Guerre au Moyen-Orient : Trump menace de raser les champs gaziers iraniens après les frappes iraniennes sur le Qatar, Macron propose un moratoire
L’escalade entre Israël, l’Iran et les États-Unis a pris une tournure énergétique dramatique. Après une frappe israélienne sur le gigantesque champ gazier offshore de South Pars (côté iranien), l’Iran a riposté en bombardant le complexe gazier qatari de Ras Laffan, provoquant « des dommages considérables » selon QatarEnergy.
Donald Trump a réagi avec une mise en garde sans équivoque. Sur Truth Social, le président américain a déclaré : « Si l’Iran décide imprudemment d’attaquer un pays tout à fait innocent, en l’occurrence le Qatar, alors les États-Unis d’Amérique, avec ou sans l’aide ou le consentement d’Israël, détruiront massivement l’intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l’Iran n’a jamais vues ni connues auparavant. » Il a ajouté que plus aucune attaque israélienne ne viserait ce site « extrêmement important et précieux », sauf en cas de nouvelle agression iranienne contre le Qatar.
De son côté, Emmanuel Macron a proposé une initiative de désescalade. Après avoir échangé avec l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, et avec Donald Trump, le président français a appelé sur X à « mettre en œuvre sans délai un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles, en particulier les infrastructures énergétiques et hydrauliques ». Il a insisté sur la nécessité de « préserver de l’escalade militaire les besoins énergétiques des civils ».
L’Arabie saoudite a également haussé le ton. Le prince Fayçal ben Farhane a averti que Riyad et les États du Golfe « n’acceptent pas le chantage » et qu’« toute escalade sera suivie d’une escalade ».
Sur le terrain au Liban, l’armée israélienne annonce poursuivre son offensive contre le Hezbollah et annonce la destruction des ponts reliant le sud du pays au reste du territoire pour couper toute aide.
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Six pays, dont la France et le Royaume-Uni, se disent prêts à sécuriser le détroit d’Ormuz face au blocus iranien
Face à la fermeture de facto du détroit d’Ormuz par l’Iran, six pays occidentaux et asiatiques ont décidé de hausser le ton. Dans un communiqué conjoint publié ce jeudi, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon condamnent « dans les termes les plus fermes » les attaques iraniennes contre des navires commerciaux non armés dans le Golfe et contre les infrastructures civiles énergétiques.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole et une partie importante du gaz naturel liquéfié, est quasiment paralysé depuis que Téhéran y a déployé ses forces. L’Iran autorise le passage de quelques navires des pays qu’il considère comme alliés, mais bloque ceux des « pays hostiles », bloquant ainsi environ 20 000 marins à bord de quelque 3 200 navires.
Les six pays exigent un « moratoire immédiat et général sur les attaques contre les infrastructures civiles, notamment les installations pétrolières et gazières ». Ils se déclarent surtout « prêts à contribuer aux efforts nécessaires pour garantir la sécurité du passage dans le détroit d’Ormuz ». Le Royaume-Uni a précisé qu’il travaillait déjà à un plan concret avec des partenaires européens, des pays du Golfe et les États-Unis pour rétablir la libre circulation maritime. Une réunion de crise de l’Organisation maritime internationale (OMI) se tient actuellement à Londres pour définir des « mesures pratiques ».
Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a libéré 400 millions de barils de ses réserves stratégiques de brut pour calmer les marchés et s’est dite prête à en débloquer davantage. Les six pays annoncent également qu’ils vont « prendre d’autres mesures pour stabiliser les marchés de l’énergie », notamment en collaborant avec certains pays producteurs pour accroître leur production.
États-Unis : Le FBI ouvre une enquête contre Joe Kent, l’ex-patron de l’antiterrorisme qui a démissionné pour protester contre la guerre en Iran
La police fédérale américaine (FBI) a ouvert une enquête contre Joe Kent, ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC) et conseiller principal de Donald Trump en matière de contre-terrorisme. Selon le New York Times et CBS, il est soupçonné d’avoir fait fuiter des informations classifiées. L’enquête avait en réalité été lancée avant sa démission.
Joe Kent, ancien membre des forces spéciales américaines, avait claqué la porte mardi dans une lettre de démission adressée directement au président Trump et rendue publique sur X. Il y expliquait ne plus pouvoir, « en toute conscience », soutenir la guerre menée contre l’Iran :
« L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain. »
Dans une interview accordée mercredi au journaliste Tucker Carlson, l’ex-responsable du renseignement a maintenu sa position : aucun renseignement ne permettait d’anticiper une attaque iranienne surprise de grande ampleur, comparable à un 11-Septembre ou à Pearl Harbor.
