Le Mali au bord du gouffre

Après avoir pris la tête du pays à la suite d’un double coup d’Etat durant l’été 2020 puis au printemps 2021, la junte militaire avait justifié son action par l’incapacité des autorités à vaincre les violences terroristes dont le pays était victime depuis de nombreuses années. Assimi Goïta, nouvel homme fort du Mali, avait alors prôné un programme de reconquête des territoires perdus.

Sa stratégie passait par la rupture vis-à-vis des alliés traditionnels de l’Etat, dont les forces françaises, appelées à l’aide par Bamako en 2013, et poussées à quitter le pays près d’une décennie plus tard. Rejetant l’opération Barkhane, le pouvoir malien a préféré miser à partir de 2022 sur les mercenaires russes de Wagner, puis sur l’Africa Corps, organisation paramilitaire directement dirigée par Moscou.

Les militaires ont pu se targuer de quelques succès, notamment en 2023, avec la reprise de Kidal, ville longtemps aux mains des rebelles touareg de l’Azawad. Toutefois, les échecs se sont multipliés, du blocus jihadiste de Tombouctou à la crise des carburants due à l’action du Jnim.

Surfant sur le mécontentement de la population au moment de son coup de force, la junte malienne n'a, par ailleurs, pas agi pour apaiser cette colère. L’affaiblissement de la junte est accentué par le retrait en cours de l’Africa Corps d’une partie du nord du pays. Tout comme Wagner, qu’il a remplacé en 2025, le groupe paramilitaire russe n’a jamais réussi à résoudre les problèmes de sécurité du pays.

Wagner a par ailleurs accentué le chaos dans le pays en multipliant les exactions contre la population. Trois organisations, dont la Fédération internationale pour les droits humains, ont récemment déposé une plainte devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples pour des violences imputées aux forces armées maliennes et au groupe Wagner.

Début 2013, déjà, les jihadistes semblaient en passe de prendre le pouvoir au Mali. L’intervention de la France avait permis de repousser l’offensive et de libérer les villes. Mais les forces de l’opération Barkhane avaient échoué à mettre fin aux violences terroristes, engendrant un ressentiment de la population contre les milliers d’hommes envoyés par Paris.

Comme les troupes françaises à l’époque, la junte se trouve ces dernières années aux prises avec une menace de type asymétrique organisée de manière souterraine. Le Jnim a uni ses forces aux rebelles touareg du FLA. Les jihadistes ont des visées nationales et entendent instaurer la charia dans l’ensemble du Mali, tandis que le FLA souhaite que l’Azawad fasse sécession.

Les deux groupes peuvent compter sur des ressources significatives. Les jihadistes et touareg semblent désormais se rapprocher de Bamako. Le chef du régime, Assimi Goïta, n’a pas pris la parole depuis les attaques. Ses deux alliés en Afrique, le Burkina Faso et le Niger, pays tenus par les militaires, n’ont pas réagi, malgré une alliance défensive unissant les trois Etats.

Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.

Charles III appelle les Etats-Unis à rester fidèles à leurs alliés occidentaux

Dans un rare discours devant le Congrès américain, Charles III a appelé les Etats-Unis à rester fidèles à leurs alliés occidentaux historiques. L'alliance entre les deux pays “ne peut pas se reposer sur les réussites passées”, a notamment déclaré le souverain britannique, après avoir été reçu en matinée par Donald Trump à la Maison Blanche, à l’occasion des 250 ans de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis, marquant la rupture des colonies britanniques avec la Couronne.

“Les défis auxquels nous sommes confrontés sont trop grands pour qu'une nation puisse les affronter seule”, a lancé Charles III, exhortant les deux pays à défendre leurs valeurs communes et à résister aux appels à se replier “toujours davantage sur eux-mêmes”. Une critique voilée du président américain prononcée depuis la tribune de l'hémicycle, en présence du vice-président JD Vance et des plus hauts responsables américains. Les parlementaires démocrates ont particulièrement applaudi le passage du discours mentionnant l'équilibre des pouvoirs.

Charles III est le deuxième souverain britannique seulement à s'exprimer sur la colline du Capitole à Washington, après un discours d'Elizabeth II, sa mère, en 1991. Le roi a aussi appelé les députés et les sénateurs à faire preuve d'une “détermination sans faille” pour la défense de l'Ukraine.

Après une ovation debout, ses premiers mots ont été pour condamner la violence politique. Les tirs qui ont eu lieu lors d'un gala de la presse auquel Donald Trump participait ont tenté de “fomenter davantage la peur et la discorde”, a regretté le souverain. Le souverain, connu pour sa défense de la nature, a aussi appelé à protéger l'environnement.

