Avant que les applaudissements du public cessent, il lui demande si ça va, elle lui répond très bien. Il déclare qu’ils ont les deux plus beaux lofteurs avec eux ce soir. Elle sourit ou se force à sourire de toutes ses dents. Il l’apostrophe — Son prénom s’inscrit pour un instant au coin de l’écran. —, rapporte qu’ils ont fait connaissance lors de la sortie de son livre Miette — elle acquiesce —, dans une interview, lors d’une émission de télévision qui s’appelle Ça s’en va et ça revient. Il signale à l’adresse de la caméra que d’ailleurs il doit dire à ses amis téléspectateurs que lundi soir y en a une avec les Inconnus qu’est pas piquée des hannetons. Il inspire, euh… reprend qu’ils ont raconté sa vie — Il la vouvoie. —, son enfance douloureuse, et appuyant chaque mot remarque qu’on lui a beaucoup reproché sa gentillesse avec elle. Elle rapporte qu’elle a vu, qu’elle a vu dans les journaux. Il ajoute que c’est fou quand même. Elle acquiesce, convient que c’est fou. Il déclare à l’adresse de la caméra qu’alors il en profite pour dire qu’il regrette pas du tout sa gentillesse avec Loana — elle souffle que c’est gentil et le remercie —, qu’il a beaucoup de compassion pour son histoire

— S’appuyant sur la table il la photographie avec un petit appareil photo numérique. —

et qu’il maintient tout ce qu’il a dit ce soir‑là et tout ce qu’il a fait ce soir‑là et que ce serait à refaire il referait exactement la même chose, voilà. Elle le remercie beaucoup. Applaudissements du public. Il ajoute qu’il pense pas… couvert par les applaudissements il reprend qu’il pense pas que ce soit des gens comme elle qu’y faut taper en tous les cas.

 

Il lui demande si alors il s’est bien vendu son livre. Elle confirme très bien, oui. Il lui demande combien à peu près. Elle répond à peu près cent mille exemplaires. D’un ton débonnaire il s’exclame mais que c’est beaucoup, dis donc ! Elle acquiesce deux fois, convient que c’est énorme. De même il ajoute que c’est bien, hein ? Il poursuit que donc l’éditeur a récupéré l’à-valoir d’un million de francs qu’il lui avait versé. Elle acquiesce, ajoute en principe. Il conclut que donc tout le monde est content. Hochant la tête elle acquiesce deux fois.

 

Il lui demande comment va sa mère. Elle répond très très bien — Sans attendre il lui demande encore si ça va Yvette. —, qu’elle est venue la voir là, y a pas longtemps. Il lui demande de nouveau si Yvette va bien. Elle rapporte qu’Yvette va très bien. Il se tourne et se targue de connaître toute la famille maintenant. Elle acquiesce, confirme que c’est vrai. Il déclare plus qu’il ne le lui demande que son père elle l’a pas revu, là. Elle acquiesce. Il lui demande toujours pas ? Elle objecte deux fois, rapporte qu’elle a eu aucun coup de fil. Il déclare plus qu’il ne le lui demande que ça va pas s’arranger, là. Échappant un rire nerveux, elle reconnaît qu’elle sait pas, sourit ou se force à sourire de toutes ses dents — gênée probablement.

Il interjette qu’il sait pas ce qu’ils ont les pères en ce moment mais… il suspend sa phrase et grimace.

Il acquiesce. Il remarque que c’est vrai qu’ils ont des problèmes de pères tous les deux, là.

Elle et lui acquiescent, il observe qu’ils ont un peu… — il dresse ses deux mains parallèles l’une à l’autre avec lesquelles il mime un chemin tortueux — qu’ils ont un peu la même… enfin… pas tout à fait la même mais… euh… niveau famille, ouais, qu’ils ont pas beaucoup de chance tous les deux et il conclut avec une moue.

À mi-voix elle acquiesce. Elle rétorque mais qu’ils se rattrapent. Sans entrain, il acquiesce. Il inspire.

