Cela s’appelle du révisionnisme, une totale inversion accusatoire ! Quel que soit notre tropisme dans cette affaire -ukrainien ou russe-, l’honnêteté commande de dire que c’est bien l’Ukraine qui a détruit un dortoir d’étudiants à Starobilsk, causant 18 jeunes victimes civiles, tuées durant leur sommeil, et que la Russie a répliqué (4 morts).

Alors que la France devrait déployer tous ses efforts pour la paix, dans un conflit qui a déjà fait des centaines de milliers de morts, elle pousse tous les jours à une guerre totale, alors même que la Russie a modifié sa doctrine nucléaire, sans équivoque possible. Il est inouï d’entendre sur une radio publique le porte-parole du Quai d’Orsay condamner des « crimes de guerre » n’ayant pas été commis (c’est-à-dire simplement des déclarations), sans condamner ceux qui le sont vraiment -et pas seulement sur le territoire russe mais également à Gaza, en Iran, au Liban et qui sont, eux, parfaitement documentés.

J’avais déjà été profondément choqué par le compte-rendu (hier) d’un certain Sylvain Tronchet sur la même station totalement macronisée : invité par les autorités russes pour constater le massacre, au même titre que plusieurs autres « journalistes » occidentaux (qui couvrent les guerres à partir de leur hôtel), il ne pouvait pas vraiment le nier… mais avait choisi de parler de « propagande exploitée à fond sur le registre de l’émotion », « peut-être une erreur », ou un simple « dommage collatéral ». S’en était suivi, pour « équilibrer », un « reportage » très long sur les tribulations d’un Ukrainien qui s’était cogné la tête contre une armoire et se faisait soigner à l’hôpital. Je vous jure que c’est vrai, ça se retrouve facilement.

Je ne reconnais plus mon pays et je suis terrifié par ce qu’il est en train de devenir. Mais est-ce encore un pays ? C’est ça, la vraie question -et ce ne sont pas les gesticulations d’Emmanuel Macron dans la rade de Brest qui y changeront quoi que ce soit, ça c’est du Potemkine pour journalistes peu regardants, comme Renaud Pila, qui a des enthousiasmes de midinette.

Tout est sous nos yeux.

À vous de voir… ou pas.

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