Donald Trump a réagi sans ménagement. Il a qualifié Joe Kent de « très faible en matière de sécurité » et jugé que sa démission était « une bonne chose ».
Cette affaire intervient en pleine escalade au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Elle met en lumière des divisions internes au sein de l’administration Trump sur la conduite de cette guerre controversée. L’enquête du FBI se poursuit.
Vincent Bolloré jugé en décembre à Paris pour corruption d’agent public étranger au Togo
Vincent Bolloré, 11ᵉ fortune de France, comparaîtra du 7 au 17 décembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris pour « corruption active d’agent public étranger ». Il est renvoyé en correctionnelle dans l’affaire dite « des ports africains », avec deux anciens cadres : Gilles Alix, ex-directeur général du groupe Bolloré, et Jean-Philippe Dorent, ancien directeur international chez Euro RSCG (devenue Havas).
Les faits reprochés remontent à la période 2009-2011. Selon les juges d’instruction, le groupe Bolloré aurait utilisé les services de conseil politique de sa filiale de communication pour aider Faure Gnassingbé (réélu président du Togo) et Alpha Condé (élu président de Guinée) lors de leurs campagnes de 2010. Ces prestations, facturées à des prix très bas, auraient constitué une contrepartie occulte en échange de l’attribution des concessions des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée) à Bolloré Africa Logistics en 2011.Le parquet national financier (PNF) estime que Vincent Bolloré « suivait personnellement et régulièrement les activités de son groupe au Togo » et doit être considéré comme l’auteur principal des faits de corruption.
L’enquête, ouverte en 2013 à la suite de plaintes des associations Anticor et Sherpa, aura duré plus de treize ans. En 2021, le groupe Bolloré avait accepté une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) et payé une amende de 12 millions d’euros. En revanche, la demande de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) des personnes physiques avait été refusée par la justice.
Les avocats de Vincent Bolloré, Céline Astolfe et Olivier Baratelli, ont immédiatement annoncé un appel de l’ordonnance de renvoi pour motifs procéduraux et ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme. Ils affirment que les opérations (pour un montant de 300 000 euros payés par chèques et passés en comptabilité) s’inscrivaient dans « le cadre normal des relations commerciales » entre les groupes Bolloré et Havas, et contestent toute implication personnelle de leur client.
À l’inverse, les associations Anticor et Sherpa, parties civiles, se sont réjouies : « Après une longue bataille juridique dans laquelle Vincent Bolloré a multiplié les recours dilatoires, la justice va enfin pouvoir se prononcer sur ces graves faits de corruption. »
Ce renvoi marque une nouvelle étape dans l’un des dossiers les plus emblématiques de corruption internationale impliquant un grand groupe français en Afrique. Le procès devrait permettre d’éclairer les pratiques de lobbying et d’influence du groupe Bolloré sur le continent.
Iran : des millions d’euros mis en jeu sur Polymarket pour parier sur la date d’un cessez-le-feu
Depuis le déclenchement de la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran le 28 février dernier, la plateforme de paris prédictifs Polymarket est devenue le thermomètre spéculatif du conflit.
Le marché « Le régime iranien tombera-t-il d’ici le 31 mars ? » a à lui seul attiré près de 40 millions de dollars de mises : seulement 3 % croient à une chute du régime avant la fin du mois, contre 97 % pour le « non ».
Autre marché très suivi : « L’Iran frappera-t-il Israël le 10 mars ? », qui a généré plus de 12 millions d’euros de volume. Plusieurs parieurs ont déjà empoché des gains exceptionnels : l’un d’eux a remporté 1,2 million de dollars en anticipant avec précision la date des premières frappes américaines sur l’Iran.
Le marché dédié à un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran (« US-Iran ceasefire by… ? ») dépasse à lui seul les 22 millions de dollars de paris. Les dates les plus pariées restent fin avril et mai 2026, même si une option « jamais » recueille encore une part non négligeable des mises.
Polymarket, qui fonctionne en cryptomonnaies et échappe en grande partie à la régulation, est interdite en France, où elle est considérée comme un jeu d’argent illégal. Pourtant, des milliers d’Européens y participent via des VPN.
En Israël et aux États-Unis, des enquêtes ont été ouvertes pour soupçons de délits d’initiés : certains militaires auraient utilisé des informations classifiées pour placer des paris avant les annonces officielles.
Dans un conflit qui a déjà vu les infrastructures énergétiques de la région (South Pars, Ras Laffan) et le détroit d’Ormuz devenir des cibles stratégiques, ces marchés de prédiction transforment la guerre en objet de spéculation mondiale.

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