Dramaturge, romancier, essayiste auteur pour la jeunesse, Jean-Pierre Siméon est d’abord un vagabond qui passe sous une ombrelle trouée de muses. Il donne aujourd’hui en partage un entrelac de pensées et de poèmes, sauf-conduit pour un monde qui ne reconnaît que l’épreuve de la foudre.
Pas un mot superflu, pas une nuance absente de ces pages aux silences insubmersibles, aux résonances édifiantes, comme héritées de Perros : « on écrit parce que personne n’écoute ». Oser dire, à l’ombre de Gaza, que l’on peut tout voler aux innocents, sans avoir raison de leur innocence et faire écho, ailleurs, au « Wozu Dichter » de Friedrich Hölderlin, relève de l’espérance considérée comme un des beaux-arts, celui « du manchot qui peint avec sa bouche ».
Pierre Morency, cousin québécois, savait qu’être poète, c’est inventer l’homme que l’on est au fond. L’inventeur du Commissaire Maigret avait le souci de se situer à hauteur d’homme. De Simenon à Siméon, un N pour un oui.
« Un non pour un oui », pensées-poèmes, Jean-Pierre Siméon, Gallimard,12 €