Alors que la tradition française de nationalisation portait historiquement un projet planificateur sociétal en ce qui concernait l’accès à l’énergie, l’actuel marché de l’électricité en France, soumis à la logique libérale de l’UE, constitue un véritable obstacle à ces objectifs historiques. Le système aujourd’hui en place est juridiquement, économiquement, énergétiquement et socialement fragile. Il est urgent de réfléchir à un modèle viable, car l’argent public est actuellement dépensé à perte.
Le rôle de la nationalisation : un projet de société favorisant l’électricité à bas coût
Avant de présenter les problématiques générales liées au marché de l’électricité en France, il est nécessaire de s’intéresser de plus près à EDF et au contexte historique dans lequel l’entreprise est apparue. Créée par la loi du 8 avril 1946, EDF découle de la volonté de la France de nationaliser les activités de production, de distribution et de vente d’électricité, auparavant gérées par des sociétés privées.
La nationalisation a été rendue possible par les plans Monnet et Marshall avec pour objectif d’assurer l’indépendance énergétique de la France, tout en organisant ce secteur d’activité pour que les acteurs de production/distribution/vente collaborent entre eux[1]. L’objectif des deux plans susvisés a été de répondre aux problèmes de financement post-Seconde Guerre mondiale auxquels la France était confrontée dans la planification et la modernisation de ses infrastructures électriques.
La « Commission de modernisation de l’électricité [avait établi] un programme d’équipement de très grande envergure, visant à porter le potentiel de production de la France de 23,5 milliards de kWh en 1946 à 39,5 en 1951 et 40 en 1952 »[2].
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