Les plateaux sont allumés trop haut
Leur lumière tombe droite
sans ombre
et les visages s’y dissolvent
comme du sel dans l’eau chaude.
Dehors, octobre tient la ville.
Les lycées s’embrasent
Les politiciens font et refont leurs comptes
Les journalistes en villégiature
Affûtent leurs punchlines
Entre deux Spritz hors de prix.
Un camion brinquebalant passe au loin
et n’emporte que son propre bruit.
Dans la maison de Tousséguiel
la fenêtre est entrouverte.
Une bougie tient contre le courant
Elle n’éclaire pas la rue.
Elle éclaire la main qui rompt le pain,
le grain du bois, le bord de l’assiette.
Personne ne la filme.
Elle ne gagne aucune élection.
Pourtant la pièce existe
parce qu’elle est là :
petite, presque honteuse,
assez forte pour que deux personnes
se voient encore.
La nuit n’est pas vaincue.
Elle est seulement traversée
par cette flamme qui ne cherche pas
à être vue de loin.
Avant de partir, offrez-moi un café…


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