Un jet-ski rouge glisse sur l’eau de Brégançon pendant que les pompiers font grève sans une ligne dans les journaux subventionnés, et que 33 000 climatiseurs promis aux hôpitaux tombent en panne au pire moment de la canicule. Ce contraste n’est pas un hasard de calendrier : c’est le résumé exact de ce que la France regarde, et de ce qu’elle devrait regarder à la place.

Le jet-ski rouge et le pays qui crève de chaud

Brégançon, année après année, le même rituel : jet-ski, lacrymo sur la plage, dispositif de sécurité disproportionné pour deux personnes qui n’ont pas d’amis, seulement des agents. Cette année le jet-ski est rouge, et Paris Match, propriété de Bernard Arnault comme Le Parisien, en fait sa couverture avec la componction d’un service de presse officiel. L’article vante les « ultimes chantiers » du quinquennat, électrification, fin de vie, interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, comme si gouverner consistait à cocher des cases avant de partir en vacances. Les voisins de Brégançon dressent un bilan que même Trump, en pleine éclipse regardée sans lunettes, n’aurait pas osé signer. Et à quelques milliers de kilomètres, Marco Rubio débat du régime alimentaire de Robert Kennedy Jr à la télévision plutôt que de politique étrangère, tandis que Mark Zuckerberg fait du free fight sur un ponton flottant contre des adversaires payés pour perdre. Le loisir des puissants sert partout la même fonction : occuper l’écran pendant que le reste brûle.

« C’est pas ses copains parce qu’il n’a pas d’amis. »

0:00 — La chanson satirique sur les vacances de Macron
15:16 — Paris Match: le retour du jet-ski de Macron à Brégançon
36:36 — Rubio parle régime pendant que Zuckerberg boxe sur un ponton
45:39 — Pompiers en grève, Macron flingué à Brégançon, éclipse sans lunettes

La succession se joue en famille, la mise en scène aussi

Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau : le même numéro de Paris Match dresse leurs portraits dictés par l’entourage présidentiel, avec ce vocabulaire de cour, « le boss », « le PR », qui devrait alerter n’importe quel lecteur sur qui écrit vraiment ces lignes. Jean Castex, lui, reste indéboulonnable à la tête de la SNCF, preuve qu’on peut rater un mandat et garder un strapontin doré. Dans le même numéro, une autre mise en scène : Raphaël Glucksmann et Léa Salamé photographiés en Corse dans la maison de famille du premier, amour et simplicité version paparazzade organisée. Léa Salamé continuera Quelle époque! mais plus le 20 heures si son compagnon se présente à la présidentielle, drôle de façon de garder les mains propres devant les caméras. Un deepfake grotesque a ensuite tenté de salir ce couple avec une fausse voix d’Edwy Plenel à l’accent russe accusant Salamé de vouloir acheter des articles favorables ; l’affaire, démasquée, vaut plainte de Glucksmann pour protéger la présidentielle. Ce que je retiens surtout : si vous lisez Paris Match sans distance, vous êtes déjà poreux à ce genre de fabrication.

23:40 — Attal, Philippe, Retailleau, Castex: qui succédera à Macron ?
28:27 — La paparazzade Glucksmann-Salamé en Corse décortiquée
33:05 — Le faux scandale Salamé-Glucksmann fabriqué par Moscou

Ce que coûte la canicule, ce que cache la dette

Monique Barbut chiffre le manque à gagner budgétaire de la canicule à 10-15 milliards d’euros. Les 33 000 climatiseurs promis aux hôpitaux par Stéphanie Rist tombent en panne ou n’ont jamais été livrés, un chiffre que la presse régionale préfère taire derrière ses pleines pages consacrées à l’éclipse. François Bayrou, lui, vient expliquer que la totalité de l’impôt sur le revenu ne suffirait plus à payer les seuls intérêts de la dette. Belle démonstration venant de l’homme dont la carrière politique calamiteuse n’a jamais rien coûté qu’à nous, de la dette, une faillite, et personne pour lui présenter la facture. Ajoutez à cela les 678 000 comptes fiscaux piratés sur le site des impôts, une fuite passée sous silence par les grands médias, et vous avez le tableau complet d’un État qui protège mieux ses communicants que vos données personnelles.

« Combien nous a coûté la carrière politique calamiteuse de François Bayrou ? Rien. De la dette, une faillite. »

9:40 — Grève des pompiers ignorée, éclipse partout, climatiseurs en panne
49:08 — 678 000 comptes fiscaux piratés, timbres et missiles pour l’Ukraine
1:02:27 — Bayrou plaide la dette qu’il a lui-même creusée

Ce qu’on n’entend pas : Epstein, Ceuta, les prisons qui ne sont pas où l’on croit

Les témoins de l’affaire Epstein meurent les uns après les autres avant d’avoir pu témoigner. Une survivante, sur BFM, décrit Paris comme un hub du trafic sexuel organisé via Jean-Luc Brunel et Gérald Marie, et ce que je reproche à la justice française, c’est de laisser ce dernier, seul suspect encore vivant du dossier, tranquille alors que le temps presse. Sur RMC, un auditeur reprend mon analyse de la crise de Ceuta, Maroc, Israël et États-Unis contre l’Espagne, et se fait immédiatement traiter de complotiste par le plateau : la preuve, si besoin était, que ces chaînes fonctionnent comme des chaînes de propagande, les mêmes qui ont évincé la journaliste de RT France Xenia Fedorova. Sur l’USS Abraham Lincoln, des marins tentent de se suicider après 250 jours de mer sans même de savon ; au Royaume-Uni, trois fois plus de citoyens vont en prison pour un post critique du gouvernement que de Russes. Voilà où se loge la vraie censure, loin des éditos sur l’ingérence étrangère.

53:09 — Une survivante d’Epstein accuse Gérald Marie et pointe l’État français
1:08:54 — Traité de complotiste pour avoir raison sur Ceuta
1:15:00 — Suicides sur un porte-avions US, prison pour un tweet au Royaume-Uni


Ce qui se joue cet été n’est pas un feuilleton people, c’est une répartition des rôles pour l’année qui vient, et ceux qui écrivent le scénario sont aussi ceux qui le vendent en kiosque.

Video integrale : La vidéo
Toutes les revues de presse : Toutes les revues de presse
Patreon : Patreon
Tipeee : Tipeee
Le site : Le site

S'abonner maintenant

A ne pas manquer à 19h, interview avec Pascal Lottaz de Neutrality Studies


L’edito du jour

Le mépris comme seule réponse aux demandes des pompiers

Read more