 

D’un air grave, arquant un sourcil il enchaîne que quand elle est venue dans l’émission beaucoup de gens ont été choqués… euh… par le fait qu’elle soit pas retournée voir sa fille Mindy immédiatement après le Loft. Elle acquiesce. Il lui demande est-ce que depuis elle y est allée. Elle objecte trois fois, rapporte qu’elle n’est pas retournée voir sa fille, que par contre elle est en contact, et qu’elle sait qu’elle va très très très bien. Elle sourit en prononçant ces derniers mots. Il scande bien. Comme pour elle-même, elle ajoute tendrement que maman va y aller. D’un ton aussi lapidaire et réprobateur que sa formule, il lui demande pourquoi elle veut pas la voir. Elle explique qu’ils veulent vraiment pas qu’on sache où elle est — remuant ses deux mains elle mime l’imprécision —, elle inspire. Elle ajoute mais que bientôt ça, ça va s’arranger.

 

Il scande bien ! enchaîne qu’à part ça, ça va bien maintenant — elle acquiesce —, rapporte qu’avec l’argent du Loft elle a acheté un trois pièces à Paris. Elle acquiesce. Il ajoute qu’elle emménage en décembre. Elle corrige mi-décembre et acquiesce. Il répète mi-décembre. Rigolant il déclare à l’adresse de la caméra qu’il le dit à leurs amis s’ils veulent pendre la crémaillère — elle complète de même et avec lui — chez Loana.

Il lui demande deux fois consécutives c’est où ? Elle lui signifie de la gorge qu’elle n’a pas bien entendu. Il répète c’est où ? Elle répond dans le seizième. Il lui demande encore mais dans quelle rue ?

Il s’écrie plusieurs fois non, elle rit, il proteste dans un brouhaha — peut-être lui enjoint-il de pas le lui dire, peut-être ajoute-t-il qu’il l’en supplie.

En même temps, il participe inaudiblement du brouhaha. Puis, il feint de deviner rue de la Pompe. Un temps. Des rires du public.

Elle et lui répètent plusieurs fois non et rient. Applaudissements du public. Le narguant à grand renfort de simagrées il déclare pas de chance !

Il applaudit.

Elle ajoute qu’elle non plus. De même il lui concède qu’on peut pas toujours viser dans le mille, hein ? Paraît très incertain qu’il ou elle ait compris.

 

Prenant un nouvel élan il déclare qu’à part ça beaucoup de presse. Il la regarde lui signifiant son tour. Elle confirme oui, pas mal. Il lui demande des problèmes avec la presse toujours ? l’apostrophe. Elle objecte trois fois, ajoute de moins en moins, bien sûr. Un temps. Elle répond qu’elle pense pas qu’ils aient vraiment matière en fait à trouver un scandale puisque… euh… jusque-là elle reste très sage — jalonnant sa réponse il acquiesce trois fois. Elle sourit ou se force à sourire. Il rapporte que dans Entrevue ils disaient : euh… — il consulte ses fiches — je suis une nymphomane quand je suis amoureuse, mais que comme elle est pas amoureuse souvent de toute façon ça prête pas à conséquence. Elle rétorque qu’elle pense qu’on l’est tous en fait quand on…

Il l’interrompt, caricaturant l’exaspération devant la porte grande ouverte qu’elle aurait enfoncée acquiesce, lui confirme que quand on baise, oui, on est un peu… il suspend sa phrase et hochant la tête martèle encore deux fois oui.

Hors champ, il rit.

Quelques rires du public. Elle objecte deux fois et rit ou se force à rire. Elle objecte une troisième fois

et se tournant de nouveau vers lui elle explique que ça veut dire à faire beaucoup… euh… faire souvent l’amour, mais que c’est quand on rencontre quelqu’un qu’on aime, bien sûr. Elle hausse le buste en prononçant ces derniers mots — traduisant du contentement probablement.

 

Ses fiches rassemblées dans une main sous ses yeux, il déclare qu’en revanche elle a un très bon article dans le magazine Photo — elle acquiesce —, qu’est un magazine très prestigieux… euh… qu’après Mondino et Bettina Rheims, ce coup‑ci c’est — elle complète avec lui — Demarchelier — elle acquiesce — qui lui a fait des photos à New York. Consultant ses fiches il scande alors ! hausse les sourcils et rapporte que Demarchelier, qu’est un grand — il enfle cet adjectif — photographe, lui a demandé de poser nue, l’apostrophe.

Il s’écrie sans déconner ?! lui intime de regarder ce qu’il a lui — Il la tutoie. — et souriant de sa propre plaisanterie lui présente le petit appareil photo numérique avec lequel il l’a photographiée précédemment.

Il rigole.

