La France inadaptée aux canicules depuis 2003

Après l’électrochoc de la canicule de 2003, les pouvoirs publics avaient pourtant promis de prendre le sujet à bras-le-corps. Il y a vingt-trois ans, la France connaît la vague de chaleur la plus meurtrière de son histoire, avec plus de 19 000 décès. Les pouvoirs publics priorisent alors le système d’anticipation des canicules et la prévention.

En 2004, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin présente le tout premier plan canicule qui prévoit un dispositif spécial durant l’été, avec une veille de Météo-France et de l’Institut de veille sanitaire pour alerter rapidement les pouvoirs publics en cas de pic à venir. Les préfets peuvent alors déclencher des plans spécifiques dans les hôpitaux, les services de secours ou les maisons de retraite.

En vingt ans, ce système d’alerte s’est étoffé de nombreuses campagnes de communication à destination du grand public et d’un numéro vert dédié. Selon Santé publique France, le plan canicule français fait partie des plus efficaces, d’après une évaluation menée dans 14 pays européens.

En deux décennies, la surmortalité liée aux canicules n’a pas connu de pics aussi élevés que lors de la canicule de 2003. Dès 2004, l’Etat priorise aussi les établissements accueillant des personnes âgées. Une loi crée un registre des personnes à risques et débloque une enveloppe de 20 millions d’euros pour que chaque Ehpad dispose d’une pièce climatisée. Elle instaure aussi une journée nationale de solidarité, pour financer la prise en charge des seniors et des personnes handicapées.

Après la canicule de 2003, le sujet est resté très peu présent dans les agendas politiques sous Nicolas Sarkozy, puis sous François Hollande ou Emmanuel Macron. Nulle trace de cette thématique dans les programmes des candidats élus à l'Elysée, ni en 2007, ni en 2012, ni en 2017 et 2022, les campagnes présidentielles se déroulant au printemps.

Pendant ce temps, pour de nombreux secteurs, comme les établissements scolaires, l’adaptation prend du retard. En 2023, l’exécutif a lancé un grand plan pour rénover entre 40 000 et 44 000 écoles en dix ans via des prêts, des financements et des aides spécifiques. Mais la baisse de dotation du fonds vert a compliqué les choses. Cette enveloppe destinée aux élus locaux pour des travaux en matière de transition écologique est passée de 2,4 milliards d’euros en 2024 à 837 millions d’euros en 2026.

Aujourd’hui, 80% des écoles ne sont pas équipées pour résister aux vagues de chaleur car elles ont été conçues pour être utilisées de septembre à fin juin, époque où les canicules n’existaient pas par le passé.

En ce qui concerne le parc de logements particuliers, les avancées ont été timides. Il a fallu attendre 2020 pour qu’une nouvelle norme impose pour la première fois à tous les bâtiments neufs, privés comme publics, de respecter un objectif de “confort d’été” pour “garantir aux habitants que leur logement sera adapté en cas de forte chaleur”. Mais la rénovation du parc immobilier existant reste un immense chantier.

L’inadaptation face aux fortes chaleurs concerne aussi les transports, ce que concède le gouvernement. “Il y a énormément de choses à faire, il faut revoir tous nos réseaux urbains, nos réseaux d’eau, nos réseaux SNCF”, a listé Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. Des projets “qu’on va faire ni en cinq ans, ni en dix ans, mais il faut les inscrire dans la durée”.

Plus globalement, “on n’est pas prêts”, souffle le chercheur Paquito Bernard. “Ce que la canicule montre, c’est que quand le climat change, tout change”, ajoute Alexandre Florentin, cofondateur du mouvement citoyen Demain 50°C. “On ne pourra pas tout adapter et on ne pourra s’adapter à n’importe quel changement climatique. Si la canicule durait quatre semaines avec des pics à 50°C, on n’y arriverait pas avec notre organisation actuelle. On entre alors dans des organisations de type guerre”, estime l’ancien membre de la majorité socialiste d’Anne Hidalgo à Paris.

