Cent quarante mille votants, 66,1 % pour le vainqueur, et dans la salle des cris, une Marseillaise chantée comme on décroche un taxi à 22 h. Pendant que le Parti socialiste se donnait un candidat, Gabriel Attal tenait un meeting où l’on avait accroché de grands drapeaux à son nom pour cacher les sièges vides. Le pouvoir avait promis cent jours d’apaisement, il y a longtemps. Le pays en est au vingt-cinquième jour d’affrontement, et la chanson d’ouverture ne s’y est pas trompée.

Le Parti socialiste, vendu à 15 euros la voix

Faites le calcul avec moi. Sur 140 000 votants, environ 50 000 sont arrivés de Place publique, à 15 euros pièce : 750 000 euros. « Pour 750 000 euros, Raphaël Glucksmann a acheté le Parti socialiste. » Ce que j’y lis, c’est une opération néoconservatrice : poursuivre la guerre en Ukraine et ramener la gauche dans le « cercle de la raison » d’Édouard Philippe et de Gabriel Attal. L’homme qui répétait dans les archives que « le PS doit mourir » n’a pas eu à le tuer, il l’a racheté. Ségolène Royal, battue, félicite du bout des lèvres, parle d’« effacement » du parti et conditionne son soutien à un rassemblement. Je soupçonne aussi un scrutin en ligne mal verrouillé, avec ses VPN et ses votes venus de l’étranger. Cela reste un soupçon, et la question mérite d’être posée avant qu’on nous serve « l’ingérence russe » en guise de réponse, comme Yannick Jadot, qui l’invoque tout en admettant ne rien savoir. Quant au « cap clair » du vainqueur, c’est un candidat de plus pour le parti unique, aligné sur Kiev, et ce parti-là ne peut pas perdre l’élection de 2027.

▶ 11:39 — Glucksmann a acheté le PS pour 750 000 €
▶ 23:50 — « Cap clair » : le parti unique
▶ 35:04 — Gauche utile, cyberattaque : Jadot voit déjà la Russie

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Un stade vide d’un côté, une foule dehors de l’autre

Tifos, tambours, écharpes « Attal président » : la mise en scène du meeting d’Attal est celle d’un stade, parce que la salle, elle, ne se remplit pas. Même la Marseillaise chantée par le candidat sonne comme un aveu de gêne, et le service public retransmet le tout. À Chamalières, Édouard Philippe visite le musée Giscard comme un touriste qui pique des épingles sur une carte, et à Dijon, Attal est invité par le Parti radical aux côtés de Borloo. Mon verdict : Attal, c’est finito. Face à ce théâtre, Jean-Luc Mélenchon réunit plus de dix mille personnes, avec autant de monde dehors que dedans. Il refuse que l’on prépare « nos enfants et nos petits-enfants à mourir » pour une opération de l’OTAN, et plaide le non-alignement. On peut le combattre, mais ce discours-là a une hauteur que les autres campagnes n’ont pas.

▶ 49:24 — Meeting d’Attal : ambiance de foot et Marseillaise cringe
▶ 52:48 — Mélenchon : plus de 10 000 personnes et refus de l’OTAN
▶ 59:51 — Philippe au musée Giscard, Borloo à Dijon, Attal « finito »

L’addition de la guerre arrive par la poche

Jacques Attali prédit une dette qui s’emballe, l’arrivée du FMI, la retraite à 66-67 ans, des pensions rabotées de 20 % et un emprunt forcé sur l’épargne des Français. Les mots changent, pas la mécanique : « L’emprunt forcé se termine toujours par un impôt. » La Grèce a déjà montré la suite, avec des retraites réduites de 50 à 30 % en moyenne. Pendant ce temps, la porte-parole du gouvernement garantit qu’aucun carburant russe n’ira dans les pompes mais ne promet aucune baisse des prix, et se rabat sur « pourquoi on se bat pour l’Ukraine ». Le pétrole russe sera vendu aux Américains avant de nous revenir plus cher, simplement sans étiquette russe. Et Trump dit l’Ukraine militairement perdue pendant que Paris continue de saluer Zelensky comme un héros. Le gouvernement n’a plus d’argument, il lui reste une facture à vous présenter.

▶ 55:55 — Dette, flotte fantôme, Grèce : le tour des unes
▶ 1:03:45 — Pétrole russe : la porte-parole refuse de promettre une baisse
▶ 1:14:26 — Attali annonce austérité, retraites rabotées, emprunt forcé

La colère n’a plus besoin de porte-parole

Linda est professeure de lettres modernes, sans affectation depuis la rentrée. Le rectorat lui propose d’enseigner l’anglais, à 120 km aller-retour de chez elle, sous menace de sanction pour abandon de poste. Voilà ce que donne le plan des 3 000 professeurs à mobiliser : du bricolage, appliqué à des gens. À Vitrolles, des camionneurs font une opération escargot contre le prix du gasoil, et Emmanuel Macron réclame des mobilisations lycéennes « dans le calme ». Traduction : dans l’ordre, les jeunes, sinon on vous arrache un œil. La CGT appelle à manifester le 17 octobre, aux couleurs des gilets jaunes. J’y vois du théâtre, car le gouvernement ne répondra pas et je doute d’une mobilisation de masse en début de vacances. Mais jusque dans les mangas générés par IA, où des héros prennent l’Élysée et chassent Macron, l’esprit insurrectionnel infuse. Un pouvoir qui n’a que la violence à opposer à la colère finit par la nourrir.

▶ 1:35:30 — 17 octobre : la CGT descendra-t-elle dans la rue ?
▶ 1:40:57 — Les 3 000 profs : une prof de lettres envoyée en anglais
▶ 1:44:18 — Macron, Philippe, camionneurs et lycéens : la colère partout



L’EDITO

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