Débat des candidats à la primaire de la gauche sur France 2 et France Inter
Sur la colère des lycéens, plusieurs candidats de la primaire ont refusé de s’étendre sur le rôle de La France insoumise et d’attaquer frontalement le parti de Jean-Luc Mélenchon, comme le fait le gouvernement et la droite, qui l’accusent d’instrumentaliser ce mouvement et d’en encourager les débordements.
“Je ne suis pas là pour commenter LFI, ils nuisent au mouvement, mais on ne va pas passer notre soirée à parler de LFI”, a lancé Olivier Faure, pour qui “il est temps de prendre conscience de ce que vivent les lycéens”. “Je les juge totalement irresponsables, mais là, le sujet, c'est l'école, c'est l'avenir des enfants, ce n'est pas LFI”, a embrayé Raphaël Glucksmann, qui critique pourtant les insoumis très régulièrement. Ségolène Royal et Emmanuel Maurel n'ont pas abordé le sujet et seul Jérôme Guedj a insisté sur les élus insoumis “qui jouent avec le feu et dévoient le combat sincère que ces jeunes sont amenés à porter”.
Les candidats à la primaire ne sont pas tous d’accord sur la manière d’aider les Français face à la flambée du prix des carburants, particulièrement visible depuis la rentrée. En la matière, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal ont exposé leur profond désaccord sur le dispositif à choisir pour répondre à cette crise. Le leader de Place publique estime qu’une aide générale “aidera de manière indifférenciée ceux qui en ont besoin et ceux qui n’en ont pas besoin” en matière de transports, alors que l’ancienne candidate à la présidentielle prône “des mesures simples et immédiates”.
Selon Ségolène Royal, que rejoint Jérôme Guedj avec la volonté de baisser temporairement la TVA sur les carburants, “il ne faut pas rentrer dans une police de la consommation” en ciblant spécifiquement certaines catégories de la population, comme les “grands rouleurs”. “Une politique qui ne cible pas, c’est ça qui fait exploser la dette, sans aider les plus vulnérables”, lui a répondu Raphaël Glucksmann.
Raphaël Glucksmann est favorable à la baisse de la contribution sociale généralisée pour augmenter les salaires et redonner du pouvoir d'achat aux Français. Ses adversaires dans cette campagne se sont opposés à cette mesure “dangereuse”, selon Ségolène Royal, car “si on transfère ce qui est actuellement financé par la CSG vers le budget de l'Etat, l'Etat dira qu'il utilisera son argent pour faire autre chose que de la protection sociale”. “Ce que tu fais est d'enjamber la difficulté, ça pourrait être une mesure très provisoire, mais ça ne peut pas être une mesure que tu proposes quand tu es candidat à la présidentielle, pour cinq ans”, a poursuivi Olivier Faure. Emmanuel Maurel, lui, a dénoncé “une usine à gaz”. “Elle rendra du pouvoir d'achat directement aux travailleurs”, a insisté Raphaël Glucksmann.
Interrogés sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella lorsqu'il était un jeune militant du RN, tous les candidats ont chargé le patron du parti à la flamme. “Il est totalement disqualifié”, a débuté Olivier Faure. Ces propos, que Jordan Bardella conteste avoir tenus, “ne devraient surprendre personne”, selon Emmanuel Maurel. De son côté, Raphaël Glucksmann s'est désolé de la “tentation au sein des élites de croire à cette banalisation” du parti, alors que Jérôme Guedj considère que “la dédiabolisation sur l'ADN” du RN, jadis le FN, “ne doit duper personne”. “Comment cette imposture a pu durer aussi longtemps ?”, s'est interrogée Ségolène Royal, favorable à ce que le dirigeant d'extrême droite démissionne de son mandat de député européen.
Au sein de l'aréopage de candidats qui ont débattu sur France 2 et France Inter, Ségolène Royal a détonné par rapport à ses concurrents en proposant de relancer le dialogue avec Vladimir Poutine, quatre ans et demi après le début de la guerre en Ukraine. Mais les autres candidats ne sont pas d'accord, à commencer par Raphaël Glucksmann, qui a fait de l'aide à la résistance ukrainienne un cheval de bataille.
Sur la partie internationale, la question du conflit israélo-palestinien ne devait pas faire partie du déroulé actualisé de l’émission, en raison d’une actualité chargée, mais Olivier Faure a insisté pour revenir sur ce sujet. Très vite, les échanges se sont concentrés sur l’utilisation ou non du mot de “génocide” pour qualifier les crimes commis par Israël dans la bande de Gaza. Aux yeux de Jérôme Guedj, qui a rappelé son combat de longue date pour les Palestiniens, “l’utilisation de ce mot de génocide participe à la ‘nazification’ de l’Etat d’Israël et rend moralement acceptable le principe, pour certains, de sa disparition”.
