Donald Trump minimise l’initiative multinationale pour sécuriser le détroit d’Ormuz
Le président américain est arrivé au sommet du G7 à Evian, fort d’un accord conclu la veille avec l’Iran et censé permettre de rouvrir “complètement” le détroit d’Ormuz. Lors d’un échange avec Emmanuel Macron, Donald Trump a aussitôt minimisé l’initiative multinationale que Paris entend pousser, afin de contribuer à sécuriser ce passage stratégique.
Donald Trump a fait mine de prêter peu d’intérêt à cette force multinationale, que Paris et Londres proposent de déployer pour déminer le détroit et sécuriser sa réouverture. “Je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d’aide”, a-t-il lancé. “Mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée d’avoir un bateau ou deux de quelques pays, votre pays serait très bien pour cela, car on ne sait jamais”, a-t-il ajouté, tout en ayant un mot gentil pour “Emmanuel”, “un ami spécial”.
À ses côtés, Emmanuel Macron a réitéré son “offre” pour “aider”, tout en reconnaissant qu’une telle aide ne sera peut-être “pas souhaitée” ni “nécessaire”. Il avait auparavant assuré que le porte-avions français Charles-de-Gaulle pourrait être “déployé dans les deux ou trois jours” dans la zone, en cas de feu vert américano-iranien.
Benyamin Nétanyahou affirme que l’armée israélienne restera à Gaza, au Liban et en Syrie
Benyamin Nétanyahou réagit à la conclusion d’un accord entre Washington et Téhéran. Le Premier ministre israélien, qui avait lancé l’offensive contre l’Iran fin février avec les Etats-Unis, a affirmé que l’armée israélienne resterait à Gaza, au Liban et en Syrie “aussi longtemps que nécessaire”.
“Nous avons établi de larges zones de sécurité autour d’Israël. Nous l’avons fait à Gaza, au Liban et en Syrie”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. “Je tiens à le dire clairement : nous resterons dans ces zones de sécurité aussi longtemps qu’il le faudra pour protéger notre pays.” Israël est engagée depuis des mois dans des opérations militaires dans la bande de Gaza, au Liban et en Iran.
“Le plus important, c’est que nous avons sauvé l’Etat d’Israël de la menace d’un anéantissement nucléaire”, a également déclaré le dirigeant lors de cette conférence de presse au cours de laquelle il a défendu son bilan et les opérations militaires israéliennes.
Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.
Blocage des dernières IA d’Anthropic par le gouvernement de Donald Trump
La startup Anthropic a annoncé que “le gouvernement américain, invoquant ses pouvoirs en matière de sécurité nationale, a émis une directive de contrôle des exportations pour suspendre tout accès aux IA Fable 5 et Mythos 5 par tout ressortissant étranger, qu’il se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur des Etats-Unis”. “Pour se soumettre à cette décision”, Anthropic a annoncé couper l’accès à Fable 5 et Mythos 5 “pour tous les consommateurs”.
Le gouvernement américain n’a pas communiqué publiquement sur le sujet. C’est le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, qui a envoyé la directive. La Maison Blanche s’est décidée après avoir demandé une analyse de Fable 5 auprès d’Amazon. L’entreprise aurait réussi à accéder à la version débridée de Fable, Mythos, qu’Anthropic avait pourtant présenté comme une menace pour la cybersécurité mondiale. Amazon a ainsi contourné les blocages ajoutés à Fable avec des techniques de manipulation (surnommées “jailbreaks”) et a pu utiliser l’IA pour trouver des failles informatiques à exploiter lors de cyberattaques.
Anthropic dit trouver ces justifications insuffisantes. La startup soutient que “la lettre de l’administration Trump ne fournissait pas de détail spécifique sur les inquiétudes en matière de sécurité nationale” et que d’autres modèles d’IA accessibles facilement peuvent trouver les mêmes failles informatiques. De plus, la startup rappelle qu’aucun “jailbreak” ni aucune sécurité ne sont parfaits, pour ses IA comme pour celles des autres.