Quelques rires du public. Elle rétorque et alors ? Leurs trois voix se chevauchent. Elle demande où est le rapport ? Elle objecte, lui signale qu’elle l’a pas fait pour lui donc-euh… échappe un petit rire forcé, hausse les sourcils et prend une grande inspiration. Plan bref inocculté par le montage, lequel le figure qui regarde ses mains, ne sourit plus.

Il réitère que c’est ça, qu’elle a refusé de le faire et elle confirme qu’elle refusé, oui, de le faire. Elle rétorque qu’elle sait pas, non, explique que ça… elle balbutie brièvement — Son prénom s’inscrit pour un instant au coin de l’écran. — que ça ne lui plaît pas et qu’elle pense pas qu’elle aurait été à l’aise donc que c’est pas la peine… elle interjette mais qu’il a pas insisté, qu’il lui a proposé, qu’elle a dit qu’elle se sentirait pas à l’aise, qu’il a laissé tomber. Sans entrain, il acquiesce. Il récapitule plus qu’il ne le lui demande qu’elle veut préserver son intimité.

Flash et déclic. S’appuyant sur la table il la photographie avec son petit appareil photo numérique.

Elle reconnaît qu’une certaine petite partie, oui, bien sûr. Il acquiesce. Elle échappe le même petit rire forcé. Il lui demande pour son homme ? Opinant de la tête elle corrobore pour son homme. Il renchérit celui qu’elle va bientôt rencontrer ? Inclinant la tête de côté et haussant les épaules elle répond qu’elle espère, qu’on verra bien.

 

Jetant un œil à ses fiches il rapporte qu’elle dit que la première fois qu’elle fait l’amour avec quelqu’un, elle est obligée d’être dans le noir ; se tournant aussitôt s’exclame qu’elle est très pudique Loana ; et se tournant de nouveau vers elle, l’interpelle hein ? lui demande si c’est vrai. Elle confirme bah oui, un petit peu — elle oscille légèrement sa tête vers son épaule au rythme de sa réponse —, bah qu’elle sait pas, qu’elle…

L’interrompant il interjette hein ? lui demande si c’est vrai — elle acquiesce —, remarque comme lui ! L’une l’un face à l’autre, elle et lui rient, en même temps il rapproche d’elle sur la table sa main et elle saisit son poignet un instant avant de retrouver tous les deux leur posture d’origine.

Hors champ, couvert par leur rire il acquiesce deux fois et répète à nouveau dans le noir, oui. Elle reprend et euh… bah qu’elle sait pas. Goguenard il répète encore une fois complètement dans le noir et elle explique que la première fois elle est un petit peu gênée, ouais. Avant qu’elle achève sa phrase, il répète encore la première fois et acquiesce. Affectant un air pondéré il observe que c’est vrai que dans le Loft elle était en string et topless assez souvent, non ? Elle s’exclame ah bah, rétorque qu’elle veut dire quand ils se changeaient forcément… que faut bien passer un stade où on est tout nu pour changer de vêtement — surlignant ces deux stades elle marque un temps entre eux et balance ses deux mains d’un côté à l’autre d’elle‑même. Insistant il lui demande et si ça la gênait pas dans le Loft — il accompagne sa question par un battement de ses deux mains dans sa direction. Elle s’exclame bah, rétorque qu’elle était pas là en train de faire comme ça — elle jette ses deux mains par‑dessus leur épaule respective — sauf que sous sa douche elle était toute nue bien sûr, mais que bon quand elle se déshabillait, elle se déshabillait sur son lit.

Alors qu’elle répond, il intervient inaudiblement couvert par celle-ci, à l’exception des derniers mots : des caméras quand même, et d’un ton désapprobateur. Le montage intercale son image après qu’il a parlé, s’il n’est pas certain que l’inexpression de son visage traduise de la consternation, il ne plaisante pas.

 

Prenant un nouvel élan il l’apostrophe, annonce qu’ils vont parler de son… euh… reprend qu’ils vont parler de son calendrier — elle acquiesce de la gorge —, parce qu’il y a un calendrier Loana ! voilà mesdames‑messieurs ! Alors qu’il parle, retentit un jingle signifiant l’instant promo, vieil indicatif télé des réclames. Il présente à la caméra, cachant son visage, la couverture d’un calendrier — s’amorce un zoom avant — portant son nom et sur laquelle elle figure en bikini avec piscine, palmiers et soleil couchant. Il intime à la caméra de zoomer, de zoomer mon garçon. Il clame Loana, voilà. Il martèle le jingle qu’il réamorce en rafale sur lui-même.

