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Les impôts victimes d’un piratage informatique
Le système d’information du fisc a été victime fin juin d’un “accès illégitime” qui a permis “la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels”, a annoncé le ministère de l’Economie et des Finances, sans préciser la nature des données, ni le nombre de contribuables concernés. Le site spécialisé French Breaches, qui documente les cyberattaques commises en France, faisait cependant état de 678 437 personnes qui seraient concernées, dont 392 867 particuliers.
Cette confirmation du piratage par Bercy, près de deux mois après les faits, intervient au lendemain de la revendication par “un acteur malveillant” de cette intrusion dans le système informatique de la Direction générale des Finances publiques “après une usurpation d’identité”, explique le ministère. Bercy assure que “les usagers concernés recevront une information individuelle précisant les données susceptibles d’avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter”.
Comme c'est systématiquement le cas dans ce type de piratage, la DGFiP “notifiera l'incident à la Commission nationale de l'informatique et des libertés, déposera plainte et communiquera de nouveaux éléments à mesure de l'avancée des investigations”, précise-t-elle.
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Les îles Kouriles : la visite historique de Vladimir Poutine qui irrite le Japon
Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, Vladimir Poutine s’est rendu dans les îles Kouriles, au cœur d’un contentieux territorial vieux de plus de 80 ans entre la Russie et le Japon.
Le déplacement a immédiatement fait bondir le Japon. La Première ministre Sanae Takaichi l’a jugé “absolument inacceptable”, estimant qu’il “heurte les sentiments du peuple japonais”, tandis que le ministère nippon des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur russe. Le gouvernement japonais avait pourtant demandé à plusieurs reprises au Kremlin de renoncer à cette visite.
Les îles Kouriles forment une longue chaîne volcanique entre la péninsule russe du Kamtchatka et Hokkaido, l’île la plus septentrionale du Japon. Mais le différend entre Moscou et Tokyo porte précisément sur quatre territoires situés au sud de l’archipel : Kounachir, Habomai, Chikotan et Itouroup en russe ; Kunashiri, Habomai, Shikotan et Etorofu en japonais. C’est sur cette dernière île que Vladimir Poutine s’est rendu.
Quelque 20 000 citoyens russes vivent aujourd’hui sur ces îles. Leur intérêt n’est pourtant pas seulement territorial. Le sous-sol abrite notamment des gisements d’or et d’argent et les eaux aux alentours constituent de riches zones de pêche. Une importance économique dont la visite présidentielle a offert une illustration très concrète : à Itouroup, Vladimir Poutine s’est rendu dans une usine de transformation de poisson, où du caviar lui a été offert, ainsi que dans une école. Il a également visité un hôpital.
Mais les Kouriles sont surtout un verrou militaire dans le Pacifique. Pendant la Guerre froide, l’Union soviétique y avait installé des bases aériennes et navales face aux Etats-Unis et au Japon, le principal allié américain dans la région. Cette fonction stratégique n’a pas disparu.
La dimension militaire était d’ailleurs omniprésente dans le voyage de Vladimir Poutine avant même son arrivée à Itouroup. À Ioujno-Sakhalinsk, sur l’île voisine de Sakhaline, le président russe a présidé une réunion consacrée à la “garantie de la sécurité des frontières orientales de la Russie”. Il est également monté à bord du Varyag, un croiseur lance-missiles de la flotte russe dans le Pacifique, dont il a supervisé des exercices navals.
La veille de sa venue à Itouroup, devant la flotte du Pacifique, Vladimir Poutine avait déjà placé son voyage sur un terrain politique. “Le Japon a identifié la Russie comme l’une des principales sources de menace. Je tiens à souligner que nous ne menaçons pas le Japon. Au contraire, c’est lui qui a des revendications territoriales contre notre pays.” La réponse japonaise a été immédiate. Pour la Première ministre Sanae Takaichi, cet épisode a “encore exacerbé le ressentiment de l’opinion publique japonaise à l’égard de la Russie” et rendu plus difficile toute amélioration des relations bilatérales.
Le ton s’est considérablement durci depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Le Japon a rejoint les sanctions occidentales contre Moscou et, pour la première fois depuis 2003, a recommencé à qualifier les Kouriles de territoires “occupés illégalement” par la Russie.
Cette démonstration intervient alors que l’équilibre sécuritaire autour du Japon évolue rapidement. La Russie s’est rapprochée de la Chine : les marines et forces aériennes russes et chinoises conduisent des exercices conjoints dans des zones proches du Japon.
