«86 000 exemplaires vendus/Lauréat en 1986 de la “Before Columbus Foundation American Book Prize” » tels sont les mots qui ornent la vignette jaune sur la couverture de This Bridge Called My Back, Writings by Radical Women of Color. Il s’agit d’un exemplaire de la deuxième édition du livre paru en 1983 et de sa dixième réimpression.

L’ouvrage a été publié pour la première fois en 1981 à l’initiative des écrivaines et activistes Cherríe Moraga et Gloria Anzaldúa par Persephone Press Inc, une maison d’édition indépendante située à Watertown dans le Massachusetts. Persephone Press cesse son activité en 1983 alors que le livre est épuisé. Après plusieurs mois de négociations, Moraga et Anzaldúa récupèrent les droits et Kitchen Table : Women of Color Press of New York s’engage à le publier.
Kitchen Table Press est fondé en septembre 1981 par Barbara Smith, hattie gossett, Audre Lorde, Myrna Bain, Mariana Romo-Carmona, Fay Chiang et Cherríe Moraga dans la volonté collective de faire exister des ouvrages écrits et portés par des femmes de couleur et lesbiennes. Le nom des éditions renvoie à la cuisine ; socialement et historiquement située, elle est le lieu de l’expression orale et de la communauté. Dans la quatrième partie portant sur la culture, la classe et l’homophobie, un chapitre s’intitule « Autour de la table de la cuisine, un dialogue entre sœurs ». Il propose la transcription d’une longue conversation entre les écrivaines activistes Barbara Smith et Beverly Smith (p. 219-243) qu’elles consacrent à une analyse des expériences où leur appartenance sociale, leur origine culturelle et leur orientation sexuelle ont été malmenées, affirmant par là le rôle indispensable de leur agentivité. Le projet de Kitchen Table Press a l’ambition de toucher un vaste lectorat de personnes de couleur et de personnes queer, ouvrant une parole poétique, littéraire et militante au monde entier. Dès 1983, le succès de This Bridge Called My Back (dont le nombre d’exemplaires vendus dépassait les 100 000 en 2021) confirme l’intuition des éditrices alors que la troisième édition révisée de l’ouvrage est publiée chez Third Women Press en 2002. Sur la couverture est reproduite l’œuvre Body Tracks (1974), une performance d’Ana Mendieta (1948-1985). L’artiste cubaine-américaine, les mains teintées de peinture rouge, plaque son corps habillé contre une large surface de papier, déploie les bras et laisse une empreinte de ses paumes qu’elle tire jusqu’au sol pour former deux courbes ensanglantées.
This Bridge Called My Back est un recueil unique à la portée révolutionnaire. Traduit aujourd’hui en français quarante-cinq ans après sa sortie, l’ouvrage garde une fraîcheur remarquable. Présentant impeccablement ses intentions et la façon dont elle a mené la traduction, Noémie Bannerot-Polverini, à l’origine du projet et de la proposition, affirme avoir opté pour une position située. Également situé est le point de vue à partir duquel les trente autrices de ce livre iconique se dévoilent et s’affirment, créant par leurs écrits aux formes multiples (essai, entretien, lettre, poème, manifeste) des voix plurielles qui résonnent dans leurs différences créant une unité. Ce qu’on appelle en anglais togetherness révèle autant la méthodologie des luttes que la composition du recueil. Celui-ci affirme un engagement intersectionnel où les questions de racisme, de classisme, de sexisme et d’homophobie sont envisagées en lien à une réalité vécue, notamment celle du rejet auquel font face les femmes de couleur dans une société patriarcale mais aussi dans le cadre des mouvements féministes blancs de la classe moyenne ou privilégiée.
