Le Conseil d’orientation des retraites propose de repousser l’âge légal de départ à 67,6 ans
Dans son rapport annuel, le Conseil d’orientation des retraites (COR) revoit à la hausse sa prévision de déficit à long terme et développe plusieurs propositions pour y faire face.
L’instance indépendante chargée de veiller à la viabilité du système de retraites propose notamment de repousser progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 67,6 ans en 2070, alors que la version précédente du rapport proposait, à cette même échéance, un âge de départ à 66,5 ans.
Dans le détail, le Conseil d’orientation des retraites propose de repousser l’âge moyen de départ à 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070. D’après ce projet de rapport du COR, l’équilibre du système pourrait ainsi être assuré par ce seul levier de l’âge de départ à la retraite.
Le scénario de référence retenu par le rapport se base sur un taux de fécondité beaucoup plus bas que prévu : il serait de 1,45 enfant par femme en France à partir de 2028, alors que le précédent tablait sur 1,8 enfant par femme sur la même période.
L'indicateur conjoncturel de fécondité baisse déjà et s’établit à 1,56 enfant par femme en 2025, soit le niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale. De quoi accentuer le vieillissement de la population française et causer une pression durable sur les dépenses de retraites, en augmentant le nombre de retraités par rapport au nombre de cotisants.
Dans le scénario retenu, l’espérance de vie en 2070 s’établit à présent à 89,5 ans pour les femmes et à 86,7 ans pour les hommes, contre respectivement 90 ans et 87,5 ans auparavant. Une révision à la baisse qui vient légèrement alléger le poids du financement des retraites. Mais les répercussions économiques de la crise au Moyen-Orient et la suspension de la réforme des retraites de 2023 viennent cependant annuler les effets positifs de cette nouvelle hypothèse.
Autre indicateur à prendre en compte, le solde migratoire (différence entre les entrées et les sorties du territoire). Il est revu à la hausse par l’Insee. Cela devrait redonner du souffle au système des retraites, au moins pour un temps, en augmentant la part de population active, et donc des cotisants. Mais selon l’Insee, après 2037, l’immigration ne suffirait plus à compenser le déficit naturel (entre les décès et les naissances) et le nombre d’habitants en France commencerait alors à décliner.
Enfin, la révision de la trajectoire à 2070 présentée par le Conseil d’orientation des retraites s’explique aussi par de nouvelles règles concernant le régime complémentaire Agirc-Arrco. Ces règles, qui entreront en vigueur en 2038, sont plus favorables pour les assurés que ce qui était précédemment anticipé, et auront donc un coût.
Ces différents éléments démographiques et conjoncturels devraient entraîner une dégradation du déficit du système par répartition, atteignant 2,4% de PIB en 2070. Et ce déficit sera reparti très différemment, selon les régimes de retraite. La part des dépenses de retraite dans le PIB devrait d’abord rester assez stable durant vingt ans. Puis, à partir de 2045, progresser, jusqu’à atteindre 15,3% en 2070.
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Aux Etats-Unis, la Coupe du monde de football enchaîne déjà les polémiques
Une série de polémiques a émaillé la préparation de la compétition. Aux frontières américaines, plusieurs joueurs, arbitres, membres de délégation et journalistes rencontrent des problèmes avec les autorités.
“Tout le monde sera le bienvenu au Canada, au Mexique et aux Etats-Unis pour la Coupe du monde de la Fifa l’année prochaine”, avait pourtant assuré le président de la Fifa, Gianni Infantino. Mais en décembre, les autorités américaines ont annoncé des restrictions d’entrée sur leur territoire visant de nombreux pays. Parmi les pays concernés, certains, comme l’Iran, Haïti, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, sont qualifiés pour la Coupe du monde.
