Interview d’Emmanuel Macron dans L’Evénement
Au lendemain de la fin du G7 à Évian et avant de se rendre à une réunion du Conseil européen, Emmanuel Macron était l'invité de l'émission L'Evénement sur France 2. Le président de la République a répondu aux questions de Caroline Roux au sujet de la guerre au Moyen-Orient, du conflit en Ukraine et de ses relations bilatérales avec Donald Trump. Depuis l'Elysée, le chef de l'Etat a aussi été interrogé sur quelques sujets de politique intérieure, comme la mort de Lyhanna, et sur son bilan, à dix mois de la fin de son mandat.
“Ça s’est fait de manière assez spontanée”, relate Emmanuel Macron, quelques heures après la signature par Donald Trump, à Versailles, de l’accord de paix avec l’Iran. Le chef de l’Etat assure que la décision d’organiser cette signature en France a été prise “d’un accord commun” entre Paris et Washington.
“C’est une bonne chose”, mais “je ne crois pas qu’on puisse dire que la guerre soit totalement terminée”, avance Emmanuel Macron. “On rentre dans une nouvelle phase, qui est celle de la coopération, du dialogue”, précise-t-il, ajoutant qu’il faudrait reprendre des négociations sur le nucléaire iranien. “Pour qu’elles se finissent, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont indispensables, pour lever les sanctions décidées par l’ONU.”
“La signature de cet accord a immédiatement baissé les prix” du baril de pétrole et “donc les prix à la pompe vont progressivement baisser”, estime le chef de l'Etat. “Nous n'avons obtenu aucune garantie, car la France n'est pas partie prenante de cet accord”, souligne-t-il, ajoutant que Donald Trump lui avait assuré que le détroit d’Ormuz rouvrirait sans conditions et sans péage payant.
Emmanuel Macron insiste sur l’importance de cet accord de paix pour le Liban, alors que l’armée israélienne mène des frappes dans le sud du pays pour combattre le mouvement pro-iranien du Hezbollah. “On va très rapidement mobiliser la communauté internationale pour aider l’armée libanaise à reprendre le contrôle de ses territoires”, affirme-t-il.
Interrogé sur la position de Benyamin Nétanyahou, qui refuse de retirer ses troupes du sud du Liban, Emmanuel Macron estime que “la politique qu’il continue de mener à Gaza, en Cisjordanie, et au sud-Liban est, dans la durée, contraire aux intérêts d’Israël parce qu’elle alimente le ressentiment, la violence de toutes les populations de la région”, déclare-t-il.
Alors que Donald Trump promet de taxer les vins français si Paris impose une taxe aux géants de la tech, le président français affirme être parvenu à “apaiser” les choses. “On a décidé d’ouvrir un travail avec l’administration américaine pour leur montrer qu’on doit taxer ces groupes”, affirme-t-il.
La suspension de certains outils d’Anthropic en Europe, décrétée par Washington, a aussi été au menu des discussions entre Donald Trump et Emmanuel Macron. Ce dernier se veut rassurant au sujet des modèles d'intelligence artificielle développés par l'entreprise américaine.
“Il y a deux leaders sur l'IA : les Etats-Unis et la Chine. L'Europe a décroché. En Europe, la France est de loin la meilleure. On est champions d'Europe, maintenant on veut être dans la compétition mondiale”, a déclaré le chef de l'Etat. Emmanuel Macron déplore cependant que “l'Europe ne mette pas assez d'argent sur l'IA”.
Interrogé sur la mort de Lyhanna, Emmanuel Macron estime qu'“une profonde transformation est en cours” dans le pays après le choc causé par cette affaire. “Je l'ai dit dès le premier jour, il y a des choses qui n'ont pas été bien faites”, a-t-il ajouté. “Il y a un travail d'inspection qui a été demandé. Il sera rendu le 22 juin.”
“On ne doit jamais s'habituer, on doit toujours s'indigner, mais ça ne doit pas signifier l'impuissance, ni la vindicte. Si on veut que cette indignation soit féconde, il faut qu'elle se traduise par des gestes utiles”. Sur le sujet, il reconnaît qu'“il faut qu'on continue inlassablement de rendre nos procédures plus efficaces”.
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Le vice-président américain ne se rendra pas en Suisse pour les pourparlers avec l’Iran
L'incertitude règne quant au démarrage du protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis. Le vice-président américain a annulé sa visite en Suisse. JD Vance devait s'y rendre pour entamer les pourparlers en vue d’un accord final avec l'Iran, après la signature d’un protocole d’accord entre les deux pays. Le Premier ministre pakistanais, dont la médiation a été décisive, a également reporté sa venue. Le gouvernement suisse a ainsi annoncé le report des négociations.
