Ce soir avec Code Reinho: les exosquelettes sur le terrain.
(notre MONSTERCLASS du mois pour le conducteur html / three.js : www.scanderia.com)
En mars 2026, le 7e Corps d’assaut aérien ukrainien annonce des essais en conditions de combat. Des vidéos circulent avec une combinaison noire intégrale, casque fermé, course avec un fusil. Code Reinho, dans son premier article sur X (« Les exosquelettes au combat »), décrit autre chose: ce que portent vraiment les unités sous le treillis.
Un cadre léger autour de la taille et des cuisses. Le geste est simple. Un artilleur se baisse, soulève un obus de 155 mm (environ 45 à 50 kg), marche quelques mètres, charge un Caesar ou une Bohdana. Quinze à trente fois par jour, ça monte jusqu’à 1,2 tonne de métal par homme. L’exo soulage le dos et les genoux pour tenir une rotation de plus.
Deux machines, deux philosophies.
La première: Hypershell X Pro. Produit civil chinois, environ 2 kg, moteurs aux hanches, modes dits intelligents, jusqu’à environ 30 % d’effort en moins sur les jambes, pliable dans une mallette, vendu pour la randonnée. Hypershell a déclaré à Popular Science que ses appareils sont conçus pour un usage civil, qu’elle ne les commercialise pas pour le militaire, et qu’elle ne soutient ni ne cautionne une application militaire. Elle n’a pas nié que c’était son matériel sur les images. Même schéma que pour les FPV: un produit civil fait déjà l’essentiel du travail, puis arrive au front.
La seconde: Gyurza-1, ukrainien (Military Trade). Passif. Pas de moteur, pas de batterie, pas d’électronique. Moins de 2 kg. Plaque dorsale, appuis d’épaules, nœud de hanche qui renvoie le poids vers le bassin. Objectif annoncé: porter jusqu’à 70 kg sans casser le dos. Dans une guerre saturée de brouillage, l’absence d’électronique devient un argument. Forme proche d’un harnais de portage. C’est souvent ce qui tient au quotidien.
Les retours officiels restent modestes et cohérents: moins de fatigue, rythme plus soutenu, efficacité plus longue. Un sergent a évoqué, via EFE, la possibilité de passer d’environ 50 à 70 obus dans la journée si le rythme tient. Un appui de 20 à 30 % sur les jambes ne crée pas un super-humain. Il peut éviter qu’un servant de 40 ans soit hors service au bout de trois semaines.
Limites claires. Ça n’arrête ni balle ni éclat. Ça n’augmente pas la force des bras comme dans le comic. La version motorisée dépend d’une batterie et d’une électronique exposées à la boue, au gel et au brouillage. Une combinaison intégrale type vidéo virale grossirait surtout le profil face aux FPV. Après quinze ans de rêves d’armure côté occidental (TALOS et suites), ce qui reste sur le terrain, ce sont surtout les jambes, les hanches et le dos.
On élargit ensuite l’angle pacifico-industriel.
Sous Occupation, le CDM (Camouflage du Matériel) prépare des composants de char sous couvertures civiles: trolleybus, Transsaharien, chasse-neige pour la Kriegsmarine, tracteur de travaux publics. À la Libération, ces briques nourrissent le char ARL-44 (Atelier de Construction de Rueil). Engin imparfait, service bref. Le savoir technique, lui, n’avait pas disparu. Une techno dite civile sur le papier peut changer de rôle dès que le terrain l’exige.
Autre cousin de mobilité augmentée: Kawasaki CORLEO, présenté à l’Expo Osaka 2025. Monture robotique à quatre pattes, hydrogène, pensée pour la montagne et les zones sans route. On confond souvent avec Yamaha; la marque est Kawasaki. Secours, outdoor, loisir: la même famille technologique sert aussi hors du champ de bataille.
Côté soft robotics: muscles artificiels pneumatiques (McKibben), soft exosuits cliniques. La lignée Harvard Wyss vers ReWalk ReStore aide la marche après un AVC. Au MIT, en 2026, des fibres muscles électrofluidiques poussent la frontière des actionneurs en laboratoire. Ici, le gain concret reste médical et industriel autant que militaire.
Usines, docks, chantiers, hôpitaux: German Bionic, SuitX/Ottobock, EksoWorks. Le marché de masse est civil. La guerre révèle surtout la maturité dual-use, comme jadis le GPS, Internet ou les drones. Le progrès qui compte sera prosaïque: moins de hernies, une rotation de plus, des obus qui arrivent un peu plus vite à la pièce. Déjà immense.
Invité: Code Reinho (@CodeReinhoTac)
Référence: article X « Les exosquelettes au combat » (26 septembre 2026)
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Les Ukrainiens déploient des EXOSQUELETTES Chinois au front : l'analyse de Code Reinho
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