On le sait, mais on ne le souligne sans doute pas assez, le féminisme blanc n’a pu, avant au moins la fin des années 1970, admettre pleinement la cause des femmes de couleur. Dans son fameux texte « Les outils du maître ne démoliront jamais la maison du maître», qu’elle prononce en 1979 lors du colloque international organisé à New York à l’occasion du trentième anniversaire du Deuxième Sexe (1949) de Simone de Beauvoir, Audre Lorde affirme : « C’est le signe d’une arrogance tout universitaire que de prétendre discuter de la théorie féministe à notre époque et en ce lieu sans examiner nos nombreuses différences et sans une contribution significative des femmes pauvres, des femmes noires et du Tiers Monde, ainsi que des lesbiennes. Et pourtant, je me tiens ici en tant que lesbienne noire féministe, ayant été invitée dans le cadre de la seule table ronde de cette conférence où l’apport des féministes et lesbiennes noires est reflété. Ce que cela dit sur la visée de cette conférence m’attriste, dans un pays où le racisme, le sexisme et l’homophobie sont indissociables » (p. 197). Le texte est inclus dans l’ouvrage, concluant la troisième partie consacrée au « racisme dans le mouvement de libération des femmes ». Comme le rappellent Cherríe Moraga et Gloria Anzaldúa, la célébrité d’Audre Lorde et de l’écrivaine Toni Cade Bambara, qui signe l’avant-propos, rendent possible l’existence de cette publication chez Persephone Press. La volonté endurante d’accorder une visibilité aux combats contre les discriminations des femmes africaines-américaines, asiatiques-américaines, latina-américaines, juives-latina-américaines, juives-américaines, natives-américaines se déploie à chaque page de l’ouvrage. Le titre en français, Ce pont, mon dos, devenu plus abstrait que This Bridge Called My Back, renforce le sens des deux mots, faisant peser de façon quasiment visuelle la dualité qui s’en dégage.
L’écriture a un ton. Quand on lit les pages à voix basse, en murmurant les phrases afin de faire résonner le son des mots, cherchant à saisir le rythme, cherchant à reprendre son souffle entre les virgules et les points, le caractère haletant de la lecture se fait encore plus physique. La deuxième partie s’intitule d’ailleurs « Entrer dans la vie des autres. La théorie dans la chair ». Est-ce le caractère politique d’une esthétique de la langue qui se joue dans ces pages ? Le langage et les formes d’expression multilingue qui les traversent proposent des sonorités variées et des possibilités de saisir ce qui se joue, ou plutôt s’est joué, avant que ces voix s’élèvent contre les silences et les non-dits. En cela, Ce pont, mon dos est, comme le souligne Cherríe Moraga dans sa préface de 2021, un relais, un pouvoir politique qui continue de rassembler les engagements militants et les puissances poétiques. La place de la correspondance dans l’ouvrage confirme que la lettre permet d’écrire ce sur quoi on ne peut écrire, de décrire ce que cela fait de vouloir exister pour ce qu’on est. La langue se délie. Écrire une lettre est aussi le moyen de communiquer avec les personnes qu’on aime comme le soulignent ces mots bouleversants : « Ces pages révèlent sans cesse le véritable sentiment de perte et de douleur que nous ressentons lorsque nous sommes reniées chez nous en raison de notre désir de nous libérer en tant que femmes à part entière. Nous nous tournons alors les unes vers les autres pour trouver la force et la subsistance. Nous nous écrivons sans cesse des lettres. » (p. 208) Ce sont des lettres d’amour, des lettres de colère, des lettres poétiques, des lettres personnelles et politiques à la fois.
Le contenu de l’ouvrage est habité par le terme « radical » dont le sens en anglais souligne un engagement politique sans compromis. La première partie a pour titre « Les rues de notre enfance, là où notre radicalisme a pris racine » appuyant au sens propre l’étymologie du mot « radical ». Celui-ci est aujourd’hui prisonnier, même en français, de critiques régressives où celles et ceux qui s’expriment par la littérature, l’art, l’histoire, la théorie et la critique sont défini·es sans que soit prise en compte leur indignation face aux injustices, répressions et discriminations. Il faudrait se taire pour éviter d’être étiqueté·es. En prenant appui sur celles qui ont écrit This Bridge, on comprend toutefois que parler et écrire, dire et créer sont des expressions nécessaires pour éviter d’être muselé·es.
