Accuser la justice de lenteur, fustiger sa complexité ou remettre en cause la compétence de ceux qui la rendent relève presque du lieu commun. « Le devoir des juges est de rendre la justice ; leur métier est de la différer », ironisait déjà La Bruyère au XVIIe siècle.
Depuis que l’affaire Lyhanna a éclaté, chacun y va de son explication face à l’inacceptable. Entre la désignation hâtive de boucs émissaires, le constat d’une justice exsangue faute de moyens, et la dénonciation de failles sociétales plus profondes, le débat s’enlise. Au-delà des polémiques, qu’en est-il vraiment ? Comment la justice française a-t-elle été reléguée au rang de parent pauvre de l’État ?
L’affaire Lyhanna : chronique d’une faillite judiciaire
Le meurtre de Lyhanna aurait-il pu être évité ? Tout porte à croire qu’un suivi judiciaire plus rigoureux aurait suffi à parer à l’irréparable.
Aujourd’hui, c’est le lourd passé du principal suspect, Jérôme Barella, qui cristallise l’attention et rend le fait qu’il ait été en liberté au moment des faits d’autant plus incompréhensible. Dans les radars de la police depuis 2017, l’individu avait échappé à une condamnation en 2022 à la suite d’une plainte pour viol sur mineur, finalement classée sans suite.
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