Mediapart attribue à Jordan Bardella des écrits antisémites datant de 2013
Mediapart accuse Jordan Bardella, lorsqu’il était jeune militant du Front national, l’ancien nom du Rassemblement national, d’avoir tenu en 2013 des propos antisémites dans des conversations écrites. Le président du RN conteste “formellement” les propos allégués auprès du journal d’investigation, en dénonçant des “faux grossiers”.
Au terme d’une enquête “de plusieurs mois” avec “des dizaines de conversations écrites”, Mediapart dresse le portrait d’un jeune homme “totalement aligné sur les thèses de l’activiste antisémite multicondamné Alain Soral”. Selon Mediapart, Jordan Bardella écrit notamment dans une conversation, dont le média a conservé l’orthographe d’origine : “Toutes les banques sont détenues par des Juifs. Le juif doit dominé les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. En France, deux bels exemples sont BHL ou Attali. Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israel, avec bien sur Jérusalem comme capitale.”
Jordan Bardella a 18 ans en septembre 2013. Dans le cadre d’une autre conversation de l’époque, évoquée par Mediapart, le jeune militant déplore que les ministères “les plus importants” du gouvernement de Jean-Marc Ayrault “reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt bancaire priment sur les intérêts Français”. Il cible trois ministres du quinquennat Hollande, selon Mediapart : Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls.
Sollicité par le média d'investigation avant la publication de l'article, le président du RN a répondu par e-mail et contesté “formellement” avoir “tenu, en public, comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type”. “Ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu'un faux, qu'une barbouzerie dont Mediapart a le secret”, a réagi Marine Le Pen.
Un faux service du ministère de la Justice employait huit personnes
Une structure fictive se présentant comme un service du ministère de la Justice et chargée de missions liées à la protection de l’enfance, qui employait huit personnes au moyen de faux contrats de travail, a été démantelée en juin dans le Finistère. Deux suspects ont été mis en examen dans cette affaire, dont une femme de 38 ans placée en détention provisoire.
L’enquête a débuté en mars 2026, après un signalement des Finances publiques concernant les démarches d’une structure qui sollicitait la prise en charge de ses frais de fonctionnement. Le 23 mars, les services de l’Inspection du travail et de l’unité régionale chargée de la lutte contre le travail illégal se sont rendus dans les bureaux loués par la structure. Les employés présents sur place ont alors appris qu’ils avaient été victimes d’une escroquerie.
Aucun d’entre eux n’avait toutefois perçu de salaire, la responsable invoquant des délais liés à la mise en place administrative d’une structure nouvellement créée. Plusieurs commerçants ayant fourni des véhicules, du matériel informatique et d’autres biens n’avaient pas non plus été payés.
La femme présentée par les employés comme la directrice de la structure est une habitante de l’agglomération quimpéroise âgée de 38 ans. Déjà condamnée à cinq reprises, dont trois fois pour escroquerie, elle a été interpellée le 30 juin avant d’être mise en examen pour escroquerie au préjudice d’un organisme public, escroquerie en récidive, faux et usage de faux et travail dissimulé. Elle encourt jusqu’à 14 ans d’emprisonnement.
Un homme de 49 ans, qui se présentait comme son comptable et son directeur de cabinet, a également été mis en examen pour escroquerie, travail dissimulé et activité de gestion malgré interdiction. Placé sous contrôle judiciaire, il encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Tensions entre le gouvernement et les élus LFI sur le mouvement de blocus dans les lycées
Depuis une semaine, des lycéens d’Ile-de-France bloquent leurs établissements pour protester, entre autres, contre la surcharge des classes et des emplois du temps ou encore l’absence de professeurs. Des rassemblements qui ont parfois dégénéré en actes de vandalisme.
Selon l’académie de Créteil, “la mobilisation semble s’intensifier cette semaine, avec un nombre d’établissements concernés conséquent, notamment dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis”, mais aussi en Seine-et-Marne. Par ailleurs, quatre lycées ont déjà été bloqués dans les Alpes-Maritimes et le Var, selon le rectorat de l’académie de Nice, qui précise qu’il y a eu des dégradations.
Alors que des images publiées sur les réseaux montrent des heurts entre policiers et adolescents aux abords d’établissements bloqués, le ton monte entre le gouvernement et La France insoumise, qui compte de nombreux élus en Ile-de-France, où le mouvement a démarré. Les élus du parti assument apporter leur soutien au mouvement lycéen mais nient toute tentative d’instrumentalisation. Ils accusent également le gouvernement d’avoir “ordonné la répression”.
Du côté du gouvernement, Edouard Geffray a accusé “des députés LFI d’encourager depuis mercredi des jeunes à bloquer les lycées”. Un “appel” qui “assume une instrumentalisation politique de la jeunesse”, a-t-il écrit sur X.
Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.
Depuis, les élus LFI revendiquent leur soutien au mouvement lycéen. “Tant que les lycéens de Créteil et d’ailleurs ne seront pas respectés, ils me trouveront, et tous les députés insoumis, à leurs côtés”, a prévenu la députée LFI du Val-de-Marne Clémence Guetté. Le maire LFI de Saint-Denis-Pierrefitte, Bally Bagayoko, s’est quant à lui rendu devant un des établissements de la ville en cours de blocage. “L’Etat met moins de moyens dans les quartiers populaires que dans les beaux quartiers”, a insisté l’élu, se défendant de toute “instrumentalisation”.
