Incendies en France : 44 000 hectares brûlés et 128 personnes interpellées

En déplacement en Gironde pour apporter son soutien aux familles des deux pompiers morts en luttant contre un feu à Mérignac, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé qu'au moins 44 000 hectares avaient été parcourus par les flammes en France cette année, avec 12 500 départs de feu. C'est davantage qu'en 2022, quand des brasiers avaient ravagé le Sud-Ouest de la France. “A date, il y a eu 128 interpellations de personnes” soupçonnées d'avoir causé des incendies sur tout le territoire, a-t-il ajouté.

Après le drame de mardi, plusieurs syndicats de la profession ont dénoncé l'insuffisance des moyens de lutte, humains et matériels, en alertant sur un “épuisement” des effectifs alors que le pays est confronté à de multiples incendies. "Nous faisons face", a affirmé Laurent Nuñez, ajoutant qu'“il y en a un peu assez des polémiques” sur les moyens de lutte dont disposent les pompiers. “95% des feux se combattent par des moyens terrestres et les moyens aériens sont suffisants”, a déclaré le ministre devant la presse.

“Nous avons 12 Canadair, 10 hélicoptères bombardiers d’eau, 6 avions AirTractor bombardiers d’eau, 8 Dash qui projettent surtout du produit retardant”, a-t-il détaillé, évoquant la commande d’autres Canadair qui doivent être livrés en 2028 et 2032. “Et nous allons expérimenter dans les jours qui viennent l’utilisation du A400M qui pourra projeter 20.000 litres de produit retardant”, a-t-il ajouté, mentionnant aussi “27 moyens aériens” dont disposent certains services départementaux de secours.

5 764 décès en excès ont été recensés pendant la canicule

5 764 décès en excès ont été enregistrés pendant la canicule qui a touché le pays entre le 17 juin et le 2 juillet, annonce Santé publique France (SPF). Il s'agit d'une surmortalité jamais observée en France depuis celle de 2003.

Ce bond de la mortalité, qu’on ne peut pas encore imputer avec certitude à la chaleur, a été constaté pour “toutes les classes d’âge à partir de 15 ans” avec une “augmentation marquée dès 45 ans”, ce que l’agence sanitaire nationale juge “inédit”.

“Les comptes seront faits à la fin de l’été”, a expliqué le ministère de la Santé. “Ces décès se sont concentrés sur trois jours, les 25, 26 et 27 juin, et concernent toutes les classes d’âge, même si les 75 ans et plus représentent, à eux seuls, 3 719 décès en excès.”

Dans le détail, 1 999 décès en excès ont été enregistrés en Ile-de-France, 635 dans le Grand Est et 553 dans les Pays de la Loire. Viennent ensuite le Centre-Val-de-Loire (511), la Nouvelle-Aquitaine (445), la Normandie (426), les Hauts-de-France (424), la Bourgogne-Franche-Comté (373), la Bretagne (225) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (214). Seules la Corse, l’Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur ne sont pas concernées par cet excès de mortalité.

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Des maires pris pour cible par les trafiquants de drogue

Le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) a ouvert une enquête après les menaces d'action violente visant le maire d'Alès dans le Gard. Des intimidations attribuées, par le parquet, à la DZ Mafia. Christophe Rivenq a dû être exfiltré en urgence par le raid, les policiers suspectant la présence d'une voiture piégée à son domicile. Avant cela, l'élu Les Républicains avait reçu deux balles de 9 mm et sa maison avait été taguée. Ce n’est pas la première fois qu’un maure d’une commune gangrenée par le trafic de drogue est menacé.

En février, Amandine Demore, la maire d'Echirolles, près de Grenoble, a porté plainte après que sa voiture a été incendiée. L'élue communiste, réélue en mai, avait raconté avoir entendu les pneus exploser en pleine nuit. Puis avoir découvert son véhicule en feu et un groupe de personnes cagoulées à proximité. Un acte d'intimidation lié, selon elle, à son plan de lutte contre le trafic de drogue.

