Le président brésilien de gauche Lula décroche un quatrième mandat
Le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu, face à osn rival conservateur Flavio Bolsonaro. Avec 51,8% des voix contre 48,2% pour le sénateur Flavio Bolsonaro, le vétéran de 81 ans a déjoué tous les pronostics et distancé son adversaire de 4,4 millions de voix.
Il avait été devancé au premier tour par le fils de l’ancien président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, condamné pour tentative de coup d’Etat. Les Brésiliens “sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie”, a lancé Lula depuis la mégapole Sao Paulo.
Pour son quatrième mandat, la marge de manœuvre du chef de l’Etat s’annonce cependant limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines. La campagne a montré combien le pays reste divisé et une querelle judiciaire a même perturbé la journée électorale.
Sur décision d’un juge de la Cour suprême, le vote a en effet été prolongé de deux heures. L’équipe de Lula avait déposé un recours en dénonçant le fait que des électeurs avaient été empêchés de voter car des bus avaient été retirés de la circulation dans certaines villes, notamment dans son fief du Nord-Est.
“Il est impossible de reconnaître les élections”, a dénoncé Flavio Bolsonaro, annonçant son intention de faire annuler le scrutin, après la proclamation des résultats. Depuis Brasilia, il a fustigé une “magouille”. Son camp avait pourtant également réclamé une prolongation du vote dans deux régions, en raison de “pluies intenses”.
Le bilan de la mobilisation du samedi 24 octobre
Quelque 410 000 personnes ont défilé contre la vie chère et la politique du gouvernement, samedi 24 octobre, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, tandis que la CGT en a comptabilisé environ 800 000. “Les cortèges se sont bien déroulés”, a de son côté assuré Laurent Nuñez, une semaine après des pillages et des violences en marge des rassemblements. Des affrontements ont néanmoins opposé des groupes aux forces de l'ordre dans plusieurs villes.
Environ 410 000 personnes ont défilé dans toute la France, dont 110 000 à Paris, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur, alors que de nombreux rassemblements avaient été interdits par les préfectures. Les autorités avaient recensé 550 000 manifestants la semaine dernière. La CGT a revendiqué 800 000 manifestants partout en France, soit autant que la semaine précédente, et 250 000 dans la capitale. Le ministre a par ailleurs fait état de 289 actions sur l'ensemble du territoire, contre 430 le 17 octobre.
Le ministre a souligné que la grande majorité des rassemblements s'était déroulée sans incident majeur. A Paris, le cortège a marché dans le calme tout au long d'un parcours modifié quelques heures auparavant par la préfecture.
Malgré le calme global des cortèges, Laurent Nuñez a rapporté des affrontements parfois violents entre des groupes et les forces de l’ordre, ainsi que la présence renouvelée de casseurs et de militants “de l’extrême gauche radicale” en marge des manifestations. Silence total en revanche sur l’activisme de groupuscules d’extrême droite largement relayé sur les réseaux sociaux et dénoncé par exemple par Eric Ciotti concernant la ville de Nice.
A Paris, les autorités ont rapporté qu’au moins 2 000 personnes, dont 500 casseurs, se sont retrouvées au contact des forces de l’ordre en fin de cortège et des affrontements ont duré pendant au moins deux heures.
Le ministère a souligné que les pillages et dégradations avaient été bien moins nombreux que le 17 octobre. “Plusieurs commerces ont été dégradés, 24 d’entre eux ont été pillés (1 522 commerces ont été touchés samedi 17)”, a-t-il détaillé. Il a également mentionné “75 interventions pour incendie”, contre “2025 la semaine passée”. Une différence que Laurent Nuñez a attribuée au renforcement du dispositif policier, aux contrôles préventifs et à la mobilisation de près de 2 000 gendarmes pour protéger les centres commerciaux “où il y avait des risques” importants.
Questionné sur les blessés graves recensés depuis le début du mouvement, notamment parmi les mineurs, Laurent Nuñez a exprimé des regrets, mais rappelé que les policiers et gendarmes étaient “légitimes” à faire usage de la force lorsqu’ils étaient pris à partie.
Au total, 1 314 personnes ont été interpellées. Par ailleurs, “53 membres des forces de l’ordre ont été blessés (contre 1 144 la semaine passée)”. Dans la capitale, 142 personnes ont été interpellées, dont 120 ont été placées en garde à vue.
