Ce matin du 15 avril 2026, Ursula von der Leyen a convoqué la presse à Bruxelles pour annoncer, sourire au bord des lèvres, que son application européenne de vérification d’âge était techniquement prête. Le prétexte est connu, rodé, imparable dans les dîners en ville : protéger les enfants sur Internet. Qui pourrait s’y opposer ? Personne, évidemment. C’est tout l’art de la chose.
Sauf que derrière cette façade humaniste à la vertu soigneusement emballée se dessine quelque chose de beaucoup plus sérieux. L’Union européenne vient de poser la première pierre d’un système d’identification numérique obligatoire pour naviguer sur Internet. Passeport ou carte d’identité requis pour télécharger l’application. Liée à l’EUDI Wallet — le portefeuille d’identité numérique européen dont le déploiement dans les 27 États membres est fixé à la fin 2026 — et adossée au Digital Services Act déjà en vigueur, cette appli n’a de vérification que le nom. Ce qu’elle fait, en réalité, c’est mettre un nom, une identité et un profil derrière chaque connexion.
En France, Macron a déjà pris les devants avec la loi Miller, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026, puis au Sénat fin mars. Objectif affiché : interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès septembre prochain. Objectif réel : normaliser la vérification d’identité en ligne pour tout le monde, adultes compris.
Bienvenue dans le monde d’après, où vous devrez montrer patte blanche pour exister sur Internet si vous ne vous y opposez pas collectivement en tant que citoyen. Tout savoir sur ce qui nous attend et c’est franchement vertigineux et angoissant.
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