“Je ne crois pas que Pedro Sanchez puisse être accusé de la façon dont Jérôme vient de le faire”, lui a répondu Olivier Faure, qui ne voit pas “pourquoi on n’utilise pas les bons mots”. Le ton est ensuite monté entre le premier secrétaire du Parti socialiste et le président de Place publique. “Ton combat, a estimé Raphaël Glucksmann, c’est de nous faire utiliser un mot qui n’est pas utilisé par la Cour pénale internationale. Je vais prendre la parole et tu vas m’écouter. Ce que tu fais est largement obscène. On sait très bien ce que tu fais, toi et moi”, a affirmé l’eurodéputé, sans préciser son propos, avant de se lancer dans une anaphore sur ses “combats” en faveur de la paix au Proche-Orient.
Jordan Bardella va porter plainte contre Mediapart pour “faux et usage de faux”
Jordan Bardella contre-attaque. Alors que Médiapart a mis en ligne un article qui avance les preuves de ses accusations d’antisémitisme à l'encontre du président du RN, celui-ci réplique sur son compte X.
“Les pseudo-preuves de Mediapart sont enfin sorties : des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n’ai évidemment jamais tenus”, écrit Jordan Bardella. “Ces ‘preuves’ n’en sont donc pas et ne tiendront pas une seconde devant un tribunal”, poursuit-il. “’La prétendue ‘investigation’ s’effondre déjà”, conclut-il.
Jordan Bardella annonce avoir chargé son avocat “de déposer plainte pour faux et usage de faux, en plus de la plainte déjà déposée pour diffamation”.
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Mediapart affirme avoir pu authentifier les messages antisémites attribués à Jordan Bardella
Mediapart affirme apporter les preuves des accusations d’antisémitisme contre Jordan Bardella. Dans un article mis en ligne jeudi 1er octobre, le média d’investigation publie des captures d'écran des messages antisémites qu'aurait envoyés Jordan Bardella à une autre personne sur la plateforme Messenger en 2013.
L’interlocuteur du président du RN a demandé à Meta un téléchargement de cette conversation Messenger, dont l’extraction a été authentifiée par un huissier. “Les conversations Messenger nous ont été communiquées par deux sources différentes qui ont évolué dans l’entourage de Jordan Bardella. Ces deux personnes n’ont aucun lien entre elles”, affirme Mediapart.
Selon le journal, des éléments biographiques révélés dans les conversations par l’utilisateur du compte prouvent bien qu’il s’agissait du vrai Jordan Bardella : mère née en Italie, mention d’une interview qu’il avait accordée au Parisien en 2013, ou échec au concours de Sciences Po.
“L’extraction de la conversation permet de la dater, d’attester du fait que cette conversation n’a pas été modifiée a posteriori, et de confirmer que l’interlocuteur de la conversation est référencé par Meta/Facebook sous le nom Jordan Bardella”, assure Mediapart. “L’analyse de son contenu permettant de vérifier qu’il s’agit bien du véritable Jordan Bardella”.
Matignon qualifie le mouvement de blocage des lycées de “manœuvre organisée par LFI”
Ce serait une “manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche”. A l'issue d'une cellule interministérielle de crise, les services du Premier ministre ont estimé que le mouvement de blocage des lycéens, rejoint par les étudiants, avait basculé vers des “violences urbaines” en s'appuyant sur un “constat des services de renseignement”. En tout, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, selon une source sécuritaire.
En réponse, Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, interrogé par l'AFP, a aussitôt appelé le gouvernement “à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l'infantilisation des lycéens”. “Ce mouvement spontané est né d'une exaspération face à des conditions d'éducation absolument indignes. Il est temps que le Premier ministre renonce à jouer la stratégie du pourrissement et de la provocation”, a ajouté Manuel Bompard.
Réélection de Gérard Larcher à la présidence du Sénat
Après les élections sénatoriales, l’arrivée d’un groupe RN et d’un élu LFI amène une réelle nouveauté dans la Haute Assemblée. Pourtant, Gérard Larcher, candidat à la présidence du Sénat, a été réélu dès le premier tour, lors de la première séance de la nouvelle mandature. Les sénateurs LR et centristes qui le soutiennent ayant conservé leur majorité, il s’agissait d’une formalité. Il occupera donc la présidence du Sénat jusqu’en 2029.
Les groupes d'opposition ont présenté un candidat pour la forme, mais s'accommodent de la reconduction du président actuel. “Sa réélection ne nous pose pas de problème, car il respecte l'opposition. Pour nous, c'est un non-événement politique”, commente un sénateur socialiste.
Gérard Larcher semble faire partie des meubles. Elu au Sénat la première fois en 1986, il préside l’institution depuis 2008, hormis une interruption de trois ans entre 2011 et 2014 lorsque la gauche était majoritaire. Mais beaucoup d’observateurs considèrent que ce nouveau mandat sera également son dernier, même s’il n’a pas indiqué ce qu’il comptait faire dans trois ans, lors des prochaines élections. Il aura alors 80 ans.
Dans une interview au Parisien, Gérard Larcher a donné rendez-vous au mois de janvier aux trois candidats du centre et de la droite pour trouver une solution et éviter la multiplicité des candidatures.


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