Collision de trains meurtrière près de Tolède, en Espagne
Les autorités régionales évoquent au moins 68 morts et 64 blessés à ce stade. En Espagne, deux trains à grande vitesse sont entrés en collision, alors qu'ils circulaient à grande vitesse dans le secteur de Tolède, à environ 150 km au sud de Madrid.
La collision s’est produite “à 8h54 entre deux trains, l’un de l’opérateur privé Iryo et l’autre de la compagnie nationale Renfe”, près de la station d’Urda, dans la région de Castille-La-Manche, d’après un porte-parole des services d’urgence espagnols. L’établissement public Adif, gestionnaire du réseau, a signalé vers 9h10 l’interruption du trafic sur la ligne entre Madrid et l’Andalousie, dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Les trains concernés sont l’AVE 2080 et le train Iryo 6076, a précisé l’opérateur public Renfe. Le train AVE de la Renfe a percuté l’Iryo par l’arrière. Plusieurs voitures des deux trains ont déraillé, selon des vidéos tournées sur les lieux.
Au moins quatre voitures se sont renversées au pied d’un talus, selon la garde civile et d’autres médias espagnols.
L’ambassade de France en Espagne affirme sur X être “en contact avec les autorités compétentes pour le suivi de l’accident”. Elle met à disposition des numéros d’urgence pour signaler des potentielles victimes voyageant dans les trains impliqués.
Le gouvernement régional a annoncé dans l’après-midi “au moins 68 morts et 64 blessés”. Esther Padilla, porte-parole des autorités régionales, avait auparavant précisé que le train Iryo transportait “146 passagers et un bébé”, tandis que le train Renfe comptait 397 passagers. En fin de matinée, la responsable a déclaré que “tous les blessés avaient été extraits des voitures mais que l’évacuation des corps se poursuivait”.
Plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités de soins intensifs mobiles sont sur place. Les secours locaux ont activé leur plan d’intervention, Platecam. Le gouvernement de Castille-La Manche a demandé l’intervention de l’unité militaire d’urgence. Dans un communiqué, la compagnie Iryo déclare “avoir activé tous les protocoles d’urgence”.
La Guardia civil a ouvert plusieurs bureaux pour organiser les prélèvements d’ADN sur des proches de victimes, en vue d’identifier les corps. Elle lance un appel aux proches directs pour qu’ils se rendent le plus tôt possible dans les services mis en place. Les autorités du pays ont également relayé des appels au don de sang.
Lors d’une conférence de presse, le ministre des Transports, Oscar Puente, a confirmé l’existence d’un problème dans le système de signalisation ferroviaire avant la collision des deux trains. Après la panne du système automatisé de signalisation “dit LZB”, plusieurs trains ont été immobilisés dans la zone.
Le centre de contrôle a ensuite donné son autorisation pour redémarrer le trafic sous contrôle humain. Malgré cette reprise du trafic, le train de la compagnie Iryo est resté immobilisé. Le train de la Renfe, à 25 kilomètres de là, est, lui, reparti à vitesse normale. “La décision de reprendre la circulation sans avoir résolu l’incident relève du centre de contrôle. Cette décision a été prise dans des circonstances inexplicables”, a déclaré Oscar Puente.
“Il est inacceptable qu'un pays comme l’Espagne subisse deux accidents de train à grande vitesse la même année”, a déclaré le Premier ministre, Pedro Sanchez, en déplacement sur le lieu du drame. “Nous devons renforcer la sécurité afin de reconstruire la confiance dans notre système de trains à grande vitesse”, a-t-il assuré, promettant de faire “ce qui est nécessaire pour établir les origines de la tragédie”. Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé trois jours de deuil national.
Cet accident intervient en pleine campagne électorale, avant les législatives du 29 novembre, et moins d'un an après la collision entre deux trains à grande vitesse à Adamuz, en Andalousie, qui a fait 46 morts lors d’une collision, bouleversant toute l'Espagne et ravivant les débats sur l'entretien du réseau ferroviaire. En 2013, un déraillement avait fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Hommage national après l’attentat raciste dans les Yvelines
Un “hommage national sera rendu” après l’attentat “terroriste raciste” de Trappes, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, a annoncé la porte-parole du gouvernement à l’issue du conseil des ministres. Maud Bregeon n’a toutefois pas précisé le jour ni s’il sera présidé par Emmanuel Macron.
Lors du Conseil des ministres, le chef de l’Etat a appelé à “l’unité” et “la dignité”, et a “insisté sur le fait que la très faible compassion qu’il y a eu dans les heures qui ont suivi était de nature à inquiéter, de même que les tentatives d’instrumentalisation qui ont suivi”, a rapporté la porte-parole.
La cheffe du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, avait demandé, lors de la séance des questions au gouvernement, qu’un hommage national aux victimes soit rendu. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, n’avait alors pas apporté de réponse.
Vendredi matin, Kevin T. a ouvert le feu en rafales à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines en région parisienne, abattant Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine africaine, et blessant plusieurs personnes, dont au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, selon le procureur national antiterroriste Olivier Christen.
L’État va mettre en place une taxe “émeutes”
Près de 3 000 commerces touchés, du mobilier urbain détruit, des bâtiments vandalisés… Selon CCI France, la chambre de commerce et d’industrie, la facture dépasse déjà le milliard d’euros de dégâts après les violences des 17 et 24 octobre. Qui va payer ? Un peu tout le monde via la taxe “émeutes”.