Omar Artan, élu meilleur arbitre africain en 2025 selon la Confédération africaine de football et titulaire du statut Fifa depuis 2018, a été refoulé par les autorités américaines à son arrivée à l’aéroport international de Miami. Il a été interrogé pendant onze heures, détenu plusieurs heures dans une cellule de rétention, puis mis à bord d’un vol retour direction Istanbul.
La décision provoque l’indignation en Somalie. Le ministère de la Jeunesse et des Sports somalien a défendu “l’intégrité” de son concitoyen. L’homme au sifflet “était titulaire d’un passeport diplomatique”, fait aussi savoir l’ambassade de Somalie au Kenya. “L’ambassade des Etats-Unis lui a délivré un visa à entrées multiples valide”, insiste l’ambassade, “après vérification et après une enquête approfondie”.
Un responsable du Département d'Etat américain a déclaré que l'arbitre était “lié à des personnes soupçonnées d'appartenir à des organisations terroristes”, ce qui “rendait le voyageur inéligible à l'entrée” sur le sol américain. Mais il faut aussi se souvenir que, fin novembre, Donald Trump avait qualifié la Somalie de “pays pourri” et fait part de son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens d'une expulsion.
Des vidéos, largement diffusées sur les réseaux sociaux ces derniers jours, montrent les joueurs sénégalais, ainsi que le staff technique, en train de se faire contrôler sur le tarmac d’un aéroport américain. Des internautes, notamment sénégalais, se sont indignés en dénonçant les conditions dans lesquelles certaines équipes arrivent sur le sol américain.
D’autres pays en lice ont connu des problèmes administratifs à leur arrivée aux Etats-Unis. Aymen Hussein, l’attaquant vedette de la sélection irakienne, a été retenu près de sept heures à l’aéroport de Chicago. Le joueur d’Al-Karma a vu son téléphone inspecter par les douanes américaines. Aymen Hussein a finalement pu entrer sur le sol américain avec ses coéquipiers, mais le photographe officiel de la sélection n’a pas eu cette chance, malgré un visa valide.
Plusieurs accompagnants de la sélection iranienne ont, quant à eux, vu leur demande de visa refusée, dont le président de la fédération, Mehdi Taj. La sélection va donc se rendre à Los Angeles le 14 juin, par vol charter, à la veille de son entrée en lice contre la Nouvelle-Zélande prévu le lendemain.
Ce rendez-vous est très attendu par la massive communauté iranienne présente dans la cité des Anges. Pourtant, les supporters pourraient faire les frais des tensions géopolitiques avec les Etats-Unis. La fédération iranienne accuse les Etats-Unis de lui avoir retiré son quota de tickets pour le Mondial.
Patrick Guitey, journaliste ivoirien, couvrira la Coupe du monde depuis son bureau d'Abidjan. "On ne comprend rien", confie à L'Equipe(Nouvelle fenêtre) le reporter qui travaille pour la chaîne de télé NCI et pour son site sport-ivoire.ci(Nouvelle fenêtre). "Avant, pour les Coupes du monde, on était super bien reçus. En 2014, au Brésil, en Afrique du Sud [en 2010] ou en Allemagne [en 2006], c'était magnifique. Les gens sont aujourd'hui découragés, les cautions demandées sont folles."
Par ailleurs, une grande majorité des journalistes africains accrédités disposent d’un visa américain, mais avec une seule possibilité d’entrée sur le territoire, incompatible avec le calendrier de la compétition. Par exemple, après son match contre la Norvège à New York, l’équipe sénégalaise devra se rendre à Toronto, au Canada. Les journalistes sénégalais ne pourront donc plus entrer aux Etats-Unis après le match au Canada sans avoir un nouveau visa.
L’Association internationale de la presse sportive juge cette organisation inacceptable et demande dans une lettre adressée à la Fifa d’intervenir. En attendant une possible amélioration, certaines rédactions marocaines, sénégalaises, égyptiennes ou encore ivoiriennes redoutent de ne pas pouvoir couvrir les premiers matchs de leur équipe.
