L’acte trois de la mobilisation lycéenne et étudiante
Après deux journées nationales de mobilisation, le mouvement lycéen entre dans son “acte trois” avec une grande journée de mobilisation à l'appel de l'Union syndicale lycéenne et de l'Union étudiante. Les cours sont “totalement ou partiellement” suspendus dans 500 établissements sur les 3 700 lycées du pays après des dégradations survenues en marge des blocages organisés par les élèves.
Les manifestants réclament davantage de moyens humains et financiers pour l'Education nationale. Ils dénoncent le manque de transparence de Parcoursup, le non-remplacement des professeurs, la vétusté des bâtiments ou encore des emplois du temps trop chargés.
Sur les réseaux sociaux, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante a annoncé la tenue d’une grande manifestation à Paris, sur la place de la République, à partir de 14 heures. Des rassemblements se tiendront également dans une trentaine de villes, dont Tours, Rennes, Brest, Nancy, Montpellier, Toulouse, Besançon, Perpignan ou encore Lille.
Alors que Matignon a estimé que le mouvement avait basculé au cours de la semaine précédente en “violences urbaines”, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a fait savoir que le syndicat serait présent dans les manifestations “pour protéger les lycéennes et lycéens”.
Des personnalités politiques de gauche ont quant à elles appelé les parents et plus largement les adultes à se tenir aux côtés des lycéens. C'est le cas notamment de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à la présidentielle, qui a estimé que “le devoir est d'aider et de protéger nos jeunes”.
Une intersyndicale de l’Education nationale a appelé à se joindre au mouvement lycéen, “y compris par la grève”, affirment la FSU, la CGT, FO, la CFDT, l’Unsa, SUD et Solidaires dans un communiqué commun.
Depuis la semaine précédente, des préfets de plusieurs départements ont pris des arrêtés en vue d’interdire les rassemblements autour d’établissements scolaires, tandis que les cours sont assurés à distance.
Allemagne : un ancien patron du renseignement arrêté pour espionnage
C’est une affaire particulièrement embarrassante pour les services allemands. August Hanning, ancien président du BND, le renseignement extérieur allemand, a été arrêté ce mardi 6 octobre. La justice le soupçonne notamment d’espionnage, de collecte de secrets d’État et de tentative de haute trahison. Un ancien collaborateur du BND a également été interpellé.
Lire sur le site du Monde Moderne
Nouvelle composition de l’Hémicycle
Au Palais du Luxembourg, la moitié des sièges ont été renouvelés à la faveur des dernières élections sénatoriales. A la date butoir fixée aux 348 sénateurs pour déterminer à quel groupe politique ils voulaient appartenir, le nouveau visage de la chambre haute est apparu. La nouvelle composition de l'Hémicycle révèle quelques changements notables. En premier lieu, la percée du Rassemblement national a permis au parti d'extrême droite de constituer un groupe avec ses alliés ciottistes de l'Union des droites pour la République : le groupe Union nationale pour les territoires sera donc composé de 15 élus et présidé par Edwige Diaz.
L'équilibre des forces au Sénat évolue un peu à l'issue des différentes tractations qui ont eu lieu après les élections. Présidé par Mathieu Darnaud, le groupe Les Républicains y reste le plus important, avec 124 membres, soit sept de moins qu’avant le scrutin de fin septembre. Il peut compter sur son allié de l'Union centriste et indépendant, un groupe de centre droit que dirige le sénateur Hervé Marseille et qui progresse numériquement, avec désormais 63 parlementaires, contre 59 auparavant.
En face, la gauche va tenter d’allier ses forces pour contrer cette nette majorité. Avec 95 sièges au total, ses trois groupes perdent trois élus. Un résultat qui s’explique par la perte de deux sénateurs au sein du groupe Socialiste, écologiste et républicain, désormais troisième du Sénat, composé de 62 élus et présidé par Patrick Kanner. Mélanie Vogel, elle, a succédé à Guillaume Gontard à la tête du groupe Ecologiste-Solidarité et territoires, qui connaît un petit tassement avec 15 élus contre 16 avant le scrutin. Les sénateurs du groupe Communiste républicain citoyen et écologiste-Kanaky, présidé par Cécile Cukierman, comporte toujours 18 membres.
Une légère reconfiguration intervient au sein des groupes de centre droit et de centre gauche. Le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, présidé par Xavier Iacovelli, perd trois de ses 19 sièges tandis que le Rassemblement démocratique et social européen gagne deux sièges pour atteindre 18 élus, avec Maryse Carrère à la tête du groupe. Enfin, le groupe Les Indépendants-République et territoires passe de 20 à 15 membres. Deux sénateurs, dont l’élu insoumis Gabriel Amard, ne sont membres d’aucun groupe.
L’été 2026 a coûté 16 milliards d’euros
Canicules, ssécheresse et incendies ont coûté environ 16 milliards d'euros à la France cet été, selon une mission parlementaire présentée par le député La France insoumise Eric Coquerel. Cette “estimation provisoire” dépasse la fourchette avancée mi-août par la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, qui évoquait “10 à 15 milliards d'euros de coûts directs et indirects”.
Cette mission flash, lancée fin août, a entendu ministères, opérateurs publics, économistes, pompiers, agriculteurs et assureurs. Ses conclusions prennent la forme d'une communication devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale. L'estimation agrège sources officielles et auditions de professionnels. Le député LFI reconnaît toutefois des “réserves méthodologiques” à ce chiffrage, qui additionne des coûts de nature différente, avec un risque de double compte.
