Au Royaume-Uni, le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité est en train de devenir l’un des marchés les plus rentables de la santé privée. Le NHS prévoit 314 millions de livres de dépenses pour la seule prise en charge du TDAH cette année — plus du double du budget initial. Plus de 500 000 Britanniques sont en attente d’évaluation. Et derrière ce tsunami, les fonds d’investissement rachètent les cliniques privées les unes après les autres, avec des marges qui feraient pâlir d’envie n’importe quel industriel classique.
Ce que les Britanniques découvrent aujourd’hui n’est pas une crise sanitaire au sens strict. C’est l’aboutissement logique d’un système où le diagnostic ouvre des droits sociaux, où l’attente publique pousse vers le privé, et où le privé est tenu par le capital. La France ferait bien de regarder de près ce qui se passe outre-Manche. Très près. Parce que sur les prescriptions françaises de psychostimulants, sur la rédaction des manuels diagnostiques internationaux et sur la taille du marché mondial qui se profile, les voyants sont déjà allumés. Un nouveau scandale dont personne ne parle.

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