En cela, la traductrice du livre a opté comme sous-titre pour « voix de femmes de couleur étatsuniennes radicales » là où l’original indique « écrits de femmes de couleur radicales ». Si l’ajout d’« étatsuniennes » enserre un peu l’identité ouverte qui est revendiquée, le fait que ce soit par l’écriture que les voix s’expriment a son importance. En lisant un texte, on peut aussi se l’approprier en entendant sa propre voix ; les voix de celles qui ont écrit et celles qui lisent s’unissent. Un sentiment de puissance chorale s’élève des pages. Dans son avant-propos à la première édition en 1981, Toni Cade Bambara cite les langues et les accents à l’origine de ces voix : « Pied-Noir amiga Nisei hermana SoufSistuh campagnarde montée à la ville sœur banlieusarde du Barrio Coréenne Lakota du Bronx Chicana de la réserve Menominee Cubana Chinoise Puertoriqueña campañera et un partage de lettres témoignages poèmes interviews essais entrées de journal Sœurs de l’igname Sœurs du riz Sœurs du maïs Sœurs de la banane plantain se téléphonant les unes autres. Et nous sommes toutes en ligne » (p. 35). Aucune ponctuation ne scinde les nombreuses spécificités culturelles, au contraire, des espaces de respiration les font résonner ensemble. « Nous sommes toutes en ligne », magnifique image pour renforcer, au présent, l’énergie du collectif et donner à la solidarité toute sa nécessité. Cette pluralité culturelle est aussi celle qui se retrouve dans une même personne, à la croisée de plusieurs langues et origines reliées.
Dans son texte « Je suis ce que je suis », Rosario Morales, qui en signe trois dans l’ouvrage, écrit : « une personne qui faisait des langues son métier m’a arrêtée dans le métro pour me dire que mon accent était un régal pour ses oreilles de linguiste c’était un mélange de yiddish et d’espagnol et d’anglais raffiné d’universitaire et d’irlandais » (p. 74). Rosario Morales (1930-2011), féministe formée à l’anthropologie, communiste portoricaine de New York vivant à Cambridge, Massachusetts, porte en elle les multiples strates culturelles au sein desquelles elle a grandi et étudié. C’est elle qui affirme aussi dans sa note biographique « aujourd’hui, je romps le “silence” de toute une vie pour écrire ». La quatrième partie du livre s’intitule précisément « Parler en langues. L’écrivaine du Tiers Monde », soulignant avec vigueur là où s’énoncent les idées.
L’émancipation permise par l’aventure This Bridge Called My Back est rappelée par Cherríe Morroga et Barbara Smith dans l’entretien qu’elles accordent à Lorraine Sorrel après une lecture publique du livre à Washington au printemps 1982. Les deux femmes racontent l’origine du titre qui naît à l’issue d’un symposium sur le racisme, organisé par des féministes, surtout blanches, dont elles sortent physiquement exténuées. Moraga s’écrie « j’en ai assez d’être le pont de quelqu’un·e ! », ce à quoi Smith répond « Eh bien, un pont est fait pour être traversé ». Moraga partage l’idée du titre This Bridge Called My Back avec Gloria Anzaldúa, sa camarade avec qui elle pense l’ouvrage, qui acquiesce immédiatement.
