Mes chers amis déjà tant accablés de lassitude, contemplez cette bouche molle et perpétuellement entrouverte comme un organe qui n’aurait jamais servi qu’à proférer l’imposture : tout ce qui sort de cette cavité est faux. Pas simplement inexact ou à contretemps : faux jusqu’à l’os du contre-ut, faux comme ses larmes de gavial de poche, faux comme ses serments de fidélité à une France qu’il méprise et comme l’image d’homme d’État « moderne » et « cool » à la fois qu’il s’efforce de projeter.
Quand il parle, c’est déjà une offense à l’intelligence : un flot continu de novlangue stupide, de forfanterie ridicule et de promesses recyclées, où chaque « en même temps » dissimule une nouvelle capitulation. Mais quand il chante… ah, mes amis, quand cet olibrius aux manières de croque-mort à rouflaquettes en représentation s’installe au piano avec la prétendue bonhomie d’un artiste en goguette, alors on touche au sommet de la supercherie.
Sa voix n’est pas fausse, elle est funeste. Elle suinte le mensonge institutionnalisé, elle exhale la trahison patinée par l’habitude, elle émet des notes comme un organisme malade expulse ses toxines. Chaque vibrato vaguement nasal est une nouvelle insulte, chaque pain un reniement sans levain, chaque soupir une petite mort où c’est toujours la France qui agonise un peu plus.
Il ne chante pas : il simule. Il ne séduit pas : il contamine l’air avec sa petite voix de curé défroqué qui se prend pour un poète. Une profanation constante, une flatulence dissonante élevée au rang d’art d’État, une logorrhée parfumée à la vanité et à l’autosatisfaction. Et le plus dingue dans cette horreur, c’est qu’il s’admire, se contemple avec l’extase d’un esthète, se trouve émouvant, se prend pour un interprète alors qu’il n’est qu’un simulateur pathétique, un ectoplasme dont l’ADN même semble constitué de duplicité.
Qu’on lui scelle la bouche.
Qu’on lui colle les doigts sur les touches de l’orgue Bontempi de Copé.
Qu’on le conduise dans un studio insonorisé, condamné à s’écouter lui-même en boucle, afin que sa propre voix le rende fou.
La France ne mérite pas cela.
Elle mérite surtout de voir un jour cet étrange personnage, tour à tour fausset, boxeur photoshopé, guerrier de microbes et apprenti crooner réduit au silence, enfin sincère une seule et unique fois dans sa vie : dans le mutisme absolu de sa disgrâce.
Avant de partir, offrez-moi un café… buymeacoffee.com/didier.maisto


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