Allocution du Premier ministre, Sébastien Lecornu
Face aux crises qui se multiplient, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole dans une allocution depuis Matignon.
Les forces de l’ordre “n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens”, a assuré Sébastien Lecornu en préambule de son allocution prononcée à la veille d’une nouvelle journée d’action. “Elles doivent agir de manière proportionnée dans un contexte souvent très difficile”, a-t-il souligné.
Il a ensuite tenté de se montrer à l’écoute des revendications des lycéens. “La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nous leur avons demandé des efforts considérables. Nous leur demandons de regarder l’avenir avec confiance”, a-t-il poursuivi. La plateforme ouverte par le gouvernement pour donner la parole aux lycéens a pour l’heure permis de faire remonter 40 000 contributions, a affirmé le Premier ministre. Il a assuré que “les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d’octobre” afin de répondre à la crise.
Le Premier ministre a également annoncé qu'il mettrait 10 millions de barils de gazole, issus des réserves stratégiques, à la disposition des distributeurs en France. “Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours et sera mis à disposition au prix de revient et permettra mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole”, a affirmé le chef du gouvernement.
“Le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver”, a prôné le Premier ministre. Il a promis que le gouvernement prendrait “les décisions nécessaires pour le tenir”. “J'y reviendrai prochainement et je demande par ailleurs à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production, dans le respect des exigences de sûreté”, a déclaré Sébastien Lecornu.
A propos de l'agriculture, il faut “permettre aux exploitations françaises de tenir et de préparer la suite”, a reconnu le Premier ministre. Vantant l'envergure du plan d’urgence annoncé par Annie Geneavrd début septembre, Sébastien Lecornu a promis de “nouvelles mesures” annoncées “au Sommet de l'élevage à Cournon"" par la ministre de l'Agriculture. Ces décisions ont été “discutées avec l'ensemble des organisations syndicales”, précise-t-il.
Sébastien Lecornu a redit que son objectif restait de ramener le déficit public du pays en 2027 à 5% du produit intérieur brut, après un dérapage à 5,4% en 2026, et alors que le projet de budget pour l'an prochain est scruté par les marchés au moment où les coûts de la dette grimpent.
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Le budget de Marine Le Pen sous le feu des critiques
En quête de crédibilité économique dans sa course à l’Elysée, Marine Le Pen a présenté son projet de budget pour les cinq prochaines années. La candidate à la présidentielle et Jordan Bardella en ont détaillé les principales mesures depuis le siège parisien du Rassemblement national, à Paris. Mais l’opération de communication a été troublée par les nombreuses questions des journalistes sur les révélations de Mediapart sur des propos antisémites attribués au président du parti d’extrême droite.
Marine Le Pen a défendu un “effort radical” afin d’atteindre 140 milliards d’euros de baisses de dépenses publiques d’ici à 2032, à la fin du prochain quinquennat. Cela représente 4,7% du PIB de la France en 2025.
En promettant un “déficit inférieur à 3% en 2030” (contre 5,4% prévus en 2026), Marine Le Pen a promis d’“envoyer le signal limpide que la dérive des comptes publics est finie et que les marchés peuvent considérer à nouveau la France comme un partenaire fiable”. Le RN souhaite donc afficher son sérieux budgétaire, en présentant ses objectifs jusqu’en 2032, une démarche que la quadruple candidate à l’Elysée n’avait pas faite lors de ses précédentes campagnes.
Mais dans le détail, les mesures présentées suscitent de nombreuses questions sur la crédibilité des prévisions économiques du RN et sa capacité à mettre en œuvre certaines promesses. Marine Le Pen veut ainsi économiser 11,1 milliards d’euros dès 2027 en baissant la contribution de la France au budget de l’Union européenne, estimée par le gouvernement à 31,2 milliards d’euros. Les années suivantes, elle prévoit d’économiser jusqu’à 20 milliards d’euros sur ce poste de dépense.
Le RN mise aussi sur la “reprise en main” de l'immigration et l'instauration d'une “priorité nationale” pour dégager “15 milliards d'euros” en 2027 puis “29 milliards en année pleine”, en réservant notamment les prestations de solidarité aux étrangers ayant travaillé cinq ans sur le territoire.
Malgré les promesses de coupes massives, Marine Le Pen le martèle : il ne s’agit pas d’un “plan d’austérité”. Pour en convaincre ses électeurs, elle intègre une suppression de la TVA sur 100 produits de première nécessité et une baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité. Le plan s’adresse aussi aux entreprises du tissu industriel, en diminuant les impôts de production.
