J’ai toujours pensé qu’après la chute du mur de Berlin, puis la dislocation de l’empire soviétique, il fallait répondre à l’envie maintes fois réitérée de la Russie de faire partie de l’UE. Une « Europe européenne » chère à de Gaulle ! Au lieu de ça, nous -Europe et États-Unis- l’avons méprisée et humiliée, avec le rêve (de moins en moins secret) de la détruire.

Tout va d’ailleurs dans ce sens aujourd’hui et Merz l’a verbalisé : « la Russie est redevenue notre ennemie ». Une Europe européenne jusqu’à l’Oural, c’était quand même autre chose : l’UE serait aujourd’hui la 1ère puissance mondiale (avec des ressources naturelles, un territoire immense, une armée considérable) et aurait évité la « supra-souveraineté » d’une Commission qui, quoi qu’on en dise, est une colonie de Washington dans laquelle la corruption est le substrat, de la PAC en passant par le Mercosur, Big Pharma, l’industrie de l’armement ou encore l’agro-alimentaire qui nous emprisonne et nous empoisonne.

Nous avions un visionnaire absolument hors du commun et une fois mort, les médiocres ont eu le champ libre (ils existaient déjà mais étaient empêchés, revoir le film Le Président avec un Gabin au sommet de son art).

La macronie est le stade ultime de la médiocrité, on ne peut faire pire et comme elle ne produit rien -ni école de pensée, ni vocations, et comment le pourrait-elle ?- elle se clone, interdit et criminalise. La macronie, ce serait la victoire de Blier dans Le Président, avec un tas de petits bonhommes gris interchangeables qui couinent comme des petits cochons gras dans l’hémicycle, toujours à la recherche d’un gland, qu’ils finissent par introniser via leur groin vaguement merdeux : thème et variations autour d’un renflement brun, ou comment passer de Balanchine à Balanchie. Un seul N vous manque et tout est dépeuplé.

Enfin, dans une Russie intégrée à une Europe européenne, nous n’aurions pas eu de guerre avec l’Ukraine. Une Europe des nations puissantes, dans le respect des peuples, des identités et donc de chaque souveraineté. Tout cela est évident ! Il est d’usage de dire « qu’une fédération est une confédération qui a réussi ». Rien n’est plus faux que cette assertion ! C’est là victoire à la Pyrrhus ! C’est exactement le contraire : une fédération, en contraignant puis en niant les nations, est l’antichambre du fascisme, avec bains de boue pour s’habituer au nouveau biotope.