C’est le grand paradoxe de notre époque, les ultralibéraux Mark Zuckerberg, Jack Dorsay, Sam Altman, Larry Page, Tim Cook et Elon Musk défendent aujourd’hui le revenu universel. Dans Industrial Policy for the Intelligence Age, Sam Altman (le CEO d’OpenAI) imagine un futur où l’Intelligence Artificielle Générale (IAG) générerait tellement de valeur qu’une « taxe robot » permettrait de verser une allocation compensatoire à une humanité dévaluée.

Prenant acte du fait que l’IA risque de vider de sa substance la fiscalité adossée aux revenus du travail, Altman propose de déplacer cette dernière vers le capital et le travail automatisé. Concrètement, cette « taxe robot » ciblerait les entreprises substituant l’algorithme à l’humain en indexant son montant sur les charges sociales et patronales des emplois disparus.
Dans l’esprit d’Altman, ce prélèvement permettrait de financer un Fonds public de richesse chargé de reverser des dividendes directement aux citoyens, le tout articulé à l’expérimentation de la semaine de 32 heures et à une refonte des filets de la sécurité sociale. Mais, ne nous y trompons pas. Ce revenu universel n’est autre que le retour du refoulé des lois sur les pauvres, un Speenhamland algorithmique, une manière de nous maintenir en vie à moindre coût en baissant les salaires. Car, en réalité, les IA ne remplacent pas notre travail vivant, elles le vampirisent méthodiquement. Tout l’empire numérique d’Altman repose de fait sur un système d’expropriation et d’exploitation de notre intelligence collective[1] dont il ne peut pas se passer. Quel projet se cache donc derrière ces discours aux allures philanthropiques ?
Le spectre de Speenhamland : quand la charité subventionne l’exploitation
Pour comprendre le piège que nous tend la Silicon Valley, il n’est pas inintéressant de retourner à l’analyse du système de Speenhamland de Karl Polanyi[2]. Comme l’indique ce dernier, à la fin du XVIIIe siècle, la misère engendrée par la révolution industrielle naissante pousse les magistrats anglais à l’instauration du système de Speenhamland (1795), un revenu minimum indexé sur le prix du pain, versé aux pauvres en complément de leur salaire. À travers ce dispositif philanthropique, le « piège des subsides » se met en place. De fait, ces allocations n’ont eu pour effet que de maintenir les salaires à leur niveau le plus bas. La prime à la pauvreté est rapidement devenue une subvention directe au patronat qui y trouvait son compte en réduisant les salaires. Les employeurs baissaient ainsi les salaires en laissant le système de Speenhamland compléter les revenus de leurs ouvriers.
Le revenu universel prôné par Sam Altman n’est rien d’autre qu’un Speenhamland algorithmique. En promettant une allocation de subsistance, le géant de la tech prépare le terrain pour une dérégulation du marché du travail. Le calcul est identique à celui des propriétaires terriens de l’Angleterre victorienne. Si un fonds de compensation garantit la survie biologique des individus, les entreprises n’auront plus à payer de salaires décents ni à financer la protection sociale. Elles pourront puiser dans une multitude de micro-travailleurs précarisés, payés à la tâche pour entraîner leurs modèles d’IA. Plus grave encore, comme l’indique Polanyi, les économistes classiques de l’époque (Malthus et Ricardo) ont justifié cette misère par des lois dites « naturelles ». Face à la prolétarisation des masses, ils n’ont pas accusé le système de Speenhamland, mais la « Nature » et sa fameuse « loi d’airain des salaires[3] ».
Le capitalisme cognitif use aujourd’hui du même subterfuge. Le discours sur l’inéluctabilité de l’Intelligence Artificielle Générale (IAG) joue exactement le rôle de la « loi d’airain des salaires » de Malthus, il naturalise un désastre social entièrement construit par les dirigeants d’entreprise et les actionnaires. On nous fait croire que le remplacement de l’humain par la machine est une loi de la nature, alors qu’il s’agit d’un projet d’économie politique de dérégulation du marché du travail. En mettant en avant les développements de l’IA générative à travers des lois d’échelle (augmentation de la taille des jeux de données, des paramètres et de la puissance de calcul), les géants de la tech naturalisent cette hypothèse bancale en loi de la nature. Mais, le projet n’en reste pas moins celui de l’exploitation généralisée du cognitariat.