Anthropic a une relation plus que mouvementée avec la Maison Blanche. En février, le département de la Défense américain demandait à pouvoir utiliser ses IA sans garde-fou et pour “tous les usages légaux”, y compris militaires, mais Anthropic avait refusé certaines utilisations. En réponse, l'administration Trump avait attribué à Anthropic le statut de “risque lié aux chaînes d'approvisionnement”, une première pour une entreprise américaine, qui limite drastiquement l'utilisation de ses produits par l'Etat fédéral.
“Il y a trois mois, le département de la Défense a expulsé Anthropic de ses locaux pour toujours et chaque jour qui passe prouve que c’était la bonne décision”, a réagi sur X le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth. Un responsable du gouvernement, sous couvert d’anonymat, affirme que la restriction pourrait durer le temps que le gouvernement fédéral renforce ses défenses, avant une possible levée des restrictions dans les prochaines semaines.
“Nous estimons qu’il s’agit d’un malentendu et nous travaillons à restaurer l’accès dans les plus brefs délais”, écrit Anthropic. De nombreux entrepreneurs américains spécialistes de la cybersécurité ont signé une lettre ouverte pour convaincre l’administration Trump de revenir sur sa décision.
En Hongrie, les parlementaires inscrivent la limitation du mandat du Premier ministre dans la Constitution
En Hongrie, les parlementaires ont voté à une écrasante majorité l’inscription dans la Constitution d’une limite de huit ans pour l’exercice de la fonction de Premier ministre. Le texte, une promesse de campagne du conservateur pro-UE Peter Magyar, a été adopté grâce à la majorité constitutionnelle dont dispose le parti Tisza au Parlement.
Cet amendement prévoit de plafonner à huit ans, consécutifs ou non, l’exercice de la fonction. Il a été voté par 135 voix pour, 50 contre et six abstentions. Pour le nouveau chef du gouvernement, cette réforme constitue l’un des éléments centraux de son programme visant à “rétablir l’État de droit” en rééquilibrant les institutions.
“Un pouvoir illimité finit toujours, dans n’importe quel système démocratique, par perdre tout sens de la retenue”, avait-il justifié en évoquant son prédécesseur nationaliste. Le parti Fidesz de Viktor Orban, qui siège désormais dans l’opposition, s’est opposé à toute limitation, arguant qu’elle pourrait restreindre la volonté populaire.
La nouvelle loi n’exclut pas complètement un retour de Viktor Orban au pouvoir. Elle pourrait être révoquée à l’avenir par une nouvelle modification de la Constitution, nécessitant une majorité qualifiée des deux tiers au Parlement.
Manifestations à Paris et devant plusieurs tribunaux pour une loi intégrale contre les violences sexuelles
Promettant d’être présents tous les lundis pour clamer leur colère, plus d’un millier de manifestants se sont rassemblés devant le ministère de la Justice, à Paris, et devant plusieurs tribunaux ailleurs en France. Ils sont déterminés à se battre jusqu’à l’obtention d’une “loi intégrale” contre les violences sexuelles.
Une coalition féministe et de défense des enfants, qui regroupe 150 associations et syndicats, avait appelé à des rassemblements devant “tous les tribunaux”. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Bordeaux, comme à Toulouse et environ 200 à Lille.
La coalition prévoit également une grande manifestation à Paris le 4 juillet. “Nous exigeons une loi intégrale, avec des moyens”, a expliqué à l’AFP Solène Podevin, présidente de l’association Face à l’inceste. “La mobilisation continuera tant que l’examen de cette loi ne sera pas intégré à l’agenda parlementaire”, a-t-elle assuré.
Une proposition de loi intégrale, comprenant 79 articles, avait été déposée fin 2025 et cosignée par une centaine de députés, mais elle n’a jamais été examinée. Les mesures proposées couvrent divers domaines : justice, police, protection des enfants, santé, travail...


.webp)