En même temps, le public et lui oscillent leurs deux mains en l’air. Se joignant à eux et couverte par la musique elle lui parle indistinctement et rit — peut-être lui demande-t-elle c’est quoi ça ? ou si c’est comme ça.

Plan serré sur la couverture du calendrier.

Tous deux hors champ, elle remarque plus qu’elle ne le lui demande qu’il l’a pas vu encore. Il acquiesce.

Il s’écrie non ! intime à la cantonade d’attendre, signale que Baffie y a autre chose, répète que Baffie y a autre chose et cherchant une commande à son côté annonce que c’est ça. L’enregistrement d’une voix nasillarde commande Magnéto Serge !

De nouveau le même jingle retentit. Plan large lui consacrant une moitié du cadre, l’autre moitié figurant au premier plan, à son opposé, un petit écran témoin destiné aux intervenantes et intervenants et qui le reproduit oscillant lui aussi ses deux mains en l’air. Hors champ, elle rit. Amusé il déclare que c’est déloyal.

Il concède que c’est assez déloyal, oui.

De même il ajoute et que ça lui plaît !?

Il s’exclame ah, reconnaît qu’il aime bien ça, oui.

Elle et lui rient.

 

Il reprend qu’alors y a ce calendrier. Il scande alors, lui enjoint de leur raconter ce calendrier, l’apostrophe.

Imitant l’intervieweur amène et confident, il l’interpelle et lui réitère alors, le calendrier ? l’apostrophe. Elle balbutie brièvement

et se tournant de nouveau vers lui, elle explique que ç’a été une proposition qui lui a été faite… et euh…

De même, il l’interrompt, félicite ou interroge quelle ambition de vouloir mettre les mois dans l’ordre… lui demande alors comment… Rires du public. Elle déclare ce qui est quand même assez logique ! Il lui demande d’où est partie l’idée, quand… comment… Échappant encore le même petit rire forcé et tournant la tête, elle objecte deux fois,

reprend mais qu’on lui a proposé de faire un calendrier… chose qu’elle a trouvée très belle — il acquiesce —, et qu’elle est partie au Maroc. Il convient que c’est de belles photos, hein ? Elle acquiesce. Tandis qu’elle et lui parlent, glisse dans l’écran repoussant son image contre le bord une de ces photos, elle dans un autre bikini adossée à un mur au soleil couchant. Suivent deux autres photos, elle dans un troisième bikini assise sur le bord d’une piscine ; elle en noir et blanc debout en guêpière, la tête et les bras en arrière. Il répète deux fois non, réitère que ce sont de belles photos mais…

Plan d’ensemble. Ses deux bras tendus il l’interrompt, demande pudiques ou pas ?

Il lance le calendrier à celui-ci, haussant ses deux mains et comme dépité concède bah oui.

Il l’attrape, congratulations du public, applaudissements, elle observe appréciativement ah joli ! Il lui sourit avant de consulter le calendrier.

Il déclare qu’ils sont dans la NBA avec Laurent.

 

Affectant un ton grave il relate et que quand le tourbillon s’arrête, que quand vient le soir, seule avec son chien — il pouffe — Necker… Elle rit.

Hors champ, il demande comment y s’appelle le chien ?