En provoquant ainsi le passage d’un travail endogène (protégé par le droit social) vers un travail exogène (totalement dérégulé[4]), cette logique subventionne l’effondrement des salaires et des effectifs au seul profit des dividendes. Ce modèle « social » solde ainsi l’héritage des acquis sociaux en signant la disparition de la sécurité sociale, de l’assurance-chômage, des retraites et de l’accès universel aux biens communs (éducation, santé, culture). Pire encore, ce prétendu filet de sécurité se doublerait d’un redoutable outil de contrôle social. Car, quiconque s’aviserait de critiquer l’hégémonie d’OpenAI, d’Anthropic ou de Google se verrait couper son allocation d’un simple clic. Financer ce déclassement par une « taxe robot », c’est accepter définitivement la prolétarisation numérique de l’humanité. Un monde où les individus, dotés d’un revenu de base dérisoire, seraient mobilisés à la demande, tels des « Uber du clic » pour nettoyer des données à moindres frais au gré des besoins des entreprises.
Le grand remplacement n’aura pas lieu
Seulement, le projet de remplacement qui sous-tend cette utopie se confronte d’ores et déjà à des limites concrètes. Geoffrey Hinton qui prédisait, par exemple, la disparition inéluctable des radiologues pour 2021 a été contredit par les faits. Les hôpitaux en recrutent davantage qu’avant. Pourquoi donc une telle méprise ? L’aplomb avec lequel les géants de la tech font passer des promesses pour des lois de la nature a de quoi surprendre, mais cela ne doit pas nous illusionner. Il s’agit d’un discours idéologique. À ce propos, une récente étude du MIT montre que les réseaux de neurones d’Hinton n’ont pas permis de substituer à moindre coût la radiologie. Car il existe de fait un fossé entre « l’exposition » d’un métier à l’IA et sa substitution effective. Pour ce qui est de la vision algorithmique, à peine 23 % de la masse salariale associée à des tâches de vision automatisables est aujourd’hui rentable à substituer. Rapporté à l’ensemble de l’économie américaine cela représente environ 0,4 % du salariat.
Le spectre du « grand remplacement » se heurte ainsi à une réalité comptable. Il existe un « mur des coûts » qui transforme toute évaluation – comme celle du FMI qui estime que 60% des emplois de pays développés sont automatisables et transformables par l’IA – en pure spéculation. Si le marché rêve de « grand remplacement », il reste quoi qu’il en soit prisonnier d’un piège comptable. À ce propos, une étude de Gartner, menée auprès de 350 dirigeants de firmes à plusieurs milliards de capitalisation, montre, quant à elle, que les coupes massives sur le salariat ne garantissent en rien un retour sur investissement. Au contraire, les entreprises les plus agressives dans leur stratégie de licenciement affichent souvent des performances inférieures à celles ayant préservé leur capital humain. L’erreur fondamentale réside dans un aveuglement managérial qui confond réduction des coûts et création de valeur.
En s’enfermant dans une logique purement défensive d’économie budgétaire, les dirigeants amputent leurs savoirs vitaux, transformant la promesse d’innovation en une simple purge comptable. Les dépenses mondiales en agents IA dans les entreprises devraient ainsi augmenter pour atteindre 376 milliards de dollars d’ici 2027. Mais y aura-t-il des gains à la hauteur de l’investissement ? Rien n’est moins sûr. Car, les gains réels ne proviennent pas de la suppression du travail vivant, mais de sa réorganisation créative. Alors pourquoi vouloir à ce point réduire la masse salariale et la dévaluer ? Qu’est-ce qui pousse à croire au remplacement de l’humain par l’IA sous la forme d’une loi de la nature ? L’idéologie de l’IA générale contribue sans doute à cette croyance. Mais, derrière ces discours, de nouvelles alliances se forment d’ores et déjà pour transformer l’économie mondiale en étendant le pouvoir des géants de la tech.
