Un lycéen de Lens a perdu une main, et le gouvernement répond par dix millions de barils de diesel. Au bout du calcul, cela fait entre douze et dix-huit centimes de moins au litre. Il y a un an à peine, le pouvoir promettait « cent jours d’apaisement, d’unité, d’ambition et d’action ». On voit où ils nous ont menés.
Des voitures de police lancées sur des lycéens
Les images tournent en boucle : des véhicules de police qui foncent sur des gamins, une jeune fille interpellée pour une pancarte, un motard qui filme et qu’on contrôle à son tour, sans qu’aucune infraction soit citée. Œil, main, mâchoire : on aurait pu compter des morts. Devant les députés, Laurent Nunez a sorti le vocabulaire qui sert à tout, « proportionnalité », « mise à distance », un binôme pour encadrer le LBD, et même la comparaison avec les Manifs pour tous. Ce que je lui reproche, c’est de présenter comme une doctrine du maintien de l’ordre ce qui ressemble à une consigne politique, et c’est pourquoi je dis qu’il devrait partir, sans me faire d’illusions : un ministre macroniste ne démissionne jamais. Le syndicaliste policier qui se plaint d’être le bouc émissaire a raison sur un point : la responsabilité remonte au commandement et au ministre. Reste une porte de sortie pour ceux qui portent l’uniforme : cesser de taper, et se ranger du côté de la jeunesse.
▶ 7:22 — Voitures béliers contre lycéens : Nunez doit-il démissionner ?
▶ 12:49 — Nunez devant les députés : « mise à distance » et LBD
▶ 18:05 — Les policiers se disent lâchés : « rejoignez les lycéens »
Dix millions de barils, des « temps de dialogue » et une plateforme pour faire taire
« Douze centimes pour dix millions de barils. Bien. » Sébastien Lecornu puise dans les stocks stratégiques et présente le geste comme du pouvoir d’achat. Sa promesse sur l’électricité est du même ordre : le tarif se décide sur le marché européen, pas à Matignon. Même arithmétique pour la colère lycéenne : des « temps de dialogue » dans chaque lycée jusqu’aux vacances, c’est-à-dire l’espoir que la mobilisation s’essouffle d’ici là. Pendant ce temps, Aurore Bergé demande aux parents de ramener leurs enfants à la raison, et la presse régionale applaudit une « main tendue ». Puis viennent les écrans de fumée : une plateforme de quarante mille contributions, cousine du Grand Débat et des cahiers de doléances, sponsorisée par McKinsey, et un sondage Elabe pour BFM où 65 % des sondés trouvent la force policière non excessive. Ce n’est jamais 65 % des Français, c’est 65 % des personnes interrogées par un institut qui donnait Valérie Pécresse gagnante en 2021. Les sondages, comme les chaînes qui les commandent, servent la propagande et non l’information.
▶ 4:06 — Lecornu répond à la colère lycéenne avec 10 millions de barils
▶ 24:10 — Lecornu joue la montre avec ses « temps de dialogue »
▶ 28:07 — Plateforme de 40 000 avis et sondage Elabe : enfumage ?
▶ 56:43 — Lecornu libère 10 millions de barils : 12 centimes de baisse
Parcoursup : la cause que le pouvoir refuse de nommer
« Les jeunes, ils sont en colère à cause de vous. » Tout est là. Gabriel Attal traite de fake news la journée de huit heures à dix-huit heures qu’il avait lui-même annoncée, et sa propre vidéo le contredit. Un reportage rappelle ses 173 jours à l’Éducation nationale, et qu’un décret a annulé 691 millions d’euros pour l’école, sans vote. Dans les lycées, la réalité tient en quelques images : une cantine où grouillent asticots et fourmis, de la moisissure, des profs qui manquent. Bruno Retailleau, interrogé là-dessus, esquive avec un « où sont les parents ? » : il fut ministre de Macron, et ses enfants iront dans le privé. Lecornu, lui, ressort Jean-Michel Blanquer, le père de Parcoursup : c’est du diesel sur les flammes. Les architectes du système, Le Maire, Blanquer, Attali, Lamy, répètent tous « c’est pas nous ». À l’université, des étudiants racontent les Crous infestés de punaises de lit et des quartiers populaires relégués par des algorithmes. Parcoursup n’est pas une plateforme qui dysfonctionne : c’est un projet politique, celui du néo-management appliqué à la jeunesse.
▶ 31:34 — Elwan, Louise et la cantine aux asticots sur BFM
▶ 36:46 — Attal nie le 8h-18h, sa propre vidéo prouve le contraire
▶ 40:11 — Lecornu rappelle Blanquer : « du diesel sur les flammes »
▶ 45:39 — Parcoursup, « boucherie raciste » : la colère des étudiants
▶ 1:11:11 — Retailleau esquive sur les lycées : « Où sont les parents ? »
Le budget sous 5 %, et les clés du pays entre de bonnes mains
Le patron de la Banque de France, Emmanuel Moulin, vient du cabinet d’Emmanuel Macron. Il presse aujourd’hui les députés de voter le budget de Lecornu sous la barre des 5 % de déficit. Cela s’appelle faire de la politique, avec l’autorité d’un technicien. Regardez le tableau d’ensemble : Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, Moulin rue de la Vrillière. Quand les arbitres sortent tous de la même écurie, la majorité parlementaire n’a plus grand-chose à craindre des contre-pouvoirs.
▶ 1:00:15 — Banque de France, déficit, Guetta : « l’armée russe alcoolique »
On éteint un incendie avec de l’eau, pas avec du diesel : tant que le pouvoir répond à la colère par des barils, des sondages et des voitures de police, il se condamne à la voir grandir.
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L’EDITO
Le pouvoir paie en symboles, les peuples règlent l’addition
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