Il s’agit d’une contribution supplémentaire de 0,8% sur les contrats d’assurance. La surprime est obligatoire. Elle sera prélevée sur tous les contrats automobiles et d’habitation des particuliers ainsi que ceux des entreprises et des collectivités. Cela va permettre d’abonder un nouveau fonds d’indemnisation, créé spécifiquement pour payer les dégâts liés aux émeutes. L’idée est de mutualiser les coûts des réparations les plus importantes.
Cette taxe “émeutes” n’a pas été créée à la suite des récents incidents. Elle a été imaginée après les violences de juin 2023, après la mort de Nahel. Les assureurs ont dit qu’ils ne pourraient pas tout prendre en charge, l’État non plus. D’où l’idée de cette surtaxe sur les assurés. Au départ, elle devait être autour de 5% mais, devant les critiques, elle a été ramenée à 0,8% car cette cotisation obligatoire fait polémique.
Dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat, cette surprime fait tiquer. Alors que de nombreux ménages, ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois, cela revient à demander à la majorité silencieuse de payer pour une minorité délinquante. Le gouvernement, lui, se défend : l’État ne se dédouane pas, il organise une solidarité entre les assureurs. Cette contribution doit permettre de réunir environ 400 millions d’euros, le Conseil d’État doit encore valider le dispositif, mais si c’est le cas, cette contribution sera prélevée dès le 1er janvier 2027 sur nos contrats.
Le gouvernement ne veut pas changer les dates de la présidentielle
Le gouvernement a exclu de modifier les dates de l’élection présidentielle. Ces dernières étant fixées aux 18 avril et 2 mai, cela implique que le second tour aura lieu au lendemain de la mobilisation du 1er-Mai qui fait craindre à certains des débordements.
“Il n’y a pas de raison de changer ces dates, sauf à poser un genou à terre face aux délinquants, aux casseurs, aux factieux qui ont semé la terreur ces derniers jours et ces dernières semaines dans le pays”, a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon à l’issue du Conseil des ministres. “L’Etat a démontré le week-end dernier qu’il savait avoir le dessus”, a-t-elle ajouté.
Après les saccages, pillages et dégradations du 17 octobre, la droite et le Rassemblement national ont à nouveau demandé au gouvernement de revenir sur le choix d’un second tour le 2 mai, au lendemain de défilés pour la Fête du Travail, traditionnellement très politiques. Pour rester dans les clous constitutionnels, les dates du 11 et 25 avril sont également envisageables, avancent-ils, même si elles tombent lorsque deux zones sur trois sont en vacances de printemps.
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Le projet de loi “casseurs-payeurs” adopté et élargi au Sénat
Erigé comme une “urgence” face aux violences du 17 octobre, le projet de loi “casseurs-payeurs” a été adopté et nettement élargi au Sénat. De nombreuses mesures sécuritaires sont venues compléter l’objet initial de ce texte critiqué à gauche, qui concernait la solidarité financière des pilleurs.
Elaboré durant l’été après les débordements ayant suivi le sacre européen du PSG, le texte contenait initialement cinq articles. Examiné à la chambre haute, il en ressort avec une vingtaine de dispositions supplémentaires ajoutées à l’initiative du gouvernement et de la droite majoritaire dans l’hémicycle.
Dans sa mesure phare, le projet de loi crée une solidarité financière pour toute personne ayant “sciemment participé” à un groupement formé en vue de commettre des dégradations ou pour ceux qui se maintiendraient dans un “attroupement” susceptible de troubler l’ordre public, malgré deux sommations des forces de l’ordre. L’Etat pourrait donc se retourner y compris contre les auteurs indirects des dégradations, dans une limite de 10 000 euros par personne.
Les allocations familiales, les aides personnelles au logement et le RSA pourront également être saisis sur le fondement de ce texte. Après avoir envisagé d’atténuer cette mesure lors d’un vote à main levée, les sénateurs l’ont finalement durcie au cours d’une deuxième délibération, intégrant aussi d’autres prestations sociales comme le complément familial, l’allocation de rentrée scolaire, mais aussi la prime d’activité. Laurent Nuñez a annoncé qu’il saisirait le Conseil d’Etat sur ces extensions, pour vérifier si “l’équilibre entre solidarité et réparation” était bien respecté.
Nouvelles interdictions administratives de manifester, peines complémentaires d’interdiction de territoire pour les étrangers, aggravation du quantum des peines, utilisation facilitée de “drones judiciaires” ou de la vidéoprotection algorithmique, expulsions de logements sociaux pour les fauteurs de trouble… Tout au long de la nuit, le Sénat a nettement durci le texte, adoptant de nombreuses mesures sécuritaires, la plupart soutenues par le gouvernement. Décriée à gauche, la création d’une procédure d’urgence pour solliciter le retrait en moins de vingt-quatre heures de contenus appelant aux dégradations publiés sur les réseaux sociaux a aussi été votée.
Le Sénat l’a adopté dans la nuit à 229 voix contre 105, avec le soutien du Rassemblement national et malgré la vive opposition de la gauche, qui juge nombre de dispositifs inconstitutionnels et attentatoires à la “liberté de manifester”. Il est désormais transmis à l’Assemblée nationale.


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