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Près de 50 000 foyers privés d’électricité

Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité français Enedis a déclenché sa force d’intervention rapide électricité (FIRE) face à un risque d’incidents élevé à mesure que la canicule met les câbles à rude épreuve, privant 50 000 foyers d’électricité. Les coupures sont “essentiellement dans les Yvelines, dans les Hauts-de-Seine et en Gironde”.

Enedis assure que la plupart des incidents peuvent être réglés “en moins de quelques heures, notamment grâce à des manoeuvres à distance”, mais que “certaines opérations, plus complexes, peuvent mobiliser plus longuement nos équipes sur le terrain”. Plus de 1000 techniciens d’Enedis et d’entreprises partenaires sont mobilisés.

Quelques incidents se sont également produits dans la capitale, mais ont rapidement été résolus sans impact notable sur les clients.

Évacuation du détroit d’Ormuz suspendue après une attaque dans le golfe d’Oman

Le plan d'évacuation du détroit d'Ormuz, qui doit permettre de faire sortir quelque 11 000 marins bloqués dans le Golfe, a été suspendu, après une attaque dans le golfe d'Oman visant un navire qui avait franchi le détroit.

Un projectile d'origine inconnue a endommagé un cargo dans le détroit d'Ormuz. L'incident s'est produit à 7,5 milles nautiques (14 kilomètres) au sud-est de Dahit, localité située sur la péninsule omanaise de Musandam.

Soixante-dix franchissements du détroit d'Ormuz ont été détectés en une journée, un record depuis sa fermeture le 1er mars par l'Iran en représailles aux bombardements américains et israéliens. Le trafic restait cependant moitié moins élevé qu'en temps de paix.

Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale, a redit sa volonté que les marins puissent être évacués sans risque de devenir “les victimes collatérales d’un conflit géopolitique”, indiquant que leur évacuation pourrait prendre “quelques semaines”.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique d’Iran, avaient mis en garde contre toute traversée du détroit sans leur autorisation et menacé les navires ne s’y conformant pas de “mesures appropriées”.

Marylise Léon rempile à la tête de la CFDT pour un mandat de quatre ans

Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT depuis 2023, a été réélue à la tête du premier syndicat français. Elle représentera toujours le syndicat durant la campagne présidentielle après avoir assuré lors du 51e congrès de l’organisation, qui se tient à Bordeaux, qu’“il n’y a pas de compromis possible” avec le RN, dont elle refuse de rencontrer les élus. Marylise Léon, 49 ans, avait ouvert le congrès en fustigeant “la volonté d’une partie de la classe politique de taper sur les syndicats”.

Les 41 membres du bureau national élu ont également reconduit Yvan Ricordeau comme secrétaire général adjoint et désigné comme trésorier confédéral Laurent Soulier, issu de la fédération Chimie-Energie, en remplacement de Jocelyne Cabanal.

Les plus de 1 600 délégués du congrès se prononceront sur une résolution revendicative qui servira de feuille de route au syndicat réformiste pour les quatre années qui viennent. Avec Sophie Binet, reconduite début juin à la tête de la CGT, et Christelle Thieffinne, qui a pris la tête du syndicat de l’encadrement CFE-CGC en succédant à François Hommeril, trois des cinq syndicats représentatifs au niveau national seront dirigés par des femmes pour les années à venir.

Michelin va fermer une usine de 1 200 salariés aux Etats-Unis

Michelin a annoncé la fermeture d’ici 2028 de son usine BFGoodrich de Tuscaloosa (Alabama), aux Etats-Unis, qui emploie environ 1 200 personnes.

L’opération se traduira par une provision d’environ 220 millions d’euros pour charges non récurrentes, qui sera inscrite dans les résultats financiers consolidés de l’entreprise pour l’année 2026. Le groupe n’a pas fourni de détails sur le devenir des salariés de l’usine.

En France, le groupe français a annoncé fin mai un dispositif de départs volontaires. “Jusqu’à 1 500 postes pourraient être supprimés”, dont “les deux tiers dans les fonctions tertiaires et un tiers dans l’industrie”, selon le directeur du personnel France et Europe du Sud, Olivier Faure-Vauris.


Une classe politique dégoulinante dans la revue de presse

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