Une fois encore, le gouvernement macroniste offre une formidable démonstration de son aveuglement. Alors que la jeunesse descend dans la rue, inquiète pour un avenir qu’elle voit se consumer, nos dirigeants n’ont qu’un seul mot à la bouche : « l’ordre ». Plutôt que d’apporter des solutions politiques pour répondre à cette colère et à certains débordements, l’exécutif préfère étouffer la fronde par la violence.
Retour sur un mois de mobilisation lycéenne qui illustre parfaitement les méthodes du pouvoir pour dissuader, par la peur, toute contestation de rue.
L’usage de la force pour vider les rues
« Nous veillons à ce que l’action soit proportionnée. Et dans la quasi-totalité des cas, cette intervention est proportionnée ».
Au même moment, pourtant, les scandales d’adolescents mutilés éclatent dans la presse. On apprend qu’un lycéen a été éborgné par un tir de LBD, qu’un autre a eu la mâchoire fracassée par une grenade lacrymogène. Un autre encore a eu la main arrachée.
Les images de violences inondent les réseaux sociaux. Dans une vidéo, on voit un camion de police foncer sur des manifestants. Dans une autre, des agents assènent de coups un jeune sans défense.
En parallèle, les récits de gardes à vue humiliantes se multiplient. Ici, une lycéenne de 16 ans enfermée 24 heures en cellule pour un « ACAB » dessiné sur le ventre ; là, des adolescents brutalisés et insultés au cœur même des commissariats.
Jamais un mouvement n’avait entraîné autant de gardes à vue. Avec près de 8 000 placements enregistrés depuis le 21 septembre, le chiffre est sans précédent. À titre de comparaison, le mouvement des Gilets jaunes avait donné lieu à 6 700 gardes à vue sur une période de dix mois, tandis que les émeutes urbaines de 2005 en avaient comptabilisé 5 643. Une telle ampleur interroge sur la nature de la réponse publique…

Pour justifier cette intransigeance, Laurent Nuñez invoque la nécessité d’endiguer les violences en marge des cortèges. Une explication contestée par les professionnels du droit. Le 14 octobre, au micro de France Info, Martin Méchin, avocat, formulait un constat inquiétant :
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