Loi d’urgence agricole : huit ONG appellent le Conseil constitutionnel à censurer le texte
Huit ONG de défense de l'environnement et le syndicat agricole Confédération paysanne décident de faire cause commune contre la loi d’urgence agricole, en soutenant les recours déposés par des parlementaires devant le Conseil constitutionnel. Ces ONG appellent à censurer la loi, au motif que certaines mesures sont contraires à la Constitution.
Pour protester contre ce vote, les organisations ont adressé une contribution écrite au Conseil constitutionnel. Elle explique pourquoi, de leur point de vue, cette loi adoptée par le Parlement viole la Charte de l'environnement, texte intégré à la Constitution. Selon eux, la loi passe outre plusieurs principes édictés par cette Charte, notamment le principe de précaution et le droit à vivre dans un environnement respectueux de la santé.
Les ONG dénoncent en particulier trois points : la réintroduction des deux pesticides controversés que sont l’acétamipride et la flupyradifurone ; le doublement du stockage agricole de l’eau d’ici 2035, qui ne respecte pas le devoir de préserver l’environnement ; et les dispositions sur l’élevage qui limitent la transparence de l’information environnementale garantie par la Charte.
Les signataires regroupent les principales ONG françaises de défense de la nature, dont la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Générations Futures, soutenue par France Nature environnement ou encore le WWF France, ainsi que le syndicat agricole Confédération paysanne.
La loi d’urgence agricole a été votée par le Parlement il y a deux semaines, le 21 juillet. Le 24 juillet dernier, les Ecologistes, La France insoumise et les socialistes avaient annoncé avoir déposé un recours devant le Conseil constitutionnel contre cette loi. Le Conseil constitutionnel n’a pas encore donné de date pour se prononcer.
Volodymyr Zelensky limoge l’ambassadrice ukrainienne aux Etats-Unis
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé son ambassadrice aux Etats-Unis, Olga Stefanichyna. Le décret présidentiel mentionne simplement la “révocation” de cette diplomate “de ses fonctions d’ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de l’Ukraine aux Etats-Unis”. Cette décision était attendue depuis le remanieme,t gouvernemental de juillet. Il n’en reste pas moins que la décision est hautement sensible, alors que Kiev réclame à Washington de nouveaux missiles Patriot pour contrer les frappes russes.
Olga Stefanichyna, de son côté, a expliqué sur Facebook qu’il s’agissait d’une “décision personnelle, motivée par des circonstances personnelles” et a publié une lettre dans laquelle elle demandait à être relevée de ses fonctions. Elle s’est félicitée d’avoir “accru les livraisons d’armes américaines et maintenu ce soutien précisément au moment où le climat politique à Washington évoluait en défaveur” de l’Ukraine. Olga Stefanichyna fait l’objet d’une enquête de l’agence anticorruption ukrainienne pour des soupçons de malversations, même si elle n’a pas encore été formellement inculpée.
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La région Ile-de-France se constitue partie civile après les incendies de Fontainebleau
Les incendies de Fontainebleau ont ravagé environ 2 000 hectares du massif forestier, soit 10% de sa surface totale. Il faudra donc du temps pour que ce milieu naturel retrouve vie. En attendant, la région Ile-de-France dirigée par Valérie Pécresse a annoncé son intention de se constituer partie civile, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte par le parquet de Fontainebleau.
Le feu s’était déclaré le 12 juillet en bordure de l’A6. Selon la procureure de la République de Fontainebleau, ce sont des travaux de réparation d’une glissière de l’autoroute A6 et l’étincelle d’une disqueuse thermique qui auraient mis le feu à la végétation puis à la forêt jouxtant l’autoroute. Deux ouvriers ont été mis en examen pour “destruction involontaire par incendie par manquement à une obligation de sécurité ou de prudence”. Ils ont été laissés libres sous contrôle judiciaire. Le gérant de la société a lui été placé sous le statut de témoin assisté.
Par ailleurs, deux hommes de 18 ans – dont un pompier volontaire – ont été mis en examen et écroués. Ils sont soupçonnés d’avoir mis le feu, cette fois délibérément, en deux autres endroits.
