Entrée de l’historien et résistant Marc Bloch au Panthéon
L'historien Marc Bloch a fait son entrée au Panthéon aux côtés de son épouse Simonne Bloch. Des cénotaphes refermant des objets symboliques liés à la vie de ce résistant vont reposer dans le caveau numéro 13 du monument parisien. Dans son discours, Emmanuel Macron a salué “un homme des Lumières ayant rejoint l'armée des ombres” et a fustigé “l'esprit de défaite”.
Les cénotaphes de Marc Bloch et de son épouse étaient remplis de souvenirs symboliques, comme des lettres qu'ils ont pu s'échanger et le testament spirituel de l'historien et résistant, écrit en 1941. Les cercueils ne contiennent pas les corps. Marc Bloch repose dans un cimetière dans la Creuse et le corps de sa femme Simonne Bloch n'a jamais été retrouvé.
Simonne Bloch n'a pas été à proprement panthéonisée, mais elle a accompagné son époux, selon le souhait de la famille qui voulait ainsi rendre hommage à l'amour profond qui les unissait. L'épouse de Marc Bloch est morte d'un cancer à Lyon sous un faux nom en juillet 1944, quinze jours après l'exécution de son mari par l'occupant nazi.
L’historien a reçu la Légion d’honneur et la Croix de guerre pour sa bravoure lors de la Première Guerre mondiale. L'universitaire quinquagénaire a été une nouvelle fois mobilisé, à sa demande, en 1939. Entré dans la clandestinité en 1943 à Lyon dans le mouvement Franc-Tireur, il est arrêté en mars 1944. Torturé par la Gestapo à la prison de Montluc, il est exécuté, avec d'autres détenus, au bord d'un champ en juin 1944.
Le chef de l’Etat a rendu hommage à un “authentique républicain, défenseur ardent et inlassable de la laïcité” qui a subi “les conséquences de l’antisémitisme d’Etat” sous le régime collaborationniste de Vichy.
Dans son discours, Emmanuel Macron est aussi revenu sur le livre de Marc Bloch L’étrange défaite dans lequel l’historien tente d’analyser les raisons de la débâcle de la France en 1940, pointant la responsabilité des élites de l’époque. Un historien et résistant dont “les enseignements nous obligent encore”, a jugé le président de la République, esquissant un parallèle avec la situation contemporaine, appelant à ne pas céder à “l'esprit de défaite”.
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Airbus annonce que certains avions A380 nécessitent des inspections immédiates
L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a ordonné l’inspection de 16 Airbus A380, dont cinq urgemment, après la découverte de fissures dans la structure des ailes d’un appareil.
Sur ces 16 appareils, 15 sont exploités par la compagnie aérienne Emirates et un par la compagnie australienne Qantas. Cinq avions d’Emirates doivent être inspectés immédiatement, dès mercredi et avant leur prochain vol.
Emirates, la compagnie des Emirats arabes unis basée à Dubaï, est le plus gros client d’Airbus pour les A380, avec une flotte de plus d’une centaine de ces très gros porteurs long courrier. Des fissures sur un appareil “pouvant amenuiser l’intégrité structurelle de l’aile” ont été découvertes lors d’inspections ordonnées par l’EASA (European Union Aviation Safety Agency).
L’Agence européenne de la sécurité aérienne pointe les “wing mid spars”, des longerons intermédiaires qui constituent une structure interne importante de l’aile car ils supportent les charges de torsion et de flexion. Tous les A380 “ayant le même historique” de production ont été identifiés et Airbus va mener des inspections immédiates sur cinq appareils.
Le constructeur discutera avec l’EASA pour déterminer s’il y a lieu d’effectuer des réparations. Les onze autres appareils peuvent être inspectés plus tard mais avant d’avoir effectué leur treizième vol, soit 25 cycles de vol comprenant un décollage et un atterrissage.
Guerre en Iran : le Congrès américain adopte une résolution symbolique
Le Sénat américain a adopté une résolution pour ordonner le retrait des forces américaines dans le conflit face à l’Iran. La résolution, déjà adoptée par la Chambre, a été approuvée avec 50 voix pour et 48 contre, mais le texte n’aura pas force de loi.
En raison des règles du Congrès, Donald Trump n’aura même pas besoin d’y opposer son veto. Mais ce vote représente un camouflet pour le président républicain, alors que son parti possède la majorité aux deux chambres du Congrès. Lors du passage du texte à la Chambre au début du mois, il avait fustigé un vote “antipatriotique” de la part de l’opposition démocrate et des quatre élus républicains qui les avaient rejoints.
L’opposition tente depuis de nombreuses semaines de restreindre les pouvoirs militaires de Donald Trump dans le conflit face à l’Iran, dénonçant un contournement du pouvoir législatif par l’exécutif qu’il incarne.
Le projet de loi constitutionnelle sur le statut de la Corse adopté en première lecture à l’Assemblée
Les députés ont adopté en première lecture une réforme constitutionnelle qui accorderait à l’île de Beauté une “autonomie” inédite. Dans le détail, 271 élus ont voté pour et 202 contre.
Mais la réforme, qui doit encore être adoptée dans les mêmes termes par le Sénat puis convaincre les trois cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès, fait craindre à certains élus une fracture dans la République.
Le texte accorde à la Corse un “statut d’autonomie” qui tient compte de ses “spécificités”. Celui-ci est justifié par “ses caractéristiques d’île méditerranéenne, au relief montagneux” et “sa communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à la terre corse”. Au nom de ce nouveau statut, la réforme laisse la possibilité à la collectivité de Corse de réaliser des “adaptations” des lois et règlements nationaux.
Outre cette possibilité d’adaptation, le texte permet à la collectivité de Corse d’émettre ses propres textes, y compris législatifs “dans les matières où s’exercent ses compétences”. Le gouvernement cite en exemple “l’aménagement du territoire, le tourisme ou le développement économique” de la Corse, mais le périmètre est renvoyé à une future loi organique, au calendrier et au contenu encore inconnus.
La Corse partage déjà avec l’Etat des compétences sur l’éducation et l’enseignement supérieur et la recherche, mais aussi sur la culture et la communication, le sport et l’éducation populaire. Les députés ont voté un amendement excluant fermement les compétences régaliennes de l’autonomie laissée à l’île.
Certains parlementaires s’inquiètent de voir le texte susciter des velléités autonomistes ailleurs en métropole (Alsace, Bretagne, Pays basque) ou dans les outre-mers.
Le ministre de la Justice favorable à la création de fichiers de surveillance des pédocriminels
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est dit “personnellement très favorable” à la mis en place de fiches administratives permettant de surveiller des pédocriminels.
Le garde des Sceaux était interrogé lors de la séance de questions au gouvernement par le député Antoine Vermorel-Marques (Les Républicains) qui veut présenter une proposition de loi permettant de créer un “fichier de prédétection des risques d’atteintes sexuelles sur mineurs”, qui agrègerait par interconnexion les données issues des principaux fichiers judiciaires existants.
Gérald Darmanin a précisé que “des dispositions” seraient adoptées dans le cadre du projet de loi sur la protection de l’enfance. Mais pour cela, il faut que la Commission nationale informatique et libertés donne son accord pour “la création de ce genre de fichiers pour les services de renseignement et pour les services de police et de gendarmerie et de justice”, ce qu’elle refuse “depuis les années 2000 et 2010”.


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