Une administration peut aujourd’hui faire disparaître une œuvre des écrans sans prononcer la moindre interdiction. Il lui suffit de refuser un tampon, une classification, une case sur un formulaire, et le distributeur renonce de lui-même, les salles se ferment, plus personne ne peut légalement montrer ce qui gêne. Notre continent a transformé cette manœuvre discrète en instrument de gouvernement des esprits, persuadé qu’elle éteindrait les voix dérangeantes sans laisser de trace. La dernière tentative en date a produit l’exact contraire du silence recherché.
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