Les élections de mi-mandat américaines ont donné une victoire claire aux Démocrates, qui ont repris le contrôle du Sénat avec un gain net d’environ six sièges et devraient également s’emparer de la Chambre des représentants, mettant ainsi fin à la majorité républicaine dans les deux chambres du Congrès.
Cette bascule, largement interprétée comme un vote sanction massif contre Donald Trump en milieu de second mandat, s’appuie sur des retournements historiques dans des États traditionnellement favorables aux Républicains, notamment le Texas où James Talarico a remporté le siège sénatorial face à Ken Paxton, ainsi que le Kansas, la Caroline du Sud avec Annie Andrews, l’Ohio avec le retour de Sherrod Brown, l’Iowa et la Caroline du Nord grâce à Roy Cooper.
À la Chambre, les gains démocrates, estimés entre une quinzaine et une vingtaine de sièges selon les décomptes encore en cours, placent Hakeem Jeffries en position de devenir Speaker, tandis que plusieurs résultats restent à finaliser, notamment en Alaska, dans le Maine et au Michigan.
Les Américains ont également accordé des victoires démocrates marquantes dans les élections des gouverneurs, comme au Texas où Gina Hinojosa est devenue la première gouverneure « latina » en battant Greg Abbott, ainsi qu’en Géorgie, dans l’Ohio et en Iowa.
Trump a indiqué accepter les résultats tout en affirmant que les Républicains auraient largement gagné s’il avait lui-même figuré sur le bulletin de vote. La guerre en Iran et l’inflation auront été décisifs dans la défaite de son camp, les électeurs ayant sanctionné les hausses des prix de l’énergie liées au conflit, le coût de la vie élevé, ouvrant désormais une période de gouvernement divisé qui freinera l’agenda législatif du président et permettra des enquêtes du Congrès pour les deux dernières années de son mandat.
Les conséquences sur les guerres en cours
Pour Netanyahu, c’est clairement un coup dur. Il est déjà en position fragile après les législatives israéliennes, son bloc a perdu la majorité, il est en mode gouvernement intérimaire, avec un risque de nouvelles élections ou de tractations interminables.
Il comptait sur Trump pour une éventuelle nouvelle phase de frappes contre l’Iran après les midterms américaines. Or Trump sort affaibli de sa défaite au Congrès, et un Congrès démocrate sera nettement plus réticent à soutenir une escalade militaire ou un chèque en blanc à Israël.
Les Démocrates ont déjà montré une distance croissante vis-à-vis de Netanyahu (surtout après Gaza) et pourront exercer un contrôle plus serré sur l’aide militaire et les opérations. Netanyahu perd un allié fort et un calendrier favorable.
Pour la guerre en Ukraine, en revanche, l’impact devrait rester limité. Trump conserve l’essentiel des leviers exécutifs (diplomatie, décisions militaires, usage du veto). Les Démocrates pourront plus facilement mettre à l’ordre du jour des projets d’aide ou de sanctions, organiser des auditions et exercer une pression politique, mais ils n’auront probablement pas les deux tiers nécessaires pour passer outre un veto présidentiel.
Les analyses pré-électorales soulignaient déjà que même avec un Congrès démocrate, le changement serait progressif et modeste plutôt que radical : un peu plus de marges pour Kiev, un peu moins de latitude pour Trump sur les deals avec Moscou, mais pas de renversement complet de la politique américaine.
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