L’explosion de sa voiture devant son domicile, c’est aussi ce dont a été victime, en janvier, l’adjoint au maire en charge de la tranquillité publique à Villers-Saint-Paul, dans l’Oise. Une commune proche de Creil, plaque tournante du trafic de cannabis en Ile-de-France.

Parmi les élus menacés par les trafiquants, on peut aussi citer Amine Kessaci, l’adjoint au maire de Marseille, engagé depuis de nombreuses années contre le narcotrafic, qui vit sous protection policière. “On est dans une véritable guerre de démocratie”, a-t-il réagi après l’exfiltration du maire d’Alès.

Combien d’élus menacés sont en France ? Ni l’association des maires, ni le ministère de l’Intérieur n’ont de statistiques précises. Si les atteintes aux élus dans leur ensemble se sont généralisées, les violences liées au trafic de drogue et visant des responsables politiques sont, en revanche, un phénomène nouveau et encore marginal.

Nicolas Maduro sera jugé à New-York en juin 2027

Le tribunal de New York chargé de juger le président vénézuélien déchu Nicolas Maduro pour trafic de drogue a fixé le début de son procès au 1er juin 2027, soit près d’un an et demi après sa capture par les Etats-Unis. La décision a été rendue publique par le tribunal fédéral chargé de son affaire, à Manhattan, lors d’une audience d’une vingtaine de minutes au cours de laquelle l’ancien chef de l’Etat de 63 ans a comparu aux côtés de sa femme, Cilia Flores.

Le président du tribunal Alvin Hellerstein a en outre arrêté la date du 17 novembre prochain pour une audience consacrée à l’examen de différentes requêtes de la défense. Parmi celles-ci, les avocats de l’ancien président avaient annoncé qu’ils prévoyaient de contester la légalité même de sa capture.

L’ancien homme fort du Venezuela a été enlevé à Caracas lors d’une spectaculaire opération militaire de l’armée américaine, au début du mois de janvier, impliquant quelque 150 avions et hélicoptères, en plus de troupes au sol. Il a depuis déclaré avoir été “kidnappé” et se considérait comme un “prisonnier de guerre”.

Au terme d’un acte d’accusation le visant lui et plusieurs autres personnes, l’ex-chef d’Etat est poursuivi à New York sur la base de quatre chefs, dont narcoterrorisme. Il lui est reproché d’avoir été “à la tête d’un gouvernement corrompu et illégitime” et d’avoir “utilisé le pouvoir de l’Etat pour protéger et promouvoir des activités illégales, notamment le trafic de drogue”. Selon le même acte d’accusation, il se serait notamment allié avec des mouvements de guérilla et des cartels criminels pour “acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis”.

L’Allemagne autorise un projet nucléaire russo-français

C’est un projet controversé du fait de l’implication de la Russie. La région allemande de Basse-Saxe a autorisé la production par ANF, filiale de l’entreprise française Framatome, de combustible nucléaire en coopération avec le groupe étatique russe Rosatom.

L’Etat russe est accusé par le gouvernement allemand de lui mener une “guerre hybride” impliquant espionnage, sabotage d’infrastructures et désinformation. Autoriser Moscou à s’impliquer dans un projet de combustible nucléaire en territoire allemand a dès lors soulevé de nombreuses critiques, mais les autorités allemandes ne peuvent pas l’interdire, en l’absence de sanctions européennes.

La production de combustible doit avoir lieu dans une usine à Lingen, près de la frontière avec les Pays-Bas, et suppose la venue d’experts et d’équipements russes, nourrissant des craintes sur le plan de la sécurité nationale. Pour les défenseurs du projet, il s’agit d’assurer l’alimentation pérenne de centrales nucléaires de conception russo-soviétique encore en activité en Europe.

La Russie reste un acteur clé du nucléaire dans le monde. Le ministère de l’Environnement allemand a souligné que “si de nouveaux risques venaient à être identifiés”, notamment “en matière de sécurité nationale”, l’autorisation pourrait être réétudiée.


La revue de presse du Monde Moderne du 23 juillet

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