L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale

De la mer Méditerranée jusqu'à l'Arctique, le réchauffement climatique bouscule l’Europe, comme le montre le rapport de l’Institut Copernicus. Ce rapport annuel de référence réunit les travaux d'une centaine de chercheurs.

En 2025, les impacts du réchauffement climatique ont continué de s'aggraver dans une Europe marquée par des phénomènes extrêmes. Notre continent se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. La quasi-totalité de l'Europe, au moins 95% du continent, a connu une température moyenne au-dessus des normales.

Les températures ont atteint 35°C en juillet en Norvège. La conséquence de ces coups de chaud est le recul de la neige, équivalent de la surface de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Autriche réunies. Quant à la calotte glaciaire du Groenland, elle a perdu 139 milliards de tonnes.

De leur côté, les incendies record en 2025, attisés par les sécheresses et les températures caniculaires, ont fait partir en fumée plus d’un million d’hectares. L’ensemble du pourtour méditerranéen a été impacté mais on observe aussi une activité record au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Allemagne.

L’institut alerte aussi sur les débits des rivières en berne, en particulier dans l’est de l’Europe ou encore sur les températures record à la surface des mers dans la région européenne.

L’ex-directeur du FBI est inculpé de menace contre la vie de Donald Trump

L’ex-directeur du FBI, James Comey, brutalement limogé par Donald Trump en 2017 pendant qu’il enquêtait sur des soupçons d’ingérences étrangères, a été inculpé de “menace contre la vie” du président Donald Trump, a annoncé le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche. James Comey est visé par deux chefs d’accusation, dont un de “menace contre la vie et l’intégrité physique du président des Etats-Unis”, délivrés par un jury de Caroline du Nord, a précisé le ministre lors d’une conférence de presse au ministère de la Justice.

Selon la presse américaine, il est poursuivi en lien avec un incident lié à la publication d’une photo sur Instagram en mai 2025. Les autorités américaines avaient affirmé qu’il y avait là une menace directe visant le président républicain. Dans cette publication, ensuite retirée, James Comey avait partagé une photo montrant des coquillages former le message “86 47” dans le sable. Le premier nombre est parfois utilisé pour signifier le souhait de faire partir, voire de tuer, quelqu’un. Le second peut se référer à Donald Trump, 47e président des Etats-Unis.

Les autorités fédérales américaines avaient alors annoncé une enquête du Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités, sur cette “menace” formulée selon elles contre Donald Trump.

En novembre 2025, une juge fédérale avait annulé deux inculpations téléguidées par le président américain, contre l’ex-directeur du FBI James Comey et la procureure générale de l’Etat de New York, Letitia James. Donald Trump a limogé, début avril, sa ministre de la Justice Pam Bondi, à la suite notamment d’une série de piteux échecs de son ministère à poursuivre pénalement des cibles expressément désignées par lui. Il a désigné, pour assurer l’intérim à ce poste stratégique, le numéro deux du ministère Todd Blanche, qui est également un de ses anciens avocats personnels.

La métropole d’Aix-Marseille se dirige vers une mise sous tutelle

Les élus de la métropole d’Aix-Marseille-Provence, en grande difficulté financière, ont refusé de voter le budget 2026. Cette décision, en forme d’appel au secours de la métropole la plus étendue de France, ouvre la voie à une rarissime mise sous tutelle de l’Etat. La métropole est confrontée à un déficit de 123 millions d’euros pour l’année 2026, pour un budget de 4,8 milliards en 2025.

Cette décision est l’aboutissement d’un bras de fer avec l’Etat que les édiles ont engagé pour alerter sur les difficultés financières. Benoît Payan a évoqué la volonté de provoquer “un électrochoc”. Le budget principal et les budgets annexes ont été retirés de l’ordre du jour, avec le soutien des 92 maires de la collectivité, toutes tendances confondues. Et la collectivité n’aura donc pas son budget avant la date butoir du 30 avril fixée par la loi.

Cette situation conduira à une intervention du préfet qui saisira la chambre régionale des comptes, qui aura alors un mois pour formuler un budget alternatif. Une mise sous tutelle rarissime, qui a concerné l’an dernier le département de la Charente et celui de la Guadeloupe à la fin des années 1990.

Tout juste élue suite aux municipales, la gouvernance de la métropole Aix-Marseille-Provence impute son déficit budgétaire à une baisse des dotations de l’Etat, chiffrée à moins 120 millions d’euros en deux ans.


La revue de presse du Monde Moderne du mercredi 29 avril

Partager Le Monde Moderne