Sur X, Jean-Luc Mélenchon, présent dans le cortège parisien, a vivement critiqué l’intervention des forces de l’ordre en fin de cortège. Des accusations auxquelles Laurent Nuñez a répondu en défendant fermement les policiers et les gendarmes.
De son côté, la CGT entend poursuivre la mobilisation. “Le message d’aujourd’hui est clair : aucune répression, aucune interdiction de manifester n’arrêtera la mobilisation”, affirme l’organisation syndicale dans un communiqué. Le syndicat appelle désormais la grève à “prendre le relais”, avec en ligne de mire la journée du 5 novembre, défendue par les organisations syndicales. De leur côté, les gilets jaunes réclament un “acte 3” du mouvement, samedi 31 octobre.
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Au congrès du Rassemblement national, Jordan Bardella est réélu avec 98,98% des voix
Le congrès du Rassemblement national s’est ouvert à Orléans avec la réélection sans surprise de Jordan Bardella à la tête du parti d’extrême droite. Seul candidat à sa succession, il a obtenu près de 98,98% des voix, avec un taux de participation proche de 68%.
Le sortant a recueilli 75 497 suffrages, contre à peine 779 bulletins blancs, selon les résultats annoncés par le député Yoann Gillet, chargé de l’organisation du congrès. Jordan Bardella va ainsi tenter de tourner la page de ces dernières semaines marquées notamment par des accusations d’écrits antisémites.
Avant la proclamation de son élection, Jordan Bardella avait remercié ses militants. “Une fois de plus, je vais avoir besoin de vous pour conduire Marine Le Pen à l’Elysée”, avait-il déclaré. En marge du congrès, une longue matinée de contre-manifestation a réuni dans le calme entre 13 000 personnes et 26 000 personnes.
Congrès du RN : Marine Le Pen promet un gouvernement dirigé par Jordan Bardella
Favorite des sondages à six mois de la présidentielle, Marine Le Pen a promis de former un gouvernement “d'union nationale et pluraliste”, en cas de victoire en mai. En meeting à Orléans, la candidate du Rassemblement national a justifié son choix de composer un “gouvernement ouvert” par “la situation d'un pays fracturé” et un “désir d'unité des Français”.
Elle a confirmé au passage sa volonté de nommer Jordan Bardella comme “chef de l'orchestre gouvernemental” si elle entre à l'Elysée, malgré les accusations d’écrits antisémites qui visent le président du parti d'extrême droite.
Marine Le Pen a par ailleurs assuré vouloir faire de la France une “nation de paix” si elle arrivait au pouvoir en 2027, alors que le RN est fréquemment critiqué par ses adversaires qui lui reprochent une forme de mansuétude envers Vladimir Poutine. “Aller vers la paix n’est pas, comme le prétendent les va-t-en-guerre de l’arrière qui peuplent les ministères et les plateaux de télévision, un acte de faiblesse, mais un acte de courage”, a-t-elle affirmé. Elle a promis de ne pas envoyer “nos jeunes mourir dans des aventures guerrières inconsidérées ou irresponsables. Et encore moins dans des guerres qui ne sont pas les nôtres”.
La candidate du Rassemblement national a également annoncé son intention d’inscrire le “principe fondateur, inclusif et fraternel” de “communauté nationale” dans la Constitution, souhaitant “ne voir reconnaître qu’un seul peuple” grâce au “refus absolu du communautarisme”. “L’Etat que nous voulons ne sera pas RN mais ce sera une œuvre collective, une œuvre, certes patriote, mais pas partisane”, a-t-elle expliqué.
Attentat raciste de Trappes
Au cours de son interpellation, l’homme soupçonné d’avoir tué une personne et blessé cinq autres, dont une enfant de 12 ans, à Trappes et à La Verrière, s’est félicité, d’avoir “vengé les commerçants” en s’en prenant “aux Noirs et aux Arabes” lors de son interpellation.
Le suspect, âgé de 39 ans, a été placé en garde à vue dans les locaux de la sous-direction antiterroriste. Une garde à vue prolongée de vingt-quatre heures après que le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête du chef “d’assassinats et de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, ethnie, nation ou religion”. Cette garde à vue a été ensuite “suspendue” le temps “d’une période d’observation psychiatrique susceptible de durer 48 heures”.