La plainte visant le député Charles Alloncle pour prise illégale d’intérêts classée sans suite
La plainte visant le rapporteur de la commission sur l’audiovisuel public Charles Alloncle pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence a été classée sans suite, a annoncé le parquet national financier. Cette plainte contre X avait été envoyée début mai par Jérôme Karsenti, avocat de l’association AC!! Anti-Corruption. Celui-ci soutenait alors que Charles Alloncle avait influencé la teneur des débats en posant des questions suggérées par la direction de Lagardère News, afin qu’ils en tirent tous deux des intérêts.
Le parquet national financier a estimé que la qualification pénale de “prise illégale d’intérêts” n’était pas susceptible d’être appliquée à une commission d’enquête parlementaire. “Par ailleurs, s’agissant de l’infraction de trafic d’influence, la perception d’un avantage indu par Charles Alloncle n’est pas apparue suffisamment étayée pour justifier l’ouverture d’une enquête pénale“, a-t-il précisé.
Le quotidien Le Monde avait révélé que la direction des affaires institutionnelles et réglementaires de Lagardère News avait envoyé des listes de questions à plusieurs députés – dont Charles Alloncle – afin qu’ils les posent aux personnes auditionnées. Charles Alloncle avait affirmé que s’il en avait été destinataire, il ne les avait pas utilisées. Il avait par ailleurs indiqué n’avoir “jamais rencontré” la présidente de Lagardère News, Constance Benqué, et avoir tenu à son “indépendance la plus stricte tout au long de cette commission”.
Chacun sa stratégie de campagne durant l’été pour les candidats à la présidentielle
Aux côtés de deux femmes en costume breton, Gabriel Attal s’affiche dans les rues de Quimper, lors du festival de Cornouailles. Durant trois jours, le candidat de Renaissance à la présidentielle a enchaîné les rencontres avec les habitants, touristes et acteurs locaux.
Pour le patron du parti présidentiel, l’été ne rime pas avec farniente, et ne sera pas synonyme de quelconques vacances, à dix mois de l’élection. L’ancien Premier ministre va donc enchaîner les déplacements partout en France. Le message est limpide : Gabriel Attal sera à la tâche auprès des Français, et donc des futurs électeurs. Le prétendant à l’Elysée veut surtout capitaliser sur cette période pour rattraper son retard sur l’autre candidat du bloc central et de la droite : Edouard Philippe.
L'autre ancien Premier ministre, candidat de longue date à la présidentielle, s'octroie, lui, plusieurs jours de congé en famille entre la dernière semaine de juillet et les quinze premiers jours d'août. Sa destination est tenue secrète.
Auparavant, Edouard Philippe a lui aussi poursuivi ses déplacements en région, après un premier meeting à Paris le 5 juillet. Il était, par exemple, mi-juillet à Guérande et à La Baule auprès des maires, mais aussi le 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray, à l'occasion de la commémoration des 10 ans du meurtre du père Hamel.
Le patron d’Horizons fera ensuite son grand retour médiatique la semaine du 17 août. Il participera, comme plusieurs autres candidats à la présidentielle, au débat organisé par le Medef, le 27 août, à Roland-Garros, où il échangera sur la thématique économique. Le 29, il sera à Sens pour débattre avec François Hollande, dans le cadre de l’université d’été du Laboratoire de la République, le think tank de Jean-Michel Blanquer. Le 30 août, enfin, il sera à la traditionnelle rentrée politique du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, à Tourcoing, dont un futur ralliement à sa campagne bruisse dans le milieu politique.
Du côté de Bruno Retailleau, le candidat des Républicains va faire campagne pour les sénatoriales qui auront lieu le 27 septembre. Le patron de la droite n’a pas prévu de séquence particulière début août. Mais il a lui aussi enchaîné les déplacements en juillet.
Après ses montagnes russes judiciaires, Marine Le Pen s'accorde, comme toujours, une vraie coupure estivale. Condamnée en appel pour détournement de fonds publics le 7 juillet, mais libérée de l'exécution de sa peine d'inéligibilité, la députée du Pas-de-Calais a pu se lancer dans sa quatrième course à l'Elysée. La patronne du Rassemblement national va passer ses vacances dans le fief familial de La Trinité-sur-Mer.
Cet agenda allégé commencera à se remplir à la fin du mois d’août. Marine Le Pen est invitée, pour la première fois, à la rencontre organisée par le Medef, le 27. Toujours à l’extrême droite, Eric Zemmour opte lui aussi pour une pause estivale dans l’Hexagone et un programme politique discret, avec des vacances entre les Landes et la Provence, avant de réunir les troupes de son mouvement Reconquête, les 12 et 13 septembre au Port-Marly.
