Lundi 2 novembre, sur le plateau des Grandes Gueules de RMC, un auditeur girondin en invalidité, prénommé Wilfrid, a ruiné en trois minutes la communication de Matignon sur le gazole. « On est en train de crever », a-t-il lancé, avant de décrire sa vie : chauffage à la bougie, 15 degrés dans la maison, moins 2 ou moins 3 dehors, 1 000 euros par mois, une épouse qui cumule deux emplois.

Le 7 octobre, Sébastien Lecornu avait promis une baisse de 12 à 18 centimes par litre, adossée à 10 millions de barils puisés dans les stocks stratégiques sous la pression de l’administration de Donald Trump. Le même 1er novembre, le prix repère du gaz augmentait de 6,6 %, troisième hausse consécutive. Selon l’auditeur, une station Leclerc de son secteur aurait relevé son gazole de 10 centimes vendredi, à 2,43 euros, avant de l’afficher à 2,21 euros lundi matin.

Le gouvernement vend une baisse qu’il ne chiffre même pas dans son propre texte, puisque le décret du 23 octobre laisse aux distributeurs jusqu’au 31 mars 2027 pour reverser l’intégralité de l’avantage.