Ce chiffre se décompose en plusieurs postes. D’abord, l’effet sur la croissance, chiffré par l’Insee et le Trésor à environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros. S’y ajoutent, selon la mission parlementaire, au moins 2,5 milliards d’euros de dépenses publiques imprévues, dont 1,3 milliard d’aides aux agriculteurs, environ 700 millions pour la santé et au moins 300 millions liés aux incendies.
Faute de données, la mission a évalué la facture sanitaire à partir d’extrapolations : elle évalue à environ 200 millions d’euros le surcoût pour l’Assurance maladie en s’appuyant sur la canicule de 2003, auxquels elle ajoute 100 millions pour les hôpitaux et 260 à 520 millions pour les Ehpad et autres établissements médico-sociaux. Pour les ménages, elle retient au moins 500 millions d’euros de dommages assurés liés aux incendies et jusqu’à 800 millions de hausse de factures d’électricité.
Mais le poste de loin le plus lourd repose sur les estimations des syndicats agricoles, qui chiffrent à environ 10 milliards d’euros les pertes totales du secteur, sans détailler leur méthode. La mission parlementaire en retient 8,7 milliards d’euros une fois les aides gouvernementales déduites.
Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.
Apparition d’un cas supposé de peste dans la région sibérienne d’Irkoutsk
Les autorités russes ont minimisé les informations selon lesquelles une femme aurait succombé à la peste en Sibérie. La mort de Daria Chipilova, une technicienne de laboratoire de 28 ans qui travaillait pour l’Institut de lutte contre la peste d’Irkoutsk, rapportée par plusieurs médias russes, a suscité de vives inquiétudes.
Le gouverneur de la région d’Irkoutsk, Igor Kobzev, a affirmé que la situation était “sous contrôle” tandis que les tests post-mortem n’ont pas révélé de trace de la maladie. Les analyses réalisées par une commission d’experts spéciale montrent que la cause du décès de la jeune femme “est une pneumonie d’étiologie indéterminée”, a-t-il affirmé. Les résultats de l’enquête menée par l’agence de santé publique Rospotrebnadzor ont montré “qu’aucun micro-organisme lié à l’activité professionnelle de la jeune femme n’a été détecté dans ses biomatériaux”, a-t-il déclaré sur Telegram.
La situation sanitaire dans la région est “stable”, a-t-il ajouté, ajoutant qu’aucun autre employé de l’Institut de lutte contre la peste n’a consulté de médecin depuis l’annonce du décès de la jeune femme. La peste est une maladie infectieuse causée par des bactéries. La peste pulmonaire est hautement contagieuse et peut être mortelle si elle n’est pas traitée rapidement, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Canal+ pourrait réduire drastiquement son financement au cinéma
Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a fustigé la volonté du gouvernement de doubler le taux de TVA, ce dernier s'appliquant aux télévisions payantes. Actuellement, les abonnements aux chaînes payantes classiques, c'est-à-dire qui diffusent leurs programmes en temps réel, bénéficient d'un taux réduit de TVA de 10%, contre 20% pour les plateformes dont le modèle est construit sur les programmes à la demande, comme Netflix.
Canal+ propose les deux types de prestation, et le taux réduit de 10% s'applique à l'essentiel de ses activités. Or, le projet de budget 2027 prévoit de “simplifier le régime de TVA applicable” aux télévisions payantes en supprimant le taux réduit. D'où la colère du président du directoire du groupe Canal+.
“Le pacte fondateur de Canal+ dès 1984, c'est un taux de TVA réduit, le taux de TVA de la culture, du livre, du billet de cinéma, du billet dans les stades pour Canal+”, a relaté Maxime Saada sur RTL. “Et en contrepartie de ça, Canal+ finance le cinéma bien au-delà de ses obligations. Aujourd'hui, Canal+ finance plus le cinéma français que tous les autres acteurs français et américains réunis.”
“L'engagement qu'on a avec les organisations du cinéma, c'est un contrat. La première des clauses, c'est le taux de TVA réduit”, a insisté le patron de Canal+. Avec une hausse de la TVA, “le contrat va tomber mécaniquement”, prévient-il. Canal+ devait initialement investir près d'un milliard sur cinq ans, a rappelé Maxime Saada. “Nous venons de signer un accord 2028-2032. Cet accord va tomber si le taux de TVA s'applique.”
Cela signifie une chute des financements : “Peut-être la moitié, peut-être les trois-quarts de films en moins. Je ne grossis pas le trait. On ne peut pas se retrouver dans une situation où on va perdre 200 millions d'euros. Mon sujet, c'est la pérennité du groupe.”
Le patron de Canal+ a dénoncé “une décision absurde qui n’a aucun sens économique et qui donc ne peut être que politique”. Maxime Saada répondait alors à une question sur l’éventualité d’une mesure de rétorsion de la part du gouvernement parce que l’actionnaire de référence de Canal+, qui possède CNews, est le milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
Treize organisations du cinéma ont écrit à Emmanuel Macron pour s’alarmer des “conséquences dramatiques” d’une telle mesure alors que Canal+ s’est engagé à investir 980 millions d’euros entre 2028 et 2032 dans le cinéma français et européen.


.webp)



.webp)