De l’autre côté de l’échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon, lui aussi candidat pour la quatrième fois, prend également des vacances en août. Le leader de La France insoumise est resté très actif au mois de juillet. Avant la pause d’août, ses troupes n’ont pas chômé. Comme chaque été depuis 2016, les militants insoumis ont sillonné l’Hexagone à bord de leurs caravanes populaires pour faire du porte-à-porte, du 18 au 29 juillet. Une stratégie pour occuper le terrain l’été, faire connaître le programme de leur candidat et cibler les abstentionnistes, identifiés par LFI comme un réservoir de voix. Le tribun se rendra à Valence, aux universités d’été de LFI, dont son meeting, le 23 août, sera le point final.
Marine Tondelier, elle, a vu ses projets d’été chamboulés : le 27 juillet, la candidate des Ecologistes a posté une vidéo sur Instagram pour expliquer qu’elle arrêtait le tour de France qu’elle menait depuis plusieurs semaines. Après une pause chez elle, à Hénin-Beaumont, elle sera de nouveau sur le pont mi-août pour préparer les universités d’été des Ecologistes, prévues du 20 au 22 août à Grenoble.
La pause estivale s’annonce comme un moment clé de réflexion pour Raphaël Glucksmann. L’eurodéputé (Place publique) prendra la parole avant la fin de l’été pour se prononcer sur son éventuelle candidature à la présidentielle. Il doit aussi trancher sur sa possible participation à la primaire interne du Parti socialiste. Après un peu de repos en Corse, il reprendra sa campagne début août et se rendra dans l’Aude le 12, pour visiter des communes touchées par les incendies.
Au Parti socialiste justement, François Hollande s’est laissé un peu plus de temps. “Si je dois me déclarer, ce sera en décembre”, a-t-il affirmé dans un entretien vidéo avec le journaliste Jean-Jacques Bourdin. L’ancien président prendra ses quartiers d’été en Corrèze et dans le Gers. Fin août, le député de Corrèze a prévu de se rendre à Paris pour l’université d’été de la monoparentalité, puis à Blois pour le campus estival du PS, le 28 août, avant de retrouver Edouard Philippe à Sens pour un débat.
Enfin, Fabien Roussel se rendra comme chaque été dans le même camping, en Corse. Largement réélu secrétaire national du Parti communiste le 5 juillet, le maire de Saint-Amand-les-Eaux s’estimait dans la foulée “à 85%” candidat à la présidentielle. Reste à trouver les 15% restants, peut-être au fil de l’été, notamment lors de l’université d’été du PCF, à Toulouse, du 21 au 23 août.
68 euros. C’est le tarif d’une baignade hors zone autorisée, présenté comme une simple « évolution réglementaire » — la même formule pudique qu’on emploie pour ranger la mise au pas de la parole publique. Ce lundi, une journaliste russe est expulsée sans loi votée examinée par le Conseil constitutionnel, un chanteur visé par des dizaines de plaintes circule librement, et deux barons du macronisme peaufinent en coulisses leur alliance pour 2027. Le fil qui relie tout ça, je vous le montre plutôt que de vous le raconter.
Le délit d’opinion, la loi du plus fort
Xenia Fedorova, journaliste russe, est expulsée du territoire français — Philippe de Villiers lui-même, qu’on ne peut pas suspecter de complaisance envers Moscou, compare la mesure à la loi des suspects de 1793 dans les colonnes du JDD. RT France est fermé, C8 aussi : la question n’est plus de savoir si on censure, mais qui sera visé ensuite — a-t-on encore le droit de dire que Zelensky est sulfureux, que la corruption ukrainienne existe, que l’appartenance à l’OTAN pose question ? Pendant ce temps, des mineurs délinquants sortent de garde à vue pour un couac législatif, Camille attend un procès depuis six ans pour l’agression qu’elle a subie à 13 ans par son professeur de judo, et personne sur les plateaux ne pose la question que je pose : « Pourquoi Patrick Bruel, il est toujours pas en prison, en fait ? » Il faut bien des porte-voix pour faire tenir cet édifice : Bruno Tertrais, mon suce-boule du mois, salue sur BFM et LCI la « discrétion » de Lecornu et Nunez — dans un journal financé par un milliardaire tchèque.