Du côté iranien, aucune information n’a été diffusée quant à un éventuel voyage d’une délégation en Suisse. Le protocole d’accord a été signé électroniquement et à distance par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump. Le guide suprême iranien a déclaré dans un message écrit l’avoir approuvé malgré des réserves.
Ces négociations doivent être centrées sur le programme nucléaire iranien, après l’accord-cadre mettant un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël. Cette guerre a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et secoué l’économie mondiale.
Quarantaine levée aux Pays-Bas pour le navire touché par le hantavirus
Quasiment tous les passagers et membres d’équipage du navire de croisière frappé par une grave épidémie de hantavirus sont autorisés à rentrer chez eux, a déclaré le directeur de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ces personnes avaient dû se placer en quarantaine aux Pays-Bas. “Presque tous les passagers et membres d’équipage du MV Hondius qui ont été placés en quarantaine aux Pays-Bas sont désormais autorisés à rentrer chez eux, y compris les non-ressortissants”, a annoncé sur X le chef de l’OMS.
Douze cas confirmés et un cas probable liés au MV Hondius ont été recensés, dont trois morts, lors d’une flambée qui a déclenché une alerte sanitaire internationale. Le navire battant pavillon néerlandais avait quitté Ushuaia le 1er avril, faisant escale sur des îles isolées de l’Atlantique Sud avant de remonter vers le Cap-Vert puis Tenerife, dans les îles Canaries espagnoles. Les passagers restants avaient alors été évacués. Le navire de croisière d’exploration polaire a accosté le 18 mai dans le port de Rotterdam, avec un équipage réduit contraint à plusieurs semaines de quarantaine. Le 30 mai, le navire a été autorisé à reprendre la mer après des opérations de nettoyage et de désinfection.
Et le 8 juin, Sainte-Hélène, où de nombreux passagers avaient débarqué, a annoncé la fin de l’incident majeur lié au hantavirus déclaré sur cette île britannique isolée. “Toutes les personnes identifiées comme contacts et tenues de s’isoler ont désormais achevé avec succès leur période d’isolement obligatoire de 42 jours”, a déclaré le gouvernement de l’île, en précisant qu’“il n’existe plus aucun risque pour la population”.
La Russie menace l’Ukraine de nouvelles frappes massives après l’attaque de drones sur Moscou
La Russie se dit prête à riposter après l’attaque de drones ukrainiens visant la capitale russe. Moscou a menacé l'Ukraine de nouvelles “frappes massives” contre ses installations militaires.
Interrogé sur l’attaque, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a rappelé que le président Vladimir Poutine avait déjà annoncé que la Russie mènerait des frappes contre l’Ukraine. “Nos forces armées s’y emploient et continueront de s’y employer”, a-t-il déclaré à des journalistes parmi lesquels un représentant de l’AFP.
L’Ukraine a lancé sa plus importante attaque de drones contre Moscou depuis au moins deux ans, provoquant des incendies dans la région autour de la capitale russe et perturbant ses principaux aéroports. Plusieurs projectiles ont touché une importante raffinerie moscovite lors de cette “attaque de grande envergure”, a affirmé le maire de Moscou, Sergueï Sobianine.
Une vingtaine d’élus de droite mettent en cause la mairie de Paris dans l’affaire des violences sexuelles dans le périscolaire
Une vingtaine d'élus parisiens de la droite et du centre, dont Rachida Dati, ont fait un signalement auprès de la procureure de Paris pour mettre en cause la responsabilité pénale de la mairie, dans le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire. Le signalement, sur le fondement de l'article 40 du Code de procédure pénale, a été envoyé à la procureure Laure Beccuau tandis que le groupe coprésidé par Sophia Chikirou au Conseil de Paris a également envoyé un courrier pour faire un signalement.
Il est signé par une vingtaine d’élus de la droite et du centre au Conseil de Paris, parmi lesquels Rachida Dati, coprésidente du premier groupe d’opposition. “Depuis 2015, plusieurs signalements et alertes relatifs à des faits graves susceptibles de constituer une infraction pénale ont été portés à la connaissance de responsables politiques et administratifs de la ville, dont Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo”, écrivent-ils. “Ce refus de prendre en compte en urgence cette situation et de saisir la justice dès la connaissance de ces crimes et délits fait craindre que ces prédateurs ont continué d’agir”, ajoutent les élus, dénonçant “l’absence de réponse rapide et de saisine immédiate de l’autorité judiciaire” par la ville.
Contrairement au groupe de l’insoumise Sophia Chikirou et de l’écologiste Emile Meunier, la droite n’avait pas souhaité rendre public son signalement. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a interpellé en séance son ancienne rivale aux municipales. “C’est vrai que vous avez porté plainte contre moi au pénal ?”, a-t-il demandé à la maire du 7e arrondissement, après avoir ironisé sur le fait qu’il entendait sa voix dans l’hémicycle “pour la première fois depuis trois mois”.


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