Publiée dans le magazine féministe Off Our Backs, dont le titre en soi résume une irritation profonde contre les harcèlements divers et variés vécus par les femmes, l’interview « this bridge moves feminists » ouvre à la nécessité de concevoir l’ouvrage comme un outil fonctionnel. Le pont est une jonction entre plusieurs états ambivalents qui sont décrits par Moraga d’une part comme une plaie, « être un pont est très douloureux, cela fait mal aux muscles », d’autre part comme une jonction « le pont est une extension, un geste, une connexion plutôt qu’une rupture ». Dans le même temps, le dos est un bouclier, le pont un passage que l’on s’octroie. L’autrice ajoute « Toute l’idée est là, de rendre la chose physique, une théorie dans la chair. Nous parlons vraiment d’un mouvement physique. Nous parlons de nos corps et de la survie de nos espèces[1] ». Elle ajoute « le féminisme du Tiers Monde parle de la nécessité vitale de comprendre ses racines et comment elles influencent toute la vie ». Cette « théorie dans la chair » est décrite aussi dans l’ouvrage par une déclaration puissante : « c’est une théorie où les réalités physiques de notre vie – notre couleur de peau, la terre ou le béton où nous avons grandi, nos désirs sexuels – fusionnent pour créer une politique née de la nécessité. Ici, nous tentons d’établir un pont entre les contradictions de notre expérience » (p. 85).
La force motrice du livre est également soulignée par Moraga et Anzaldúa dans leur introduction quand elles présentent les six parties composant l’ouvrage, qui « visent à refléter ce que nous estimons être les principaux domaines de préoccupations des femmes du Tiers Monde aux États-Unis en ce qui concerne la formation d’un mouvement politique de grande envergure » (p. 55).
Ce pont, mon dos est un outil pour penser l’état du monde, il permet d’appréhender les enjeux des histoires coloniale, impériale, esclavagiste, capitaliste et les différentes formes de luttes d’émancipation mises en place par les féministes de couleur dans leurs expressions textuelles et vocales. La notion de « Tiers Monde » utilisée de façon récurrente dans l’ouvrage provient d’un vocabulaire politique issu des décolonisations à la suite de la conférence de Bandung en 1955 où une « troisième voie » se définit, celle du mouvement des non-alignés dont la première édition se tient lors de la conférence de Belgrade en 1961. Fondée en 1966, la revue Tricontinental est l’organe de l’Organisation de solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine (O.S.P.A.A.A.L.)[2]. Dans le contexte étatsunien, les femmes du Tiers Monde sont celles issues des cultures minorées et invisibilisées en raison de leur couleur de peau, de leur origine sociale, de leur statut de migrante, de leur appartenance à une histoire de violence, d’exploitation et de dépossession.
This Bridge Called My Back a été précédé dans le monde de l’art contemporain par des événements importants qui anticipent et préparent ce qui se joue dans l’anthologie. En septembre 1980, une exposition propose une réflexion qui est largement en écho avec celle qui ponctue les pages du livre. « Dialectics of Isolation, An Exhibition of Third World Women Artists of the United States » ouvre à la galerie féministe A.I.R à New York, les trois commissaires sont des artistes, Ana Mendieta, Kazuko Miyako et Zarina (Zarina Hashmi choisit après son divorce de ne plus utiliser son nom de femme mariée). Deux ans plus tôt, en 1979, le huitième numéro de la revue Heresies A Feminist Publication on Art and Politics est consacré à ces mêmes questions sous l’intitulé « Third World Women, the politics of being other ». Zarina est l’une des codirectrices du numéro, son expérience d’artiste indienne postcoloniale lui permet de penser la question du Tiers Monde depuis une position historique spécifique. La même année, la déclaration du Combahee River Collective, « A Black Feminist Statement », est publiée. Repris (p. 364-378) et commenté dans This Bridge Called My Back, le texte est une référence et un point d’appui important pour les féministes de couleur. Dans son introduction au catalogue de l’exposition « Dialectics of Isolation », Ana Mendieta écrivait : « Existons-nous ? Questionner nos cultures, c’est questionner notre propre existence, notre réalité humaine », faisant là encore se croiser les expériences d’invisibilisation avec la nécessité de les rendre visibles et visuelles.
