La France emprunte à 4,85 %, un niveau inédit, et le gouvernement a trouvé où chercher l’argent : dans les pensions au-delà de 1 260 euros. Pendant ce temps, des adolescents prennent des tirs de lance-grenade et un chef étoilé dresse une table cinq étoiles pour des chiens. Chacun de ces faits est vérifiable. Ensemble, ils dessinent un régime qui a cessé de se cacher.
Une jeunesse qu’on matraque
Tirs de lance-grenade Cougar, LBD sur des adolescents, charges à cheval, étranglements : le répertoire est celui qu’on a déjà vu sur les ronds-points, appliqué cette fois à des mineurs. Le bilan de Laurent Nuñez tient en chiffres : 356 établissements concernés, 83 membres des forces de l’ordre blessés, entre 625 et 645 interpellations. Six cent vingt-cinq jeunes interpellés, ce n’est pas du maintien de l’ordre, c’est un changement de régime. Ce que je reproche au ministre de l’Intérieur est simple : deux mineurs gravement blessés, et il est toujours à son poste. Une lycéenne de 14 ans dit avoir été étranglée par un policier lors d’un blocus au lycée Navarre, un adolescent a été touché au visage par un tir filmé, et l’IGPN a maintenant l’occasion de montrer à quoi elle sert. Je n’excuse pas les lycées incendiés. Mais l’apprentissage politique du refus, du « stop », c’est ce que dix ans de néomanagement macroniste ont enseigné à cette génération, et Macron lui répond par une plateforme de doléances, copie conforme du grand débat des gilets jaunes, sans un mot sur les violences policières. « Avant de vouloir protéger les enfants des écrans, il faudrait peut-être les protéger de la police de Macron. »
▶ 08:00 — Pourquoi je me range du côté des lycéens
▶ 13:07 — 645 interpellés : la « juste mesure » de Nuñez
▶ 17:57 — Le témoignage d’une lycéenne de 14 ans
▶ 27:01 — Macron en Espagne et sa réponse aux jeunes
La caisse est vide, sauf pour les chiens
Le Premier ministre avait écarté fin août toute baisse du plafond de l’abattement de 10 % et toute désindexation des pensions. Le budget propose les deux. Premier acte du mécanisme : on demande des efforts aux retraités en année électorale, ce qui, dans la bouche d’un pouvoir, veut dire qu’on est à l’os. Deuxième acte : sur 10 milliards de dépenses gelées, la défense est exemptée, la guerre se finance donc avant les pensions. Autour, le décor s’effondre : fuites de données à l’ANSSI, à Tracfin, à la DGFiP, chez Fiducial et SFR, une dette à plus de 3 500 milliards, des patients sur des brancards dans les couloirs. Le rédacteur en chef du Parisien en tire un édito qui cherche partout les causes, sauf les évidentes : les moyens manquants, les milliardaires peu taxés, l’argent versé à l’Ukraine et à l’industrie d’armement. Et au même moment Thierry Marx cuisine pour une marque de croquettes, quand des gens qui travaillent ne mangent pas à leur faim. J’aime les animaux, et aucune marque ne me paie. Mais cette soirée a des airs de Hunger Games, de décadence de fin d’empire. On a quelques années d’avance sur la dystopie.
▶ 04:16 — Piratages en série, dette à 5 % : la faillite
▶ 38:00 — Budget : les retraités passent à la caisse
▶ 34:52 — Lits brancards : les causes que l’édito oublie
▶ 24:00 — Thierry Marx, les chiens et ceux qui ne mangent pas
La guerre, vieille sortie de secours
Quand un système est bloqué, la guerre est la porte de service classique : elle suspend les comptes, les colères et les questions. Regardez alors ce qu’a dit un responsable lituanien à Mark Rutte, le patron de l’OTAN : il n’y a aucune preuve d’une attaque russe imminente. Aucune. Lavrov a répondu par la « guerre hybride », formule commode qui rend toute absence de preuve suspecte en soi. Quant au vol Flydubai, je n’y vois qu’un bénéficiaire possible, Netanyahou. Voilà pour la menace qu’on brandit pour justifier des milliards que l’on refuse aux hôpitaux et aux retraités.
▶ 42:00 — Lituanie devant Rutte : « aucune preuve »
La colère, thème central de 2027
Factieux, non vaccinés, banlieusards, complotistes, populistes, smicards : le pouvoir a une étiquette pour chaque mécontent, et l’étiquette dispense de répondre. Même mécanique chez les gardiens de la bienséance, qui expliquent qu’on ne débat pas avec untel, puis, par glissement, avec une garbure, un teckel, une batte ou une peluche Lidl qui fait pouet pouet. La bienséance est le dernier refuge de ceux qui n’ont plus d’arguments. Je crois que la colère sera le sujet de 2027 parce que le pouvoir la craint, et que les jeunes d’aujourd’hui prolongent les gilets jaunes d’hier. Si les jeunes font ce qu’ils font, c’est parce que les gilets jaunes ont fait ce qu’ils ont fait avant. Pueblo unido.
▶ 00:00 — « Ça va péter » : les étiquettes du pouvoir
▶ 49:00 — « La France sombre » : transformer la colère
▶ 52:02 — « On ne débat pas avec... »
On ne gouverne pas longtemps contre sa jeunesse en lui faisant payer la facture, et on ne la fera pas taire en la traitant de factieuse.
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DEMAIN MATIN EMISSION SPECIALE AVEC FRANCOIS BOULO ET JUAN BRANCO
EDITO
On cherche des meneurs dans les lycées, ils sont sur le marché obligataire
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