Les Etats-Unis et l’Iran s’accordent pour un cessez-le-feu de deux semaines

Les Etats-Unis et l'Iran se sont mis d'accord pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d'une réouverture du détroit d'Ormuz, un peu plus d'une heure avant l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump qui menaçait de détruire la République islamique. Après plus de cinq semaines de frappes israélo-américaines sur l'Iran, Téhéran a expliqué que des pourparlers se dérouleront à partir de vendredi avec Washington à Islamabad au Pakistan.

“À la suite de discussions avec le Premier ministre Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir, du Pakistan, au cours desquelles ils m'ont demandé de suspendre l'intervention militaire prévue ce soir contre l'Iran, et sous réserve que la République islamique d'Iran accepte l'OUVERTURE TOTALE, IMMEDIATE et SECURISEE du détroit d'Ormuz, j'accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l'Iran pour une période de deux semaines”, a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social. Un peu plus tard, Donald Trump a dit que l'accord sur l'Iran était une “victoire totale et complète”, tout en disant qu'il pensait que la Chine avait incité l'Iran à négocier.

Il a également fait part de discussions “très avancées” en vue d’un accord de paix “à long terme” avec l’Iran. Téhéran a transmis une proposition en 10 points “qui constitue une base viable pour négocier”. De leur côté, les dirigeants iraniens ont confirmé qu’ils acceptaient de rouvrir “pendant une période de deux semaines” le détroit d’Ormuz “si les attaques contre l’Iran cessent”, a écrit sur X le ministre iranien des Affaires étrangères.

“Il a été décidé au plus haut niveau que l’Iran engagera, pendant une période de deux semaines, des négociations avec la partie américaine à Islamabad”, a ajouté le Conseil suprême de la sécurité nationale dans un communiqué. “Il est précisé que cela ne signifie pas la fin de la guerre, et que l’Iran n’acceptera la cessation des hostilités que lorsque les négociations auront abouti”.

De son côté, Israël a dit soutenir la décision du président américain Donald Trump de suspendre les frappes contre l’Iran pendant deux semaines dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz, mais a assuré que la trêve n’incluait pas le Liban.

L’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran a été extrêmement bien accueillie sur les marchés : les cours du pétrole ont ainsi rapidement baissé de plus de 15%, repassant sous les 100 dollars (85 euros) le baril.

Cécile Kohler et Jacques Paris en route vers la France

Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris “sont libres et en chemin vers le territoire français, après trois ans et demi de détention en Iran”, a déclaré Emmanuel Macron sur X. Ils sont arrivés en France, après avoir passé la nuit à Bakou, en Azerbaïdjan, a précisé le Quai d'Orsay. “C'est un soulagement pour nous tous et évidemment pour leurs familles. Merci aux autorités omanaises pour leurs efforts de médiation, aux services de l'Etat et aux citoyens qui se sont mobilisés sans relâche et ont ainsi contribué à leur retour”, a ajouté le président de la République.

Quelques minutes après, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré qu'il s'était entretenu au téléphone avec les deux ex-détenus : “Ils m'ont exprimé leur émotion et leur joie de retrouver bientôt leur pays et leurs proches”.

Cécile Kohler et Jacques Paris avaient été condamnés en octobre dernier, notamment pour espionnage au profit d’Israël, avant d’être assignés à résidence à l’ambassade de France début novembre. La professeure de lettres de 41 ans et l’enseignant retraité de 72 ans avaient été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage touristique en Iran.

Peu après l’annonce du rapatriement des deux Français, l’assignation à résidence d’une Iranienne condamnée en France fin février a été levée. “Le commissariat a appelé” Mahdieh Esfandiari pour lui signifier que la mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance émise par le ministère de l’Intérieur était “levée”, a fait savoir l’avocat de cette ressortissante iranienne, souvent citée comme possible monnaie d’échange contre les deux Français.

L'entourage d'Emmanuel Macron a assuré qu'il n'y a pas eu d'accord avec la République islamique d'Iran pour un échange avec cette ressortissante iranienne. Interrogé à ce sujet lors du journal de 20 heures de France 2, Jean-Noël Barrot a répondu “qu'en aucun cas et d'aucune manière, nous n'avons mêlé le sort de nos otages avec les choix de politique étrangère de la France”.