Dans le sillage d’Edouard Geffray, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a estimé que LFI participait à une “surenchère irresponsable”, pointant les incidents et heurts survenus en marge des blocages. “Rien ne justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers”, a-t-il écrit sur X, ajoutant que “le devoir d’un élu est de protéger les jeunes et d’appeler au calme”.
Selon les ministres de l’Intérieur et de l’Education nationale, Edouard Geffray et Laurent Nuñez, “si l'expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées”. Ainsi, en cas de blocage total, “l'intervention” des forces de l'ordre “devra être engagée après concertation avec le chef d'établissement”.
“Les lycéens en mouvement sont inoffensifs”, s’est indigné le cofondateur de LFI, Jean-Luc Mélenchon. “Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression, cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident”, a-t-il continué. “Votre accusation de racisme est une insulte. Racialiser un débat sur la sécurité des élèves, c’est ajouter de la division là où un responsable politique devrait chercher à ramener le calme”, a immédiatement rétorqué le Premier ministre.
Plus d’une centaine de lycées bloqués mardi partout en France
De nombreux lycées sont bloqués par des manifestants, dans la suite du mouvement des lycéens engagé depuis une semaine en Île-de-France pour protester entre autres contre la surcharge des classes et des emplois du temps ou l'absence de professeurs. Le mouvement s'est étendu à d'autres villes de France et des rassemblements ont parfois dégénéré en actes de vandalisme.
Des actions sont recensées dans plusieurs lycées de Lille, où des poubelles ont été brûlées et des abris-bus cassés, des lycées aussi bloqués à Calais et Arras. Une centaine d’élèves sont mobilisés à Strasbourg, plusieurs lycées sont bloqués en Lorraine. Des lycéens ont installé des poubelles et des caddies devant l’entrée du lycée St Exupéry de Fameck, le lycée Alfred Mézières de Longwy est aussi bloqué. La police a empêché le blocus des lycées de la Briquerie à Thionville, et Henri Nominé à Sarreguemines.
Des centaines de lycéens sont aussi réunis à Grenoble, Bourgoin-Jallieu et Chambéry. En Franche-Comté, ce sont neuf établissements qui sont concernés par des blocages, qui touchent aussi le lycée Grandmont à Tours, le lycée Bellevue au Mans, plusieurs également à Orléans.
Des élèves bloquent également deux lycées de Nîmes. Il s’agit du lycée Alphonse Daudet, où des barrières ont été installées devant l’établissement, avec plusieurs pancartes, dont l’une porte le slogan “Bloquons tout”. L’autre point de blocage concerne le lycée Dhuoda. À Foix, le lycée Gabriel Fauré est bloqué par environ 200 lycéens depuis 7h45 mardi matin, selon le procureur de la République qui précise que les personnes peuvent toujours entrer dans l’établissement. “La situation est calme”, ajoute le parquet. À Avignon, un lycée est également bloqué.
À Argenteuil, la police a empêché les élèves de bloquer le lycée Jean Jaurès. Des tirs de feu d’artifice ont retenti devant l’établissement.
180 lycées ont été bloqués selon le ministre de l’Intérieur et 164 personnes interpellées. Et 20 personnes ont notamment été placées en garde à vue en Seine-Saint-Denis. Le parquet a déjà engagé sept poursuites devant le tribunal pour enfants “pour des faits de participation à un attroupement et violences sur les forces de l’ordre.”
Les incendies ont coûté 11 millions d’euros au département de la Gironde
Après les incendies de cet été, la facture s'élève à 11 millions d'euros pour le conseil départemental de la Gironde, a annoncé son président Jean-Luc Gleyze en séance plénière. Mais le conseil départemental ne pourra pas régler la totalité de la facture. La collectivité en appelle à l'Etat pour recevoir une aide exceptionnelle. 42 000 hectares ont brûlé cet été en Gironde.
Alors que la collectivité n'a pas fini de payer pour les incendies de 2022, le département a été confronté une nouvelle fois à la destruction de routes, de panneaux de signalisation brûlés à remplacer, d'arbres abattus. Quatre collèges sont également restés ouverts pour servir de base logistique, préparer des repas. Le département doit aussi payer les astreintes et les heures supplémentaires des agents ainsi que le financement des structures d'aide à domicile, malgré la suspension de leurs activités.
Entre les tempêtes, les inondations, les canicules précoces et bien sûr l'incendie de Saumos, l'année 2026 va coûter cher au département de Gironde, déjà sous une procédure de contrôle renforcé pour déficit excessif.
Le président de la Gironde Jean-Luc Gleyze et ses homologues des Landes et du Lot-et-Garonne ont donc envoyé un courrier au président de la République pour demander une compensation de l'Etat afin de faire face à ces dépenses exceptionnelles. Ils n'ont pour le moment pas reçu de réponse.





.webp)

