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Cet été, un article et cinq machines ont suffi à faire vaciller ASML. En deux séances, le géant néerlandais de la lithographie a perdu plus de 60 milliards d'euros de capitalisation, soit plus de six fois ce qu'il espère vendre en Chine sur toute l'année. Partout, le même gros titre : la Chine aurait brisé le monopole d'ASML.

Sauf que les machines révélées par The Information, puis confirmées par Reuters, ne visent pas l'EUV, la technologie sur laquelle ASML est seule au monde. Elles visent le DUV, un marché où ASML pèse environ 80 % mais où le japonais Nikon vend aussi. Le monopole qu'on annonce menacé n'est pas celui qui est visé. Et pourtant, l'inquiétude des marchés est parfaitement fondée.

Qui se cache derrière Shanghai Aishengna, une entreprise d'État créée en 2023, dotée de 7 milliards de yuans et sans site internet identifiable ? Pourquoi une machine chinoise qui traiterait environ 150 wafers par heure, contre au moins 310 pour une ASML, peut-elle quand même trouver preneur chez SMIC, Hua Hong ou CXMT ? Et pourquoi le MATCH Act, qui voudrait soumettre à licence jusqu'à la réparation et la maintenance des machines déjà installées en Chine, pourrait-il changer toute l'équation ?

Cette vidéo ne dit pas qu'ASML est condamnée. Elle explique pourquoi la Chine n'a pas encore construit de concurrent à ASML, et pourquoi l'Occident est peut-être en train de lui construire le marché dont ce concurrent avait besoin pour émerger. Reste le prototype EUV de Shenzhen, qui produit déjà de la lumière, mais toujours pas de puces.
#ASML #Chine #SemiConducteurs