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La controversée proposition de loi Yadan

Composée de quatre articles et déposée à l’Assemblée nationale en novembre 2024, la proposition de loi de Caroline Yadan vise à lutter “contre les formes renouvelées de l’antisémitisme” en élargissant le délit d’apologie du terrorisme. Initialement, la députée des Français basés à l’étranger, et notamment en Israël, voulait “punir également les provocations indirectes”. Un amendement des socialistes adopté en commission en janvier remplace la notion de provocation indirecte par la provocation implicite et plus seulement explicite.

Apparentée Ensemble pour la République depuis qu’elle a pris ses distances avec le parti après la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France, en juillet 2025, Caroline Yadan a aussi voulu sanctionner “des propos publics présentant des actes de terrorisme comme une légitime résistance”. Une mesure ciblant, sans la nommer, La France insoumise, qu’elle avait accusée en janvier 2025 de porter une “haine du juif”.

L'autre article phare de la proposition de loi, notamment soutenue par le Conseil représentatif des institutions juives de France et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, prévoyait “un nouveau délit réprimant le fait de provoquer à la destruction ou à la négation d'un Etat ou de faire publiquement l'apologie de sa destruction ou de sa négation”.

Dans la version adoptée par la commission des lois, en janvier, il n'est plus prévu de modifier le Code pénal, mais la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, en sanctionnant ceux qui appellent “publiquement, en méconnaissance du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et des buts et principes de la charte des Nations unies, à la destruction d'un Etat reconnu par la République française”.

Très rapidement, le texte a rencontré une vive opposition, dans le contexte inflammable du conflit au Proche-Orient et ses répercussions en France. La France insoumise, mouvement qui défend ardemment la cause palestinienne face au gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou, a dénoncé dès janvier 2025, un texte visant à “salir et tenter de faire taire toute voix s’opposant aux assassinats commandés par l’Etat d’Israël”.

L’opposition émane aussi de la société civile. Lancée mi-février par Alexandre Balasse, ingénieur agronome de 26 ans, une pétition appelle les députés à “voter contre ce projet de loi liberticide appuyant une politique colonialiste et génocidaire”. Elle dénonce “un amalgame entre l’antisémitisme et la critique d’Israël (antisionisme)”, ce qui pourrait constituer selon lui “un réel danger pour la liberté d’expression, en muselant tout soutien à la cause palestinienne”. La pétition contre le texte de Caroline Yadan a déjà recueilli 554 806 signatures et continue d’enregistrer plusieurs centaines de paraphes par heure.

Si la proposition de loi est portée par une députée apparentée EPR, elle a été soutenue dès son dépôt par de nombreux parlementaires du socle commun, qui comprend le centre et la droite. Le groupe d’indépendants Liot votera lui aussi en faveur de ces mesures. Le Rassemblement national et le mouvement ciottiste de l’UDR ont également défendu le texte.

Les socialistes Jérôme Guedj et François Hollande défendent également le texte. En revanche, Olivier Faure, patron du PS, assure que les députés voteront contre, une position nuancée par le porte-parole Arthur Delaporte, qui a précisé que la position du groupe serait définie la semaine du 13 avril. En commission, les députés socialistes s’étaient abstenus lors de l’examen du texte. De son côté, comme LFI et les communistes, le groupe écologiste votera contre.

Avec le soutien de sept groupes sur onze, qui regroupent une majorité de députés, la proposition de loi a de fortes chances d’être adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, vendredi 17 avril. Elle devra ensuite être transmise au Sénat et inscrite à l’ordre du jour de la chambre haute, où le centre et la droite sont majoritaires face à la gauche.

Nicolas Sarkozy réfute avoir conclu le moindre pacte de corruption avec la Libye

En introduction de son interrogatoire devant la cour d’appel de Paris, Nicolas Sarkozy a tenu à s’adresser aux proches des personnes tuées dans l’attentat du DC-10 qui a explosé en vol en septembre 1989. L’ancien président de la République, à nouveau jugé depuis le 16 mars dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse en 2007, se met à leur place : “J’aurais eu la même colère, le même chagrin.”

Car “l’association de malfaiteurs”, pour laquelle Nicolas Sarkozy a été condamné, repose notamment sur la “contrepartie du suivi du dossier pénal” du terroriste libyen Abdallah Senoussi, considéré comme le “cerveau” de l’attentat du DC-10 d’UTA.

Le dictateur libyen Mouammar Kadhafi “n'avait aucune prise sur moi, ni sur le plan financier, ni sur le plan politique, ni sur le plan personnel”, insiste l'ancien chef d'Etat.