Lui et elle répètent en écho Necker, il ajoute qu’il sait pas pourquoi il s’appelle Necker, lui demande pourquoi un nom d’hôpital pour un chien. Elle reconnaît qu’elle savait pas à l’époque — il s’exclame ah ouais —, explique que c’était en fait… que c’était le chien de sa tante quand elle était toute petite qu’était un énorme chien qui l’impressionnait, et euh… qu’elle a voulu remettre le prénom sur son chien — elle illustre tour à tour de ses deux mains l’antériorité de l’anecdote, la grosseur du chien et le report du nom ; jalonnant sa réponse il acquiesce trois fois. Il ponctue donc voilà, reprend que seule le soir avec son chien Necker — il marque un temps — elle redevient la Loana d’avant — il marque un temps ; elle hoche la tête, souffle qu’elle pense, oui, bien sûr — celle qui commande une grosse pizza et deux vidéos. Avant qu’il achève sa phrase, elle objecte, corrige que pas tout le temps, mais que de temps en temps elle aime bien faire ça, oui. Il acquiesce, convient mais que c’est agréable de faire ça. Elle assure que oui, bien sûr. Il lui demande si alors elle est seule le soir chez elle avec une grosse pizza et deux vidéos. Elle objecte que ça lui arrive pas tout le temps, mais qu’elle aime bien, oui — il se mord la lèvre inférieure —, se commander une grosse pizza et regarder quelques films, bien sûr. Il renchérit mais que lui aussi il est tout seul chez lui le soir avec une grosse pizza — il élève la voix, secoue la tête, ferme les yeux, crie — et deux vidéos, Loana ! — avec un petit train de retard elle complète de même et avec lui une pizza et deux vidéos ! Aussi haut et fort il proclame que c’est ridicule ça ! Alors elle paraît se retirer en arrière, son sourire le plus crispé, passe sur son avant‑bras une main qui cherche où se mettre ; un instant, elle semble perdue, chercher quelque branche à laquelle se raccrocher. Recouvrant son expression courante elle concède et conclut bon — peut‑être serre‑t‑elle la mâchoire.

 

Il proclame que voilà donc Loana cœur à prendre. Elle acquiesce de la gorge et hoche la tête, corrige qu’encore.

Se tournant et inclinant la tête vers lui elle corrige à nouveau qu’enfin même deux maintenant, hein ? Il acquiesce de la gorge. Elle corrige encore une fois qu’enfin toujours.

Il ponctue voilà, lui demande si elle peut lancer un appel, l’apostrophe, non ? Secouant légèrement la tête elle objecte trois ou quatre fois en rafale.

Condescendant, la tête légèrement inclinée de côté, il lui demande mais c’est quoi ses centres d’intérêts ? si elle aime bien courir nue au ralenti sur la plage… Des rires du public. Elle rétorque que non, pas trop et rigolant un peu ajoute qu’y fait froid en ce moment. Poursuivant il lui demande ce qu’elle aime bien, si elle aime bien les promenades en forêt, le cinéma, les pizzas… Elle interjette deux fois voilà, marmonne qu’il a tout trouvé. Il s’exclame bah, lui intime de le dire, feignant les sourcils haussés de l’informer d’un fait signifiant lui précise que c’est important pour les gens. Des rires du public. Elle cherche ses mots, réplique qu’il le fait si bien — Elle le vouvoie. —, échappe son même petit rire forcé et sourit ou se force à sourire de toutes ses dents.

 

Elle se tourne vers lui. Un creux dans la conversation. Visiblement largué, il interroge ouais ? Il avertit qu’il a pas suivi là parce qu’il a tout le monde dans l’oreillette et rit. Des rires du public. Hors champ, elle rit.

Il interjette non, explique qu’ils cherchaient un mec… euh… reprend qu’ils cherchaient un mec, quoi. Il ajoute qu’il faut qu’il aime les pizzas…

Elle explique à son tour qu’ils cherchaient son profil idéal, enfin pour l’homme… et marmonne la fin de sa phrase. Coupant court aux explications il interjette non, lui demande ce que c’est, lui intime mais de dire son type, de dire un acteur qu’ils voient un peu à quoi ça ressemble, quoi. Demandant confirmation elle répète un acteur ? Il acquiesce. Cherchant à haute voix elle échappe euh-hm… d’acteur… comme ça… et déclare Bruce Willis. Elle ajoute qu’elle aime bien Bruce Willis. En même temps, retentit un autre jingle. Applaudissements en rythme du public. Il répète et entérine Bruce Willis. Interprétant celui-qui-se-charge-de-tout il assure pas de problème, que c’est réglé. Plan d’ensemble et travelling arrière. De même il ajoute que c’est un copain.

 

Il consulte ses fiches. Il scande bien. Il interrompt le jingle et annonce que le pire est à venir, l’apostrophe. Il déclare interview expliquée à ma fille. Retentit alors un troisième jingle et s’inscrivent à l’écran les mots en lettres creuses blanches : interview expliquée à ma fille. Les lumières des projecteurs sont tamisées et le public se déchaîne. Enfin, le même titre est reporté au coin de l’écran. Il euh… l’apostrophe, lui explique que c’est sa petite fille qui parle par sa bouche. Elle acquiesce de la gorge.