Jusqu’en 2015, seuls des dessins originaux de Johnetta Tinker ouvraient chacune des six parties de l’ouvrage. À partir de cette date, et la sortie de la quatrième édition fêtant les trente-cinq ans de la publication, une note précise que sont intégrées « huit œuvres d’art créées par des femmes de couleur étatsuniennes et datant de la période de création de Ce pont, à savoir la fin des années 1970 et le début des années 1980 » (p. 463). Parmi ces artistes, Ana Mendieta, avec son œuvre Body Tracks, déjà mentionnée, mais aussi Theresa Hak Kyung Cha (1951-1982) dont une célèbre photographie de sa performance Aveugle Voix, réalisée dans l’espace alternatif « bluxome Street » de San Francisco en 1975, ouvre la partie « Parler en Langues. L’écrivaine du Tiers Monde » (p. 294). Cha est une artiste coréenne-américaine, également poète dont l’œuvre magnifique se déploie au sein de plusieurs médiums, incluant la vidéo et la performance. Dans Aveugle Voix, elle déroule une large bannière de tissu blanc sur laquelle se détachent en noir des mots en français et en anglais « Words », « Fail », « Me », « Sans », « Mot », « Sans », « voix », « Sans », « aveugle », « Geste ». Sur la photographie publiée dans l’ouvrage, elle est accroupie au-dessus de la bannière, elle vient de se nouer sur les yeux un bandeau où on lit le mot « VOIX » alors qu’elle se bâillonne d’un bandeau sur lesquelles les lettres composant le mot « AVEUGLE » se détachent. « Aveugle voix » que l’on entend bien sûr comme « Aveugle voit », c’est-à-dire que la vue et la voix fusionnent, que la voix permet de voir.
Faire référence à Ana Mendieta et à Theresa Hak Kyung Cha dans This Bridge Called My Back bien après leur disparition est rendre hommage à deux immenses artistes mais aussi à deux femmes de couleur qui sont décédées de façon violente. Ana Mendieta est morte en 1985 défenestrée du 34e étage de son immeuble de Soho à la suite d’une querelle avec son mari, célèbre artiste minimaliste qui a été disculpé ; Theresa Hak Kyung Cha est morte en 1982, violée et assassinée par un inconnu à New York alors qu’elle venait de s’y installer la même année avec son mari après avoir quitté la baie de San Francisco. Les outils politiques qu’offre Ce pont, mon dos vont de pair avec la réalité de la vie des femmes, des violences et des féminicides qui les frappent encore.
La traduction en français de ce livre phare est un réel événement qui permet de prolonger ce qu’il affirme, à savoir la nécessité de poursuivre les luttes inclusives en respectant toutes les différences. Quand les crimes racistes, sexistes, homophobes et transphobes restent impunis et les victimes bafouées, quand les politiques migratoires, notamment aux États-Unis et en Europe pour ne citer qu’elles parmi d’autres, sont des manquements absolus au respect des droits fondamentaux des femmes, des enfants et des hommes à circuler librement, quand ces mêmes politiques migratoires attisent le sentiment de peur et de haine des « autres », quand des gouvernements d’extrême droite les stigmatisent pour mieux les contrôler et les dénigrer, quand des populations entières sont déplacées, violentées, tuées, quand le climat brûle au sens propre et au sens figuré, nous sommes bien, toujours et encore, ce que Cherríe Moraga nomme des « réfugié.es d’un monde en feu », debout, lucides.
NDLR – Trois textes du recueil ont été prépubliés dans nos colonnes en décembre 2025, ici.
Gloria Anzaldúa et Cherríe Moraga (dir.), Ce pont, mon dos, traduit par Noémie Bannerot-Polverini, Éditions Cambourakis, janvier 2026, 496 pages.
[1] Lorraine Sorrel, Cherríe Moraga, Barbara Smith, Deb Morris and Gloria Anzaldúa, « Interview : this brigde moves feminists », Off Our Backs, vol. 12, n°4, 1982. Le magazine Off Our Backs a été publié entre 1970 et 2008 devenant le périodique féministe ayant eu la plus longue durée de parution.
[2] Voir pour une description de la revue Tricontinental. À noter que la cinéaste française Sarah Maldoror (1929-2020) était engagée dans le mouvement tricontinental.


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