Le nouveau rêve de Wall Street
L’alliance récente entre Anthropic et Wall Street accélère le projet de transformation de l’économie. En érigeant une coentreprise (anonyme pour le moment) dotée de 1,5 milliard de dollars, aux côtés de Blackstone, KKR, General Atlantic et Goldman Sachs, Anthropic digère, assimile et modélise des quantités phénoménales de données d’expertise financière. Ce ne sont plus seulement les données sémantiques de la multitude d’employés qui sont siphonnées, ce sont les traités de marché, les méthodes d’évaluation et les registres comptables en tant que corpus de référence. Par l’implémentation d’outils IA comme Claude Code au cœur de Wall Street, la gloutonnerie d’Anthropic pourrait aller jusqu’à prolétariser les clercs du capitalisme. Les traders, les gestionnaires de risques et les consultants, tout le monde est concerné. Les rangs du cognitariat s’étendent. Anthropic se voit déjà en organe de restructuration de la finance internationale. Son IA Claude devenant ainsi le centre névralgique de la gestion d’actifs, l’instrument d’une rationalisation aveugle des structures de coûts au profit exclusif des actionnaires.
Toutefois, pour alimenter ce projet, le monstre prend corps, et ce corps est aussi lourd que fragile. Les immenses datacenters nécessaires pour faire tourner ces marchés financiers (comme celui de Mahwah qui est à lui seul la plus grosse dépense énergétique du New Jersey) et l’entraînement des LLMs consomment des quantités d’énergie astronomiques au point de ressusciter des centrales à charbon ou à gaz et de créer des centrales nucléaires privées. À cette débauche énergétique s’ajoute une fragilité systémique majeure. Sous des marchés qui gardent peu ou prou leur calme se dessine un risque de crise de crédit privé centré sur l’IA. Nous faisons actuellement face à une « bulle de dette IA », alimentée par des promesses de capitaux étrangers (notamment en provenance du Golfe) devenues politiquement et budgétairement intenables. Le choc géopolitique de la guerre au Moyen-Orient, avec le blocage du détroit d’Ormuz, agit comme une mèche lente. Si ces engagements se rétractent, la muraille de capitaux se révélera n’être qu’un récit, déclenchant une crise mondiale du crédit sur une infrastructure numérique dont nous sommes devenus dépendants.
Cette vulnérabilité est aujourd’hui masquée par une fuite en avant boursière et des acrobaties comptables délirantes. Pour rassurer les marchés avant une introduction en Bourse prévue fin 2026, OpenAI et Anthropic tentent d’imposer une narration de la rentabilité « hors coûts d’entraînement » de leurs modèles d’IA. On présente ainsi des bilans gagnants en escamotant le coût de construction des modèles, alors qu’OpenAI prévoit d’engloutir à lui seul 125 milliards de dollars d’ici 2028-2029 pour nourrir ses modèles. Ce « puits sans fond » financier ne survit que par la promesse d’une industrialisation totale de l’esprit avec le rêve de l’IAG. On compare les « usines à IA » à des centrales électriques convertissant l’énergie en intelligence et on prédit l’effondrement du coût du « token ». Mais, cette productivité qui amortirait son coût énergétique est un leurre. En multipliant les usages par effet rebond (paradoxe de Jevons), l’industrie n’engendre pas l’abondance promise ; elle organise la dilution de la valeur de l’intelligence humaine dans une industrie aux externalités négatives environnementales, économiques, politiques et cognitives désastreuses.