▶ 0:00 — Amendes de baignade, censure et Lecornu fier de son bilan
▶ 28:39 — Justice à deux vitesses : mineurs libérés, victimes oubliées, Avignon
▶ 1:04:50 — L’expulsion de la journaliste russe jugée illégale
▶ 1:33:55 — Pourquoi Patrick Bruel n’est-il pas en détention, s’interroge Alexis
▶ 1:40:47 — Bruno Tertrais, « suce-boule du mois », et Tucker Carlson menacé
Ceuta : ce que Libération ne raconte pas
La crise à Ceuta a été couverte comme un fait divers : l’extrême droite qui récupère la panique, jamais ce qui la nourrit. Personne ne raconte la jeunesse marocaine qui n’a plus rien à perdre, ni le faste dans lequel vit Mohammed VI pendant que ses sujets fuient à la nage. Les mafias de passeurs font des affaires en or sur cette détresse, et l’histoire ne s’arrête pas aux plages espagnoles : le Sahara occidental, les intérêts d’Israël et des États-Unis, la diplomatie arrangeante de Pedro Sanchez pèsent bien plus que les images de barbelés qu’on nous ressert en boucle.
▶ 10:28 — Ceuta : ce que les médias mainstream ne disent pas sur le Maroc
Le Porge : la colère traitée en complotisme
Au Porge, les habitants n’ont pas eu de pompiers avant que le feu n’ait tout pris. Ils demandent une enquête sur la chaîne de commandement des premières 48 heures — on les traite de complotistes. Le Premier ministre lui-même aurait rangé la colère des sinistrés dans la case des fake news, version pudique du « j’irai les emmerder » présidentiel, et c’est la même mécanique qu’on retrouve contre tout opposant un peu gênant : fichage S, accusation d’antisémitisme, d’ingérence étrangère ou de complotisme — j’ai vu l’appel à ficher Jean-Luc Mélenchon circuler comme une évidence. Face à cette technique bien huilée, le camp macroniste patauge sans organisation ni ligne, un naufrage dans les sables mouvants qu’aucune communication ne rattrapera.
▶ 15:14 — Le Porge : la polémique sur la gestion des 48 premières heures
▶ 1:28:00 — Lecornu et les macronistes accusés de mépriser les opposants
2027 : le théâtre coûte cher, la porte reste fermée
Gabriel Attal veut « renverser la table » et « faire foncer la France à 140 » — c’est pourtant lui qui, au gouvernement, a fixé la limite à 130. Pendant qu’il joue les pilotes, lui et Édouard Philippe ont monté un « comité de liaison » pour ne pas se marcher sur les pieds si les deux se présentent, un arrangement de cour qui ressemble à une entente mafieuse. Gérard Larcher, lui, prépare son coup : lâcher Laurent Retailleau pour s’allier à Philippe, qu’on croyait grillé depuis les Gilets jaunes et l’affaire Jérôme Rodriguez. Ce théâtre coûte cher : en 2022, Emmanuel Macron a dépensé plus de 16 millions d’euros de campagne sans daigner débattre, quand Philippe Poutou ou Jean Lassalle tenaient debout avec moins d’un million — personne n’a jamais dit où étaient passés ces 16 millions. Face à ce mur d’argent et de connivence, réunir 500 parrainages de maires reste une épreuve quasi insurmontable pour un citoyen anonyme comme Jean-François Legende ou Clara Eger, tandis que le Charles de Gaulle fait des ronds dans l’eau en Méditerranée sur ordre de l’Élysée et que l’industrie allemande s’effondre de 33 % — le décor qui accueillera, en 2027, les mêmes visages.
▶ 21:29 — Ces candidats anonymes qui rêvent de l’Élysée face au système
▶ 24:46 — La chasse aux 500 signatures et le programme du candidat au chapeau
▶ 35:38 — Son programme de rupture et l’appel aux maires signataires
▶ 40:31 — Xavier Bertrand candidat et le vrai coût des campagnes 2022
▶ 47:54 — Gabriel Attal veut « renverser la table » : démontage en règle
▶ 59:20 — Le Charles de Gaulle, Volkswagen et les manœuvres de Larcher
Entre l’expulsion d’une journaliste et le silence sur seize millions d’euros de campagne, le message est le même : le pouvoir ne craint pas d’être contesté, il craint d’être compris.
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