Un autre front, beaucoup moins visible, relie directement le Japon au conflit ukrainien. Les services de renseignement militaire russes utilisent le Japon comme plaque tournante pour se procurer des composants destinés à l’effort de guerre russe, notamment en profitant des faiblesses de la législation japonaise en matière d’espionnage et de la puissance de son industrie technologique.
Le bras de fer entre le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice continue
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a reçu les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie pour préparer des “réponses argumentées” à la note controversée que lui a adressée le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, sur le traitement par les enquêteurs des affaires de violences sexuelles sur mineurs. “Ce travail permettra de rétablir certaines vérités”, a-t-il avancé à l'issue de cette réunion. La note avait provoqué la colère des syndicats de policiers, qui ont accusé Gérald Darmanin, ancien ministre de l'Intérieur, de “trahison”.
“Il y a un certain nombre de choses qui sont dites dans ce document que je vais contester”, avait déjà prévenu le ministre de l’Intérieur en amont de la réunion, assurant vouloir répondre “point par point” mais “de manière constructive, sans aucune polémique”. “Il n’y a pas forcément le nombre de dossiers perdus qui est annoncé”, avait-il notamment affirmé.
Vers un gel partiel des retraites
Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a rouvert le débat autour d’un gel partiel des pensions de retraite pour générer des économies dans le budget 2027. “La question de la contribution des retraités aisés à l’effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, mérite d’être posée”, à condition de “préserver les retraités les plus modestes”, a-t-il affirmé dans un entretien à Libération.
Le mécanisme de sous-indexation consiste à revaloriser les pensions de retraite de base à un niveau inférieur à celui de l’inflation, contrairement à ce qui est normalement prévu dans la loi. Un tel dispositif peut être ciblé sur les pensions de retraite les plus élevées.
Le gouvernement de Sébastien Lecornu avait déjà tenté de geler ces pensions lors de sa proposition initiale de budget pour 2026 afin de dégager près de 3,6 milliards d’euros, mais la mesure n’avait pas été retenue par le Parlement. Même la proposition plus modérée du prédécesseur de François Bayrou, Michel Barnier, qui consistait en un report de six mois de la revalorisation des retraites, avait largement contribué à la fronde du RN et de la gauche qui avait conduit à la censure de son gouvernement.
L’idée d’un effort ciblé sur les retraités pourrait toutefois trouver un écho dans une partie de la gauche dans le cadre de l’élaboration du budget pour 2027 à la rentrée. Le député socialiste Jérôme Guedj, candidat à la présidentielle, n’a pas fermé la porte à une sous-indexation, à condition qu’elle s’intègre dans un effort plus large ciblant également les héritages, les “niches sociales” des entreprises et les géants de l’intelligence artificielle. Les retraités “ne doivent pas être un tabou” pour redresser les comptes de la Sécurité sociale, a-t-il déclaré.
Des maisons palestiniennes assiégées par des colons israéliens en Cisjordanie
L'ambassadeur américain en Israël a dénoncé les “actions répugnantes” et “de terreur” de colons israéliens qui assiègent des maisons de Palestiniens en Cisjordanie occupée. Quelques dizaines de colons israéliens bloquent l'accès à des maisons palestiniennes dans le village de Qusra, près de Naplouse, dont l'une appartient à un homme également détenteur de la citoyenneté américaine. Les habitants affirment être coupés de tout approvisionnement en nourriture et autres services essentiels.
Pourtant fervent défenseur des colonies en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, l'ambassadeur américain Mike Huckabee a écrit sur X que “les actions de ceux derrière cet acte de terreur horrible, visant à intimider et à harceler cette famille, sont répugnantes”, et qu'“aucun prétexte ne justifie ce comportement de voyous”.
L’armée israélienne affirme avoir déployé des troupes dans la région de Qusra “afin de protéger les habitants et de maintenir la sécurité”. Peu après le message de l’ambassadeur américain, plusieurs responsables politiques israéliens, dont le ministre de la Défense Israël Katz, se sont retrouvés à la colonie de Ganim pour célébrer sa réinstallation, plus de vingt ans après son démantèlement en 2005. “Nous sommes revenus à Ganim et nous sommes revenus pour y rester”, a déclaré Israël Katz.
Plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, illégales au regard du droit international, aux côtés d’environ trois millions de Palestiniens. La colonisation de cette partie des Territoires palestiniens s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais s’est nettement accélérée depuis l’arrivée de l’extrême droite dans la coalition au pouvoir fin 2022. Les violences des colons israéliens contre les Palestiniens se sont intensifiées de manière spectaculaire depuis l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.




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