Pour le président de la cour, un retour sur les vues présidentielles de Nicolas Sarkozy en 2007 s’impose. Se replonger dans le contexte politique de l’époque n’est pas anodin car les réponses de l’ancien ministre de l’Intérieur doivent permettre à la cour de savoir s’il était assuré du soutien de son parti fin 2005. À l’issue du premier procès, le tribunal a considéré qu’à cette période, “Nicolas Sarkozy n’était pas encore certain d’être investi par son parti et d’obtenir son financement”.

Il aurait ainsi laissé ses plus proches collaborateurs, Brice Hortefeux et Claude Guéant, rencontrer le haut dignitaire libyen Abdallah Senoussi dans l’objectif “d’obtenir des fonds”. Ce que Nicolas Sarkozy conteste. Il assure qu’il était le “candidat naturel” de l’UMP pour 2007, “aux yeux de la majorité des observateurs”.

Le président de la cour d’appel a également interrogé Nicolas Sarkozy sur les voyages en Libye de Claude Guéant et de Brice Hortefeux. Le premier s’y est rendu le 1er octobre 2005, cinq jours avant le déplacement à Tripoli (Libye) de Nicolas Sarkozy, dont il était alors le directeur de cabinet à l’Intérieur. Le second a effectué une visite fin décembre 2005, lorsqu’il était ministre délégué aux Collectivités territoriales, rattaché à l’Intérieur.

Tous les deux ont toujours affirmé que l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, l’un des rouages de ce dossier, mort en septembre 2025, les avait “piégés” en leur faisant rencontrer Abdallah Senoussi. “Claude Guéant a dit qu’il s’était greffé à cette soirée, ça n’a jamais été préparé avant. Je n’ai pas de raison de mettre en doute sa parole”, assure à la barre Nicolas Sarkozy. Néanmoins, selon lui, Claude Guéant a commis “une erreur”. Pour Brice Hortefeux aussi, “c’est une erreur de sa part de se laisser mener par Ziad Takieddine”, selon Nicolas Sarkozy.

Pourtant, selon le tribunal qui l’a condamné, ces rencontres ont été organisées dans “l’objectif de préparer une corruption”. Des accusations que Nicolas Sarkozy rejette en bloc. “Je n’ai pas demandé à voir monsieur Kadhafi, c’est lui qui m’a demandé à me voir”, s’agace Nicolas Sarkozy au sujet de sa rencontre, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, avec le dictateur libyen, le 6 octobre 2005 sous une tente à Tripoli.

“Il n’y a pas eu le moindre pacte entre eux et moi. Je le dirai jusqu’à mon dernier souffle, car c’est la vérité”, siffle Nicolas Sarkozy. Cette première journée n’a toutefois pas convaincu certaines parties civiles.

Grève des ambulanciers privés

Sur les six derniers mois, le nombre de défaillances d'entreprises a été multiplié par trois”, déplore Dominique Hunault, président du premier syndicat représentatif des ambulanciers privés, la CNSA, alors qu’une journée blanche des ambulances, avec grève et manifestations, a eu lieu aujourd’hui. “Nous ne sommes pas très nombreux en France, un peu moins de 5 000 entreprises, et à l'heure actuelle, il y en a 150 qui sont en procédure administrative ou judiciaire”, assure le président du CNSA.

Selon lui, les ambulanciers travaillent à perte, avec notamment des tarifs de l’Assurance-maladie jugés trop bas : “Le prix moyen, c’est 64 euros de l’heure, pour mettre en place deux ambulanciers, une ambulance, et avec tout le matériel qu’on utilise”, avance Dominique Hunault. “Si vous allez chez votre mécanicien, vous verrez que c’est à peu près 90 euros de l’heure. Et si jamais on doit utiliser du matériel, c’est encore dans notre poche.”

Les ambulanciers réclament entre autres un “déblocage de fonds d’urgence pour éviter les faillites en chaîne et l’ouverture de négociations avec l’Assurance maladie” pour trouver un “modèle soutenable” ou encore “le respect strict des délais de paiement des marchés publics”. Les ambulanciers privés en grève peuvent être réquisitionnés par les autorités pour assurer la continuité du service sanitaire, en particulier pour les missions d’urgence.


Trêve en Iran dans la revue de presse du mercredi 8 avril

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