Nouvelle coqueluche des médias, l’intelligence artificielle est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Elle concerne des secteurs aussi variés que vastes : médecine, recherche, musique, audiovisuel, jeux vidéo, automobile… Et, comme souvent face à ce genre de phénomène, elle suscite tant un enthousiasme débridé, qu’un catastrophisme extrême. Mais, parmi toutes ses applications, il est un domaine où les espoirs sont les plus fous, et les craintes les plus effroyables : l’armée. Cette question de la militarisation de l’IA a été récemment mise sur le devant de la scène par le conflit qui a opposé l’entreprise d’intelligence artificielle Anthropic (Claude) à l’administration Trump.

L’irruption de l’IA dans la guerre suscite en effet des espoirs mirobolants tout en faisant craindre de terribles désastres. Certains fantasment la fin des guerres meurtrières, grâce au remplacement des soldats par des machines qui se sacrifieraient à la place des hommes sur les champs de bataille. D’autres redoutent au contraire que l’avènement de ces armées robotisées ne mène droit à la destruction de l’humanité. Soldat-machine sauvant des vies ou une IA incontrôlée qui nous anéantira ? D’un côté comme de l’autre, ces scénarios semblent exagérés. Mais le dilemme n’en est pas moins réel : l’intelligence artificielle pourrait très bien, dans une moindre mesure, apporter des améliorations notables aux équipements militaires ou faire peser des risques imprévus, et importants, sur nos soldats et sur les populations civiles concernées. Il s’agit là, précisément, d’une des questions fondamentales qui a opposé l’administration Trump à Anthropic : sans surprise, le Département de la Défense américain, appelé aussi Département de la Guerre par l’administration Trump[1], souhaite presser le recours à l’intelligence artificielle sur les champs de bataille, notamment via des systèmes d’armes létales autonomes ; ce à quoi Anthropic s’est refusé, s’attirant ainsi les foudres du Pentagone.

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