En retour, le capitalisme s’approprie la valeur d’échange immatérielle générée par toutes nos interactions ; nous laissant la satisfaction illusoire de l’usage et le titre d’« inutiles ». Comme l’avait anticipé Karl Marx dans les Grundrisse, c’est le general intellect (l’intelligence générale collective) qui est ici privatisé. C’est du « travail mort », accumulé dans les serveurs, qui vampirise notre « travail vivant ». Alors, face à ce péril, que propose Sam Altman ? Une allocation de subsistance, calculée sur le présupposé que la machine produit seule la richesse.
Il est urgent d’inventer de nouvelles perspectives à même de sortir du cauchemar de la dévaluation de l’intelligence humaine. Pour ce faire, l’idée d’introduire l’IA dans la finance n’est peut-être pas une mauvaise idée finalement. En utilisant les performances de l’IA pour traquer à la microseconde les transactions financières intra-journalières, la mise en place d’une « taxe pollen » pourrait devenir l’atout majeur de l’Europe pour échapper à l’hégémonie des États-Unis et de la Chine. En prélevant la valeur dans l’ensemble des flux financiers, la taxe pollen assistée par IA permettrait ainsi d’insuffler une puissance créatrice de valeur, en fluidifiant le marché du travail, tout en favorisant les transformations écologiques et sociales majeures de nos sociétés. Sortir de la léthargie intellectuelle des discours creux sur le supposé remplacement de l’humain par l’IA, implique de changer le modèle de l’économie politique.
Taxe pollen et revenu universel
Le néolibéralisme joue sur une découpe utile/inutile pour sélectionner ses membres, casser les services publics/acquis sociaux et mettre en tension le marché du travail. Mais, en même temps, on voit bien que tous les types d’activité et d’interaction humaines les plus « inutiles » qui soient (commentaires, likes, génération de contenus en ligne etc.) sont captés, capturés, privatisés et valorisés sous la forme de données par les géants de la tech qui rendent tout cela « utilisable » du point de vue économique. L’inutile n’est-il pas aussi une forme de production esclavagisée par les infrastructures numériques ? Une chose est sûre, l’économie numérique profite activement du travail gratuit des multitudes.
Éducation, soin, rencontres, déplacements, créations de contenus, interactions sociales… il y a entre 500 et 5000 fois plus d’activités cognitives produisant des externalités positives dans nos actions non-rémunérées que dans le strict cadre du salariat. Nous sommes les abeilles qui fertilisent l’écosystème économique par notre activité cognitive[5]. Sur cette simple base, il serait raisonnable d’instituer le droit à un revenu universel d’existence cumulable avec un emploi, par la reconnaissance et la valorisation de notre activité pollinisatrice. Mais, pour cela, il faut vampiriser les vampires.
Bien plus étendue que la taxe Zucman, qui se limite à un impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des ultrariches (patrimoine supérieur à 100 millions d’euros), la taxe pollen propose d’étendre les prélèvements sur une base fiscale infiniment plus vaste, celle des transactions financières. La finance contemporaine, caractérisée par un déluge incessant de transactions intra-journalières administrées par des algorithmes ultra-rapides, ne fait en réalité que mimer notre pollinisation pour donner un prix au futur. Elle capture la vitalité de l’intelligence collective à une échelle qui dépasse de loin l’économie réelle, et ce au bénéfice d’un nombre très réduit d’actionnaires qui jouissent des dividendes. Il ne s’agit donc pas de mendier un revenu de base prélevé sur l’économie marchande dite réelle, mais d’instituer un revenu universel par la valorisation de notre activité pollinisatrice qui façonne l’avenir. Concrètement, ce dividende inconditionnel s’élèverait à l’équivalent d’un SMIC (entre 1 200 et 1 400 euros par mois), entièrement cumulable avec le revenu d’un emploi[6].
Loin de sonner le démantèlement de l’État-providence, cette réforme structurelle permettrait une simplification radicale de la bureaucratie étatique. Pour financer ce nouveau pacte social, la « taxe robot » est une impasse car elle cible la possible substitution de l’humain par l’IA. Ce qui est dérisoire. La véritable assiette fiscale se trouve d’ores et déjà dans les flux. Il s’agit donc de prélever la valeur là où elle circule à une vitesse vertigineuse, dans les transactions financières y compris les transactions intra-journalières.
