Mardi 28 avril 2026, neuf heures du matin, place Zeus à Montpellier. Le conseil de la Métropole s’apprête à voter une hausse historique de la taxe foncière. Un appel à manifester tournait depuis quarante-huit heures sur Facebook, des pétitions ont circulé, des propriétaires s’indignaient en ligne. J’y suis allé moi-même, à neuf heures cinq, pour me rendre compte sur place de la mobilisation annoncée. Devant le siège de la collectivité : cinq personnes. Cinq. Pas cinquante, pas cinq cents. Cinq.

En face, deux fois plus de policiers municipaux que de manifestants. Vingt minutes plus tard, la place était vide. La grande révolte annoncée s’est dissoute dans l’air tiède du printemps héraultais avant même que les élus ne lèvent la main.

Sur environ 108 000 propriétaires immobilier dans la métropole, cinq se sont déplacés pour défendre leur portefeuille et se dresser contre cette explosion fiscale. Pendant ce temps, dans la salle, les conseillers métropolitains votaient tranquillement la multiplication par plus de trente-six de la part intercommunale de la taxe foncière. Sans bruit, sans gêne, sans résistance.

Ce fut déjà le cas lors du rassemblement contre les ZFE (250 personnes) il y a quelques mois ou contre l’abaissement du seuil de TVA pour les autoentrepreneurs ( 50 personnes) ou encore le soutien famélique aux agriculteurs.

Je rappelle que la métropole de Montpellier compte plus de 500 000 habitants…

Une démonstration grandeur nature de ce que produit l’apathie d’un peuple qui préfère râler après coup dans son canapé plutôt que se mobiliser massivement et faire reculer les décisions politiques contraires à l’intérêt général.

Voici une nouvelle chronique ordinaire de l’apathie populaire depuis Montpellier (et réservée à mes abonnés payants).

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