Il existe désormais en Europe une manière légale de détruire un homme sans passer devant un tribunal. Sans acte d’accusation. Sans audience. Sans verdict. On vous inscrit sur une liste. On gèle vos comptes. On interdit à quiconque de vous employer ou de vous payer. On rend illégal le fait de vous offrir un verre. Et techniquement, rien de tout cela n’est une condamnation. C’est une “mesure administrative”. C’est de la “politique étrangère”. C’est la “lutte contre la désinformation.”

Jacques Baud, ancien colonel suisse, 70 ans, résident à Bruxelles depuis quatorze ans. Hüseyin Doğru, journaliste allemand, père de trois enfants dont deux nouveau-nés, fondateur d’un média berlinois. Deux hommes, deux parcours différents, deux façons d’avoir déplu au bon endroit au mauvais moment. Et la même mécanique : le Conseil de l’Union européenne qui décide, qui juge et qui exécute — dans le même mouvement, sans séparation des pouvoirs, sans possibilité de défense préalable.

L’UE vient d’inventer la mort civile du XXIe siècle. Et personne, ou presque, ne le dit à voix haute.

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