Selon les premières investigations, Kévin T. visait exclusivement des personnes qui n’étaient pas de couleur blanche. Au cours de la perquisition à son domicile de Plaisir (Yvelines), les enquêteurs ont retrouvé un exemplaire de Mein Kampf, d’Adolf Hitler. L’analyse des supports informatiques de Kevin T. doit désormais établir si le suspect était en lien avec des mouvances de l’ultradroite.
Lors de sa chevauchée meurtrière, une personne a été tuée et cinq autres blessées, dont certaines très grièvement. Parmi elles, une petite fille de 12 ans a été touchée par plusieurs impacts de balles. Transférée en urgence absolue à l’hôpital Necker, à Paris, elle “va mieux” désormais, selon le maire de la commune de La Verrière, Nicolas Dainville.
Gadi Eisenkot, l’homme qui défie Nétanyahou dans les urnes
Gadi Eisenkot n’a pas la même aisance, le même bagout que Benyamin Nétanyahou. D’ailleurs, il fuit les médias étrangers, lui qui reconnait ne pas maitriser très bien l’anglais. Âgé de 66 ans, il est en politique depuis seulement quatre ans, après un long parcours dans les rangs de l’armée. De petite taille et plutôt corpulent, Eisenkot, souvent habillé en noir, fait de sa sobriété sa marque de fabrique.
D’origine très modeste, il a grandi dans les quartiers d’Eilat, au sud du pays. Ses parents sont des immigrants juifs du Maroc. S’il devenait Premier ministre, il serait le premier à être issu de la communauté juive séfarade.
Militaire de carrière, Gadi Eisenkot a connu une véritable ascension, d’abord au sein de la brigade Golani, connue pour son implication au Liban, où il fut simple soldat avant de devenir, après avoir franchi tous les échelons, commandant en chef. En 2015, il atteint le sommet de la hiérarchie militaire, devenant le 21ᵉ chef d’état-major de l’armée israélienne, nommé à ce poste par Benyamin Nétanyahou.
En 2022, il s’engage en politique, sous les couleurs de l’alliance centriste de Benny Gantz, son prédécesseur à la tête de l’armée ; il est élu député à la Knesset. Après le massacre du 7 octobre 2023, Gadi Eisenkot décide de rejoindre le gouvernement Nétanyahou, au nom de l’unité nationale. Ministre sans portefeuille, il participe au cabinet de guerre et au pilotage de l’offensive à Gaza.
C’est d’ailleurs lors d’une réunion de ce cabinet qu’il apprend la mort de son plus jeune fils, Gal Meir, 25 ans, mobilisé comme réserviste dans l’enclave palestinienne. Gadi Eisenkot finit par démissionner en juin 2024, accusant Benyamin Nétanyahou d’avoir délibérément saboté les accords de libération des otages, sous la pression de ses alliés d’extrême droite.
Il crée alors son propre parti, au centre toujours, qui a pour nom Yashar (“intègre” en hébreu), avec seulement six personnes au départ. Aujourd’hui, Yashar a grandi au point de devancer le Likoud de Nétanyahou dans les sondages, mais aucun des deux partis n’est en position d’atteindre la majorité des sièges. Ce sera tout l’enjeu des jours qui suivront l’élection : trouver des alliances pour former une majorité. Eisenkot refuse, tout comme Nétanyahou, l’alliance avec les partis arabes, pourtant faiseurs de roi.
Eisenkot n’a pas de mots assez durs contre Benyamin Nétanyahou. Et s’il a des points de convergences avec ce dernier (refus de la solution à deux États, reconnaissance d’une annexion de facto de la Cisjordanie et volonté de mettre fin à la domination du Hamas à Gaza), il se distingue sur de nombreux points de l’actuel chef de gouvernement.
Il veut ainsi abroger la réforme judiciaire votée par Nétanyahou, s’engage à installer une commission d’enquête sur le 7-Octobre, et promet de mettre un terme à l’exemption du service militaire pour les ultra-orthodoxes. Gadi Eisenkot s’oppose, par ailleurs, au projet de colonie E1 qui couperait la Cisjordanie en deux. Face aux violences des colons en Cisjordanie occupée, il prône une politique répressive (il a parlé à propos de la Cisjordanie de “terrorisme juif”). Enfin, il veut faire adopter une loi interdisant à toute personne poursuivie au pénal de former un gouvernement, visant directement Nétanyahou, dont le procès pour corruption est toujours en cours.


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