Contemplons comme il se doit ce spectacle monochrome du 1er mai à Amiens, où un manifestant un peu farceur a baptisé Olivier Faure à la farine de ménage ! Un grand travailleur, dit-on ! Un monument de la gauche molle qui a passé sa vie à trahir avec élégance, à pactiser avec les centristes un jour, à mendier des voix LFI le lendemain, toujours le cul entre deux chaises comme un équilibriste constipé.

On l’enfarine, ce pauvre bougre, et voilà les pleureuses du PS qui hurlent au scandale : « Honteux ! Inacceptable ! » Comme si jeter de la farine sur un socialiste revenait à profaner la tombe de Jaurès.

C’est une façon de le baptiser qui lui va, a-t-il osé murmurer, ce brave homme. Baptême à la farine ! Quelle poésie. On imagine la scène : deux jeunes cagoulés, un foulard faucille-et-marteau autour du cou, qui lui balancent leur hostie blanche en criant « Casse-toi, sale traître ! Le PS dehors ! » Et Faure, tout poudré comme un beignet oublié au fond d’une boulangerie, qui continue sa marche d’un pas digne, tel un pierrot lunaire en quête d’un nouveau compromis.

Ô pureté de cette farine ! J’espère qu’elle n’était pas de sarrasin, hein ? Parce que le racisme, on n’en peut plus, comme dirait l’autre. Ni bio, surtout pas bio : Sandrine Rousseau aurait hurlé à l’agroécocide, à l’empreinte carbone du blé conventionnel, et nous aurait expliqué que cette farine patriarcale opprimait les levures non binaires. Imaginez la scène : Faure saupoudré de farine industrielle, symbole ultime de la gauche caviar qui a trahi la classe ouvrière pour des sièges à l’Assemblée et des plateaux télé. Les vrais travailleurs, eux, ceux qui triment sans selfie, regardent ce cirque et se marrent : même la farine ne veut plus de vous, bande de vendus.

Pauvre Faure, l’enfariné du chou à la crème. Il voulait toucher le peuple ? Le peuple l’a touché. Et demain, il retournera à ses équations électorales, tout blanc, tout propre, tout ridicule. Vive le 1er mai ! Vive la lutte des classes contre les traîtres en costume ! Et que la farine soit avec vous, camarades. Surtout quand elle vole bas.

Avant de partir, offrez-moi un café buymeacoffee.com/didier.maisto