postés par Donald Trump - et combattre vos ennemis, qui peuvent être une écolière iranienne ou le pape.

Au fil du jeu, vous croisez aussi le patron du FBI Kash Patel, le vice-président JD Vance qui vous murmure que votre virilité est écrasante ou encore Elon Musk reprenant ce geste du bras tendu qui avait fait polémique lors de l'investiture de Trump et qui vous annonce qu'il vient de faire six enfants de plus. Autre protagoniste : Vladimir Poutine, le président russe transformé en centaure dans le désert.

Mais voilà : quoi que vous fassiez, vous ne gagnez jamais. Les publications sur les réseaux sociaux ne changent rien, les menaces contre l'Iran s'enchaînent sans résultat. La boucle est infinie. En revanche, vous pouvez perdre, très vite. Dès la première scène, dans le Bureau ovale, si vous demandez à Melania Trump de vous tenir la main, c'est la sanction : Game Over.

Les entreprises chinoises très présentes aux abords des sites militaires américains

C’est l’une des régions les plus agricoles des États-Unis : la Caroline du Nord. Ici, beaucoup des terres ne sont plus américaines, mais chinoises. La Chine rachète petit à petit toutes les fermes des environs. Elle y a même construit la plus grande usine de viande porcine au monde. Pas de drapeau, ni de signes distinctifs, mais une simple pancarte : Smithfield. Derrière ce nom couleur locale, une entreprise privée en contrat avec le gouvernement chinois.

Au-delà de la souveraineté alimentaire, il y a plus grave : la proximité des terres chinoises avec des bases militaires américaines. Et la Caroline du Nord est loin d’être une exception. Le gouvernement américain est d’autant plus inquiet que depuis une loi de 2017, les entreprises privées chinoises aux intentions purement commerciales peuvent être contraintes par Pékin à participer à des opérations de renseignement.

Dans les plaines du Dakota du Nord, des champs à perte de vue, et une base militaire. C’est l’une des plus stratégiques du pays. C’est là que sont testés les drones du futur et les innovations de défenses anti-aériennes. Une société chinoise a voulu s’installer à peine à 20 km de là.

Le Pentagone est intervenu et a cassé la vente. Ce sont finalement des investisseurs belges qui ont acheté les terres. Le gouvernement américain vient d’annoncer un projet de loi pour interdire à l’avenir à la Chine et aux autres pays étrangers rivaux d’acheter les terres agricoles aux États-Unis.

Arrestation de quatre Iraniens par le Koweït

Téhéran estime avoir le droit de riposter après l'arrestation début mai de quatre Iraniens par le Koweït. “Le Koweït a illégalement attaqué un bateau iranien et arrêté quatre de nos ressortissants dans le golfe Persique. Nous exigeons la libération immédiate de nos ressortissants”, a écrit le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur X. Le Koweït a annoncé que ces quatre personnes, arrêtées alors qu'elles tentaient de pénétrer dans le pays par la mer, avaient avoué appartenir aux Gardiens de la Révolution iraniens, accusations démenties par l'Iran.

Les réserves stratégiques de pétrole s’amenuisent

En dépit de la mobilisation des réserves stratégiques, de l’existence de voies de contournement du blocage du détroit d’Ormuz et de l’augmentation de la production de certains pays producteurs, le marché pétrolier est de plus en plus déséquilibré. Certaines pénuries physiques ponctuelles commencent à apparaître en Asie.

L’Agence internationale de l’énergie met en garde contre le fait que monde puise dans ses réserves à une vitesse record. Une destruction d’une partie de la demande mondiale de pétrole, par la hausse des prix et par les pénuries, est inéluctable. Illustration, la baisse spectaculaire de la consommation de carburants, de 30%, en France au début du mois de mai.

Il y a quelques jours, la banque américaine Goldman Sachs parvenait à la même conclusion. Elle estimait que les stocks mondiaux de pétrole s’approchaient de leur plus bas niveau depuis huit ans et que le rythme très rapide de leur diminution expose le marché à de nouveaux chocs.


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