La planète se réchauffe à un rythme sans précédent
Chargé de mettre à jour les principaux indicateurs témoignant de la progression du changement climatique entre deux rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le baromètre publié dans la revue Earth System Science Data met en évidence une accélération de la cadence à laquelle la planète se réchauffe. Cette étude, baptisée “Indicators of Global Climate Change”, produite par plus de 70 scientifiques à travers le monde, fait état d’une hausse des températures de 0,27°C en moyenne par décennie, “un rythme sans précédent”.
Ainsi, les données récoltées sur la période 2016-2025 permettent d’affirmer que la planète s’est réchauffée en moyenne de 1,24°C depuis l’ère préindustrielle (1850-1900), contre 1,07°C à l’époque du précédent rapport, portant sur la décennie 2010-2019. Et pour cause, puisque la planète a battu des records de chaleur en 2023, 2024 et 2025.
La barre des 1,5°C, seuil fixé comme un objectif à ne pas dépasser par l’accord de Paris en 2015, se rapproche dangereusement. Au rythme actuel, la meilleure estimation disponible prévoit de l’atteindre d’ici 2030. En 2024, pour la première fois, ce niveau de réchauffement a été dépassé sur une année. En 2025, la hausse a été de 1,39°C, dont l’écrasante majorité (1,37°C) provient des seules activités humaines.
La flambée du coût de la vie pèse sur les droits des habitants de l’Union européenne
La vie chère pèse sur les droits des Européens, selon le rapport annuel de l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA). Il couvre l’ensemble des 27 États membres de l’Union européenne, ainsi que l’Albanie, la Macédoine du Nord et la Serbie.
Les prix de l’immobilier ont notamment augmenté de 53,4% dans l’ensemble de l’UE entre 2015 et 2024, tandis que les loyers ont progressé de 16,8% sur la même période, d’après l’Agence basée à Vienne, en Autriche. Selon les estimations de la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri, 1 287 000 personnes étaient sans domicile fixe dans l’UE en 2025.
Autre phénomène : plus d’une personne sur trois dans l’UE a été confrontée à des contenus haineux en ligne. L’UE dispose pourtant de lois pour réguler Internet, mais leur application s’est heurtée à des difficultés, notamment pour réclamer des comptes aux grandes plateformes technologiques et en raison de certaines résistances politiques.
Troisième grande tendance soulevée par le rapport en 2025, “l’existence de problèmes sérieux liés à l’emploi, qui touchent les travailleurs de pays tiers”. Les demandeurs d’emploi étrangers sont plus souvent que le reste de la population surqualifiée par rapport aux postes occupés, discriminés et exposés à l’exploitation. Pourtant, l’UE est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre, ne parvenant ni à attirer des personnes diplômées, ni à retenir les talents.
Gérald Darmanin retirer le plaider-coupable criminel de sa réforme de la justice
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé sur X retirer le “plaider-coupable” criminel de sa réforme de la justice. “Dans un esprit de responsabilité et afin de répondre à l’urgence d’amélioration de notre justice criminelle, il me paraît nécessaire de proposer à la représentation nationale le retrait de cette disposition, faute de consensus. Un travail d’approfondissement de ce sujet, dans un climat apaisé, pourra être conduit dans les prochains mois”, justifie-t-il. Plus tôt, les députés avaient rejeté en commission son projet de loi. Le texte doit être débattu dans l’hémicycle à la fin du mois.
La procédure de jugement des crimes reconnus prévoit qu’en échange d’une reconnaissance des faits par l’accusé, il lui soit proposé une peine maximale inférieure d’un tiers à celle normalement encourue, l’audience étant réduite à une demi-journée. Objectif : accélérer le traitement des dossiers et lutter contre l’engorgement des tribunaux. Mais cette mesure était particulièrement critiquée par les avocats. Face à leur opposition, le gouvernement s’était toutefois engagé à exclure du périmètre les viols et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises.

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