Par ailleurs, le RN appuie son plan économique sur des prévisions de croissance jugées optimistes : 1,8% dès 2028, puis 1,7% en 2029 et 1,8% en 2030. Voilà pourquoi le contre-budget du RN a été attaqué par ses adversaires politiques de tous bords.
Les populations d’animaux sauvages se sont effondrées de 73% depuis 1970
La biodiversité se dégrade à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité, alerte le WWF. La taille moyenne des populations d’animaux vertébrés sauvages a chuté de 73% entre 1970 et 2022, soit une baisse annuelle moyenne de 2,5% pendant plus d’un demi-siècle.
Tous les deux ans, le rapport de l'organisme international de protection de la nature évalue l’état de la biodiversité à partir des données collectées à travers le monde. Pour cette nouvelle édition, 35 803 populations de plus de 5 790 espèces de vertébrés ont été observées.
D’une espèce ou d’une région à l’autre, le bilan des efforts de conservation apparaît contrasté. A l’échelle mondiale, le déclin des populations d’espèces marines ralentit sous l’effet des politiques mises en place depuis plusieurs décennies pour enrayer la surpêche. En revanche, dans les eaux douces du monde entier, l’érosion de la biodiversité se chiffre à 85% à cause de la pollution, de la surexploitation, du changement climatique et surtout de la modification de leur habitat.
Enfin, sur la terre ferme, “la perte des forêts se poursuit, la conversion à l’agriculture en étant la principale cause”, alerte le rapport, fixant son indice à -69% pour les vertébrés terrestres. En Amérique latine et dans les Caraïbes, on constate une baisse de 95% de la taille des populations suivies depuis 1970.
Restauration des milieux, transition agricole et énergétique, abandon des subventions dites “dommageables” allouées à des projets néfastes pour l’environnement… Le rapport s’accompagne d’une liste de solutions qui ne se limitent pas aux efforts de conservation.
Les problématiques expulsions de migrants mises en place par les Etats-Unis
Plus de 500 migrants ont été envoyés par les autorités américaines vers des Etats d’Afrique où ils n’avaient “aucun contact”, dénonce Human Rights Watch. Selon un rapport de 125 pages, ces personnes ne pouvaient être expulsées vers leur pays d’origine “en raison du danger auquel elles y seraient exposées” et ont donc été transférées vers des pays tiers. Ce procédé a été mis en œuvre sans donner à ces migrants “de véritable possibilité de contester leur expulsion”.
Nombre de ces migrants ont exprimé leurs craintes d'être victimes de mauvais traitements s'ils étaient expulsés vers certains pays tiers, sans que cela ne soit pris en compte dans la procédure. Plusieurs de ces immigrés ont aussi relaté ne pas avoir été mis au courant de la destination vers laquelle ils étaient envoyés.
A leur arrivée dans le pays tiers (parmi lesquels l’Eswatini, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud), certains de ces migrants ont été placés en détention.
L’ONG accuse l’administration américaine de “violer ses obligations nationales et internationales en matière de non-refoulement en envoyant des personnes dans des lieux où elles risquent d’être persécutées, torturées ou de subir d’autres préjudices graves, ou bien où elles pourraient faire l’objet d’une expulsion ultérieure et être confrontées à de tels risques”. Elle appelle donc les Etats-Unis à cesser cette pratique, et demande aux pays tiers à “refuser d’accueillir des personnes dans ces conditions”.
Maricarmen Abascal, la retraitée espagnole expulsée de son logement, est morte
La retraitée madrilène dont l’expulsion a déclenché des manifestations monstres contre la crise du logement en Espagne et, finalement, des élections anticipées, est morte. “Nous avons le regret d’annoncer que Maricarmen est décédée aujourd’hui”, a relayé l’Union des locataires de Madrid dans un communiqué, soulignant que le combat de Maricarmen Abascal, 87 ans, avait marqué “un tournant dans l’histoire de ce pays”.
La vieille dame était devenue un symbole des difficultés auxquelles sont confrontés les Espagnols les plus démunis sur le marché du logement le 23 septembre quand elle avait été expulsée de son appartement de Madrid sur un brancard, après que la société immobilière propriétaire avait fortement augmenté son loyer.
Son histoire avait déclenché des manifestations massives en Espagne, mettant sous pression le gouvernement de gauche minoritaire pour prendre des mesures urgentes, comme renforcer les restrictions sur les expulsions ou garantir le renouvellement tacite des contrats de location.


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