Les chiffres sont sans appel. En 2025, le PIB mondial était d’environ 123 600 milliards de dollars. En comparaison, le volume des transactions financières est bien plus vaste. Les seuls échanges quotidiens sur le marché des devises s’élèvent à 9 600 milliards de dollars. En y agrégeant les produits dérivés (7 900 milliards par jour), le trading à haute fréquence, les cryptos et les marchés obligataires, le volume total des flux financiers annuels représente 50 à 100 fois le PIB mondial. Autrement dit, la richesse du monde échappe, dans sa grande partie, à toute participation sociale ainsi qu’à la richesse des États.
C’est ici que l’Europe peut renverser la table du destin numérique. Plutôt que de s’engager dans une course perdue d’avance au gigantisme contre les IA américaines et chinoises, L’UE pourrait devenir le symbole d’un nouveau pacte social. En utilisant l’IA pour tracer les transactions financières à la microseconde, l’Europe pourrait instaurer un prélèvement microscopique (de 0,1 % à 0,5 %) au bénéfice de tous. Les marchés de la zone euro (Euronext, Eurex, Francfort, Paris, Milan) et les transactions sur l’euro représentent environ 20 % à 25 % des flux mondiaux. Ainsi, grâce à la traçabilité de l’IA, le coût d’expatriation des infrastructures financières vers New York ou Shangaï dépasserait celui de la taxe elle-même. Ce prélèvement générerait ainsi entre 5 et 25 fois le budget annuel de l’UE sans peser sur l’économie réelle. Ce serait là un levier pour financer un revenu universel de pollinisation ainsi que la transformation écologique, technologique et sociale de l’Europe.
Les IA pourraient donc nous aider à mettre en place cette taxe pollen en traquant toutes les transactions financières (devises, dérivés, trading à haute fréquence, actions). Cette mutation exige un nouveau pacte social qui doit reposer sur un revenu universel de pollinisation pour tous, tout au long de la vie. Ce dernier ne doit pas être perçu comme un sédatif social pour travailleurs « remplacés », mais comme le dividende légitime d’une valeur que nous produisons déjà collectivement. Contrairement à la taxe Zucman, limitée au stock de fortune des ultrariches, la taxe pollen propose de prélever une part infime sur les flux financiers mondiaux. En captant la valeur là où elle circule réellement, dans les transactions intra-journalières, nous financerons non pas la supposée « obsolescence de l’humain », mais sa puissance d’agir pour enclencher le véritable progrès que nous attendons tous, celui de la transformation écologique, technologique et sociale de nos sociétés.
[1] Yann Moulier Boutang, Le capitalisme cognitif : la nouvelle grande transformation. Nouvelle édition augmentée, Éditions Amsterdam, 2008. ; Mathieu Corteel, Ni dieu ni IA, une philosophie sceptique de l’intelligence artificielle, La Découverte, 2025.
[2] Karl Polanyi, La grande transformation : aux origines politiques et économiques de notre temps (1944), traduit de l’anglais par Maurice Angeno et Catherine Malamoud, Gallimard, 2009.
[3] Thomas Robert Malthus, Essai sur le principe de population : en tant qu’il influe sur le progrès futur de la société : avec des remarques sur les théories de M. Godwin, de M. Condorcet et d’autres auteurs / suivi de Une vue sommaire du principe de population (1798), Ined Éditions, 2021.
[4] Yann Moulier-Boutang, De l’esclavage au salariat : économie historique du salariat bridé, Presses universitaires de France, 1998.
[5] Yann Moulier Boutang, L’abeille et l’économiste, Carnets Nord, 2010.
[6] Frédéric Brun, et Yann Moulier Boutang, « Revenu universel Financer le revenu universel », Multitudes, n° 100, 2025.

.webp)