Il interjette comme dans l’exorciste. Des rires du public. Elle rigole brièvement ou se force à rigoler.

Singeant le désarroi d’un enfant il l’apostrophe dis maman, la tutoyant lui demande il est où papa ? Jouant le jeu et le tutoyant, semblant s’adresser à lui autant qu’à sa fille, elle répond que papa il a pas voulu de lui/d’elle. Deux ou trois inspirations de stupeur du public. Il l’apostrophe dis maman, plissant les paupières et arquant un sourcil lui demande c’est qui Jean-Édouard ? Un temps. Elle tressaille légèrement — traduisant de la surprise et de la prévisibilité mêlées probablement —, réplique qu’elle lui montrera les cassettes, qu’il/qu’elle comprendra. Quelques rires du public. Il l’apostrophe dis maman, lui demande si elle l’aime bien Steevy. Elle acquiesce, répond qu’elle l’aime beaucoup. Il lui demande et si Baffie elle l’aime bien. Elle répond que jusque-là ça va.

Le montage intercale son image, le figure attentif à sa réponse, à laquelle il esquisse un sourire.

Elle ajoute qu’on verra plus tard. Des rumeurs suggestives du public. Il lui demande encore et Ardisson ? Elle répond très. Il s’exclame aah — mi-long — traduisant de l’aguichement.

Il lance allumeuse !

Il rit.

Rires du public. Elle lui signifie de la gorge qu’elle n’a pas bien saisi. Elle rétorque non, réaliste.

 

Enchaînant il l’apostrophe dis maman et singeant la candeur d’un tout petit enfant lui demande comment on fait les bébés. Elle échappe son même petit rire forcé, inspire, promet qu’elle lui expliquera un peu plus tard quand il/elle aura grandi. Il interjette ah bon ? il répète lui demandant confirmation qu’elle lui expliquera, l’apostrophe. Elle acquiesce et rit. Elle corrige avec emphase maman ! échappe son même petit rire forcé.

Le montage intercale son image, le figure qui baisse les yeux et tourne sa langue dans sa bouche.

Lisant sa fiche et fronçant les sourcils il l’apostrophe dis maman, lui demande pourquoi le monsieur qui vient des fois à la maison… euh… y t’embrasse sur la bouche. Un temps. Prise en défaut elle s’exclame ah, échappe son même petit rire forcé. Elle balbutie brièvement, répond parce qu’il aime beaucoup maman. Fronçant les sourcils il lui demande pourquoi on la voit plus tout le temps à la télé. Hochant la tête elle explique tendrement parce qu’elle préfère s’occuper de lui/d’elle maintenant. Il l’apostrophe dis maman, lui rapporte que le monsieur qui l’embrasse tout le temps sur la bouche — il consulte ses fiches — euh… il a fait la même chose à la baby-sitter. Elle ponctue ah. Des rires du public. Rigolant elle concède que c’est gentil de le lui dire.

Il objecte qu’y a pas de baby-sitter. Souriant jusqu’aux oreilles il semble très amusé.

De même elle annonce qu’eh bien y va plus revenir le monsieur. Riant il déclare que c’est Mindy-la-balance.

 

Puis, il l’apostrophe dis maman, lui demande s’ils/si elles vont rester toujours ensemble maintenant. Elle affirme oui. Elle ajoute bien sûr. Retentit un quatrième jingle. Applaudissements en rythme du public. Il scande voilà, remercie — Le titre de l’interview disparaît du coin de l’écran. — et clame Loana, Comme je t’aime. En même temps, il présente à la caméra, l’encadrant de ses deux mains et cachant son visage, la pochette d’un disque — zoom avant et plan serré — portant son nom suivi du titre en lettres capitales : COMME JE T’AIME, et sur laquelle elle figure agrippant son cou des deux mains et fortement décolletée. Plan d’ensemble et travelling arrière. Il avertit que c’est une chanson spécialement pour lui. Elle rit. Il ajoute que ça l’a beaucoup touché. Même plan serré sur la pochette de disque. Il clame de nouveau Comme je t’aime par Loana, mesdames‑messieurs !

 

Visionnage d’un extrait de l’émission de télévision
Tout le monde en parle,
du 1er décembre 2001, réalisée par Serge Khalfon, diffusée par France 2,
avec — par ordre d’apparition — Thierry Ardisson, Loana Petrucciani, Laurent Baffie et Steevy Boulay